Connaître la Chine

Connaître la Chine

Votre site d’information concernant la Chine, sa culture, son histoire et son présent. Vous pouvez accéder à une autre vision de la Chine loin des approximations et des raccourcis faciles d’autres médias.

La Chine: c’est 17 fois la France en surface terrestre. Si l’extrême ouest de la Chine se situait à l’Ouest de l’Irlande, la ville de Moscou serait en plein de milieu de la Chine, l’extrême nord du pays serait au nord la Finlande, tandis que le sud est à la frontière Syrienne avec la Turquie. Et la ville de pékin est encore plus grande que l’île de France.

La Chine: c’est la population Européenne (740 Millions), plus deux fois celle des états-unis(320 Millions X 2).

La somme du nombre d’habitants des villes de Pékin (21 Millions) , sa capitale, de ShangHai ( 27 Millions ) et de ZhongQing (31 Millions ) dépasse déjà le nombre d’habitants en France, et approche celui de l’Allemagne.

En 2019, durant la période de la fête de printemps allant du 21 Janvier au 3 Février, les réseaux de transport chinois ont enregistré 3 Milliard de voyageurs, dont plus de 400 Millions sur les réseaux ferroviaires. En comparaison, la SNCF a enregistré 5.4 Milliard de voyageurs durant l’année 2019.

La ville de Paris opta pour l’éclairage électrique des ses ponts en 1878, alors que l’immense majorité des chinois ne connaissaient pas l’existence de l’ampoule en 1937.

ShanXI en 1935
ShanXi en 1935
NewYork en 1935

En hiver, si le vent n’est pas trop frais, les cantonnais aiment siroter un thé dans la rue à 14C°, tandis qu’à la frontière nord, on grelote sous -40C°. Si vous habitez à ShangHai, et que vous avez de la famille au Tibet, ne les appelez pas à 8 heure du matin, car il n’y est que 5 heure du matin, et qu’ils sont probablement encore en train de dormir.

La Chine, c’est un immense pays aride et verdoyant à la fois. C’est ce qu’on appelle un pays continent. La comprendre, c’est difficile. Commençons par la connaître, c’est déjà beaucoup.

JO d’hiver 2022: les jeux sont faits !

L’année 2022 commence bien. Les préludes sont assez spectaculaires.

Début janvier, des troubles d’une rare violences se sont éclatés au Kazakhstan. L’étincelle qui a allumé le feu est une augmentation du prix de l’énergie en plein hiver. On ne peut pas dire que le gouvernement kazakh a été très adroit. Il a en effet choisi le pire moment pour doubler le prix du gaz.

Rapidement revenu son ambition, le gouvernement n’a cependant pas réussi à calmer les colères. Des casseurs sortis de nulle part, armés, ont commencé à tout brûler. C’est quand même particulièrement bizarre de voir une simple demande de baisse prix énergétique se dégénère en bataille rangée, avec des balles réelles. C’est d’autant plus étrange quand on sait que le gouvernement a rapidement cédé et que le Kazakhstan est en fait, le pays le plus riche de a région. Les kazakhs sont vraiment très loin de la famine. Pourquoi une telle violence meurtrière alors que la demande a été très vite satisfaite?

L’itinéraire du chemin de fer reliant la Chine à l’Europe en passant par XinJiang ( Région Ouïghour) et le Kazakhstan

A mi-janvier, alors la Russie n’a pas encore complètement retiré ses troupes du Kazakhstan, venues pacifier le pays sur demande du président Tokaïev, il se produit une chose tout à fait inédite dans le monde: la visite des ministres des affaires étrangères des pays du golf: de l’Arabie Saoudite, du Koweït, de Bahreïn et d’Oman en Chine.

Officiellement, il s’agit de la montée brutale du prix du pétrole qui pose problème à la Chine, grande consommatrice de l’or noir. Mais on ose imaginer qu’en 4 jours de visite, les sujets de discussions sont plus larges que le “simple” prix du baril.

De quoi ont-ils bien pu se parler tous les 5?

Dans un précédent article, j’ai essayé de découvrir des zones en périphérie de l’influence du pétro-dollar:

J’ai émis une vision de l’affaiblissement des pays du golf et de l’OPEP et de l’OPEP+ à cause de la production du gaz de schiste américain. J’ai également exprimé un avis sur la perte de l’intérêt américain au moyen orient au profit de l’extrême orient: le pivot pacifique opéré par Hillary Clinton sous Obama.

La visite des pays de l’OPEP juste après les troubles sanglants d’un autre grand pays producteur de pétrole et de gaz ( Le Kazakhstan ) est lourde de signification.

Ils le savent bien: s’ils ne représentent qu’un intérêt faible pour la première puissance militaire au monde, ils seront “sacrifiés” pour un intérêt supérieur si cette même puissance estime que c’est nécessaire.

Pour les funs de starswars, vous devez connaître cette réplique par cœur ( comme tout bon fun de starswars qui se respecte):

Si tu n’es pas avec moi, alors tu es contre moi…

C’est le dilemme qu’Anakin Skywalker a posé à son ancien maître, Obi-1. C’est à peu près ce genre de dilemme qui a été posé aux émiratis par les américains.

https://asia.nikkei.com/Politics/International-relations/UAE-tells-U.S.-it-will-suspend-F-35-talks-following-Huawei-unease

En effet, les US ont conditionné l’achat des F-35 furtifs par l’abandon des équipements télécom Huawei par le royaume.

Mais connaissez-vous la réponse d’Obi-1 ?

Seuls les Siths sont aussi absolus…… Je ferai ce que je dois faire.

C’est à peu près la réponse des émiratis aux états-unis:

https://www.capital.fr/economie-politique/f-35-les-emirats-arabes-unis-prets-a-annuler-un-contrat-a-23-milliards-avec-les-etats-unis-1422921

Le contrat des F35 semble être compromis.

Voilà, le genre de photo que les US ne souhaitent pas voir, la veille des JO d’hiver de Pékin:

https://baijiahao.baidu.com/s?id=1722091307927038314&wfr=spider&for=pc
In this photo released by Xinhua News Agency, Chinese Foreign Minister Wang Yi at right bumps elbows with Saudi Foreign Minister Faisal bin Farhan Al Saud in Wuxi, east China’s Jiangsu Province, Jan. 10, 2022. Foreign ministers from Saudi Arabia and other Middle Eastern states are visiting China this week for meetings with officials from the world’s second largest economy, a leading consumer of oil and source of foreign investment. (Ji Chunpeng/Xinhua via AP)

Obi-1 est allé puiser sa force ailleurs…

Il y a un autre facteur important qui pousse les pays du golfe à remonter la route de la soie dans l’autre sens: la fin de l’ère pétrolière.

Il y a des milliers d’années, les peuples du grand ouest ( par rapport à l’Empire chinois ) ont été attirés par les possibilités de commerce avec une puissance montante à l’extrême orient. Ils ont du remonter la route de la soie pour arriver aux portes de l’Empire chinois. Les marchands arabes et perses ont découvert un monde aux richesses et possibilités inconnues jusqu’alors.

La même scène se rejoue sous nos yeux, avec 1 année de voyage en moins.

Les pays de l’OPEP vont devoir trouver de nouvelles débouchées pour assurer l’avenir de leur royaume quand la fin de l’ère pétrolière arrivera. Le commerce avec les chinois leur ont réussi pendant des siècles, c’est une voie sure que leurs ancêtres ont explorée, qu’ils redécouvrent aujourd’hui.

En parlant de perse:

https://portail-ie.fr/short/3040/la-chine-et-liran-mettent-en-uvre-leur-accord-strategique

Le mois de janvier 2022 marque, entre autre, le démarrage officiel du gigantesque accord stratégique sino-iranien sur 25 ans. Il est tout à fait primordial que Wang Yi et Hossein Amir-Abdollahian, les ministres des Affaires étrangères chinois et iraniens marquent l’événement.

Mais j’ai réservé le meilleur pour la fin:

http://french.news.cn/2022-01/13/c_1310421927.htm

Le 13 janvier, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu a rencontré son homologue chinois WangYi. Personnellement, je ne crois pas que les 2 hommes aient passé la journée à parler de la situation des Ouïghours turcophones à XinJiang …

Si nous faisons le bilan des événements depuis le 6 janvier jusqu’au 21. La pacification du Kazakhstan pourrait être vue comme l’un des événements déclencheurs du ballet des ministres dans l’empire du milieu, mais ce serait une vision très simpliste, néanmoins non sans fondement…

Mais ce que nous constatons, c’est qu’il y a une convergence d’intérêt du monde musulman vers la Chine. Les 6 pays qui se sont faits la guerre depuis la chute de l’empire ottoman jusqu’à hier sont allés voir le bâtisseur des routes de la soie, ensemble, au même moment. C’est tout à fait inédit.

Sunnites, chiites et turcs ont su mettre leur différent de coté, juste le temps de voir comment mieux préparer un avenir meilleur. L’abandon très probable du contrat d’armement F35 au profit des équipements HuaWei démontre clairement que la préoccupation n’est plus désormais de s’acheter de quoi s’entre-tuer, mais pour préparer le pays pour affronter de nouveaux défis.

L’ordre mondial établi depuis 80 ans est remis en question. Une alternative qui avait déjà fait ses preuves dans le temps semble se présenter à de nombreux pays. Quel sera leur choix?

Loring Miner: le lanceur d’alerte sanitaire… ignoré

Entre 40 à 100Millions de personnes sont mortes de la grippe 1918-1919 à travers le monde.

Cette grippe dont on jette volontiers la paternité sur les espagnoles durant 100 ans, n’avait rien d’espagnole.

Mais puisque la presse espagnole, alors plus libre, avait la liberté d’en parler grâce à la neutralité du pays durant la grande guerre, alors il était aisé de leur jeter la responsabilité.

Pendant un siècle, on a cherché la source de la pandémie. La première personne qui a identifié cette maladie très particulière est le Dr. Loring Miner du compté de Haskell de l’état de Kansas aux états unis.

Qu’est-ce qui s’était passé ?

D’abord mettons nous dans le contexte historique.

La guerre

Nous sommes au lendemain de l’entrée en guerre des USA au coté de l’entente contre l’Allemagne. La guerre entre dans un phase charnière après le retrait de la Russie.

Tout le monde espérait la fin rapide de cette sale guerre qui n’avait que trop duré. Les états-unis ont du mobiliser 33% de sa population totale pour contribuer à l’effort de guerre. A ce pourcentage, autant dire que c’est le pays tout entier qui s’est converti à une gigantesque usine de guerre à ciel ouvert.

En 1917, les USA n’avaient que des soldats inexpérimentés, mal entraînés et mal équipés. Ils n’allaient sûrement pas se jeter devant les mitrailleuses allemandes comme ça.

De gigantesques camps d’entraînement militaires ont poussé comme des champignons dans tout le pays.

Les appelés de Haskell étaient dans le camp de Funston. Et c’est précisément le camp de Funston qui a été identifié comme l’épicentre de la terrible pandémie de 1918-1920. Voilà son histoire

La maladie et l’alerte

Fin janvier 1918, le Dr Loring Miner, médecin de campagne du comté de Haskell, près de Dodge City, Kansas, est appelé auprès d’un patient qui présente de graves signes respiratoires : forte fièvre, courbatures, toux sèche, violents maux de tête, gêne respiratoire. Bref, une bonne grippe, qui était identique à ce qu’il avait déjà identifiée printemps 1917.

Dr. Loring Miner source : http://www.animasmuseum.org/online_exhibits/1918flu/1918flu1.html

Dans les semaines suivantes, il dénombre 18 patients présentant des signes inquiétants par leur acuité. Il y a trois morts. Les patients viennent souvent de fermes isolées de la région qui vit de l’élevage de porcs et de volailles. Les analyses génétiques réalisées des décennies plus tard révèlent qu’il s’agit d’une combinaison de génomes avec la grippe aviaire.

Dr. Miner a immédiatement alerté Rupert Blue, au service de santé publique des états-unis sur ce nouveau type de grippe très virulente et meurtrière. Mais l’alerte du docteur de campagne a simplement été ignorée.

Rupert Blue

Très rapidement, ce sont des milliers de soldats du camp de Funston qui tombent malade. De véritables camps médicaux ont du être construits à la hâte à l’intérieur du camp militaire.

Camp médical au camp de Funston 1918: https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/histoire-confinemet-1918-touraine-au-rythme-grippe-espagnole-pire-epidemie-histoire-1819656.html

Rapidement, l’épidémie se répand aux camps de Forrest et de Greenleaf, puis à Fort Oglethorpe (Géorgie), frappant près de 10 % des soldats. Beaucoup de jeunes pensaient se rendre utiles à la nation, sont morts sur le sol national avant d’avoir mis un pied en Europe.

Puis les grandes villes du pays sont frappées à leur tour par cette mystérieuse grippe très contagieuse.

En Europe aussi, la maladie se répand avec l’arrivée des soldats étasuniens dans les tranchées. Le continent est touché à son tour. Mais comme l’a fait remarqué cet article:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/histoire-confinemet-1918-touraine-au-rythme-grippe-espagnole-pire-epidemie-histoire-1819656.html

l’origine de l’information finit par se confondre avec l’origine du mal

Le premier qui en parle est forcément fautif, et ce sera l’Espagne.

Durant à peu près 1 an, la maladie a fait le tour du monde en amenant avec elle entre 40 à 100 Millions de personnes sur tous les continents.

Elle est toujours là… avec nous, chaque année.

https://www.kansas.com/news/local/article200880539.html

Le site de officiel de l’état de Kansas a bien expliqué les choses.

Cette grippe, a réussi à s’enrichir d’autres génomes tout au long du 20iem siècle et revient chaque année. On l’appelle ” la grippe saisonnière”. Nous pouvons en avoir une explication plus technique ici:

www.pandemies-et-amerique.com

Et si l’alerte avait était prise en compte?

Maintenant, revenons à notre lanceur d’alerte, le docteur Loring Miner.

En effet, on pourrait conclure que si l’alerte était prise en compte par le service de santé publique des états-unis, c’est près de 80 Millions de vies qui auraient pu être sauvées à travers le monde.

Mais, cela retardera voire annulera l’arrivée de l’armée américaine en Europe. étant donné l’état des pays européens, à bout de souffle, vidés et lassés par la guerre d’usure dans laquelle ils se sont enlisés, pouvait-on tolérer cela?

Avec l’arrivée des troupes du front de l’Est en France, l’Allemagne s’est considérablement renforcée. La France et la grande Bretagne pouvaient-elles résister en attendant que les états-unis en finissent avec l’épidémie sur son sol? Et si la guerre se soldait par une victoire allemande?

Je pense que la vraie question à se poser et la suivante:

Qui sommes nous pour juger les autres, ceux qui ont pris la décision au pied levé dans le passé? En aurions-nous été capables de mieux? Serons-nous capables de mieux?

Revenons à notre époque. Si l’épidémie s’était déclarée en Inde, le 2ièm pays actuellement le plus peuplé au monde, quelle aurait-été la situation en janvier 2022 ?

Je pense que, dans le pareilles situations, ce sont la modestie et l’intelligence qui doivent s’imposer face aux jugements et critiques.

Rupert Blue avait l’histoire du monde des 100 prochaines années (voire plus) entre les mains sans le savoir. Il valait peut-être mieux il ne le sache pas.

Chine – URSS – Ouïghours: le FarWest, c’était toute une aventure

Depuis la naissance du premier empire Chinois: Qin, en -221, le premier Empereur de Chine a déjà compris le principal point de faiblesse de son vaste territoire: le territoire à la frontière de l’Asie centrale – le farwest chinois.

Il y dépêcha un contingent militaire pour garder un œil sur les tribus nomades qui y vivaient et devenait puissantes. En l’an 60 avant l’ère commune, sous la dynastie des Han de l’Ouest, ce vaste territoire de 2 Millions de kilomètre carrés, soit plus d’un tiers du territoire terrestre de la France actuelle, passe sous contrôle de l’Empire chinois. Il était contrôlé par une administration dédiée nommée: 西域都护府 ( L’administration de défense de la capitale des régions de l’Ouest ).

Un bon paquet de siècles et de guerres perdues plus tard, la République Populaire de Chine est proclamée. La première tâche ardue à laquelle, la jeune ( pauvre, faible et fragile ) république s’est attelée, est celle de stabiliser ses très longues frontières. Tout se passait relativement bien, sauf pour cette région, à la porte de l’Asie centrale.

Les négociations devait avoir lieu avec Moscou, les maîtres de la région depuis 200 ans. Mais sur fond de crise sino-soviétique dans les années 60, aucun des deux pays socialistes ne veut céder un pouce. Et pour ne rien arranger, cette région aux reliefs géographiques et histoires complexes est très compliquée à “découper”.

Les revendications chinoises sont principalement basées sur le fait qu’elle ait été obligée de signer des traités inégaux suite aux défaites militaires de l’Empire Mandchou face aux puissances coloniales au 19iem siècle. En ce qui concerne le grand Ouest, les traités d’Aigun (1858), de Pékin (1860) et d’Ili (1881) ont été cités et dénoncés par la partie Chinoise comme inégaux. Mais Pékin ne les a pas déclarés nuls et non-avenus. Cela aurait été trop risqué.

Cela dit, la somme des surfaces des territoires que la Chine considère comme “volés” vers la fin de l’Empire des Mandchous par la Russie Tsariste arrive à 1 500 000 km2, soit pratiquement 3 fois la surface de la France.

Des négociations ont eu lieu tout au long des années 60 malgré des incidents frontalier sino-soviétiques ayant causé des pertes humaines des deux cotés.

Elles ont été interrompues d’abord par la destitution de Khrouchtchev le 15 Octobre 1964, puis la révolution culturelle coté chinois a définitivement mis à l’arrêt toute négociation à ce sujet.

C’est seulement en 1988 que les deux pays arrivent enfin à avancer de manière concrète à ce sujet. Un groupe de cartographes comprenant des spécialistes des deux pays a fait des relevées afin de faciliter les négociations.

Au printemps 1989, lors de la visite historique de Gorbachev à Pékin, en plein mouvement des étudiants en Chine, Deng XiaoPing et Gorbachev sont tombés d’accord pour finir ce que les deux pays avaient commencé 30 ans plutôt.

Un certain nombre d’accords ont été signés jusqu’à ce que la Chine tombe sur un nouvel obstacle de taille: l’éclatement de l’URSS.

L’avantage de l’URSS est qu’il n’y en avait qu’un pays avec qui parler. Et il était aisé de parvenir à un compromis si la Chine cède sur les contentieux territoriaux vers le fleuve amour à l’Est, elle aurait pu avancer sur l’Asie centrale avec plus de facilité. Mais avec la disparition de l’URSS, les chinois devront négocier avec le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan sans oublier la Fédération de la Russie. Aucune des nouvelles républiques de l’Asie centrale ne voudra céder du territoire aux Chinois. Et la Chine perd toute marge de manœuvre pour des compromis à l’Est. La partie se complique.

La Chine va devoir faire des sacrifices mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire.

En effet, les négociations avec les kazakhs ont rapidement abouti… à l’absence quasi-totale de revendication chinoise ! Mais pourquoi?

En effet, le président kazakh avait fait des promesses à la Chine concernant les mouvements ouïghours à partir de 1992, plus précisément en 1993 et une nouvelle fois en avril 1994 et qu’en outre, dès 1993, le Kazakhstan offre des garanties à Pékin concernant sa sécurité en général en promettant de ne participer à aucune alliance politique ou militaire tournée contre la Chine et en s’engageant à ne pas autoriser que son territoire serve de base à d’éventuelles activités menées par une puissance tierce contre la sécurité ou la souveraineté de la Chine.

Quant au Tadjikistan, l’accord est signé Le 17 mai 2002. Pékin renonce à 95% des zones initialement revendiquées 40 ans auparavant ! Des renoncements similaires ont été observés avec le Tadjikistan.

En effet, le Tadjikistan est voisin de l’Afghanistan. Et la situation y est bouleversée notamment après le 11 septembre 2001

REUTERS/Courtesy of NBC Reuter original / HO ( NEW YORK / United States of America )

L’arrivée de l’OTAN dans la zone a du mettre la pression sur pékin pour qu’il évite à tout prix, toute source de contentieux avec les autres voisins de l’Asie centrale, afin que celle-ci ( source de contentieux ) ne soit pas instrumentalisée par une puissance étrangère.

Avec cette série d’accords signés début 2000, beaucoup de chinois reprochent au président chinois Jiang ZeMin d’avoir “cédé” d’immenses territoires par peur. Je pense que ces reproches n’ont pas lieu d’être: Les raisons d’état n’ont parfois pas besoin d’explications.

Le Laos: au cœur de RCEP

En 1995, le premier ministre malais Mahathir bin Mohamad a lancé l’idée de la zone économique du sud-est asiatique, gravitant au tour d’une ligne de chemin de fer. Elle devait partir de la ville chinoise KunMing, pour arriver à sa destination finale au Singapour, en sillonnant les pays comme le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, le Myanmar, le Cambodge, et bien sur, la Malaisie. Elle a été nommée Trans-Asian Railway, TAR

C’est le cœur de l’actuel projet RCEP, le point de départ du gigantesque projet de la nouvelle route de la soie, si cher à XiJinPing.

Comme quoi, les chinois n’ont pas cherché à réinventé la poudre.

C’est une idée de génie mais le projet a pris beaucoup de retard et a subi beaucoup de tempêtes géostratégiques et politiques. A l’heure où le projet RCEP est programmé pour une entrée en vigueur le 1er Janvier 2022, la ligne KunMing – Vientiane sera officiellement inaugurée au Laos le 2 Décembre 2021, le jour de la fête nationale.

L’économie du pays en sera transformée. Près de 9% de GDP laotien a été investi dans cette ligne, cela représente énormément pour les laotiens. Mais l’immense majorité de l’investissement a été assumé par la Chine qui en a les moyens.

Les 1022Km qui séparent KunMing de Vientiane seront parcourus en moins de 10 heures. Il est plus que certain que de riches touristes chinois vont débouler au Laos dès 2022. Espérons que le Laos saura préserver son environnement et maîtriser l’inflation notamment dans l’immobilier.

Mais les changements ne vont pas s’arrêter là. Cette ligne mettra une main d’œuvre peu chère aux usines chinoises qui pourraient y délocaliser une partie de leur production de pièces détachées. L’assemblage final restera sans doute en Chine continentale. Ainsi, la Chine préserve son avantage sur le coût de production sans perdre la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Le Laos est assez proche de la Chine.

Ce qui n’est pas le cas des autres pays traversés par la TAR. Le Vietnam se méfie de son grand voisin du nord et tente de tirer profit de la guerre froide sino-américaine.

La Thaïlande essaie de jouer au jeu d’équilibriste entre les 2 grandes puissances mondiales, tandis que le Myanmar s’engage sur le chemin de l’instabilité.

Le seul autre partenaire fiable pour la Chine est le Cambodge. Et ce dernier a un avantage majeur que son voisin laotien n’a pas: un accès à la mer. Ceci ne peut échapper aux stratèges chinois. Si la TAR change d’itinéraire pour aboutir à un port Cambodgien, cela permet non seulement de désenclaver le Laos, mais aussi la ville KunMing dont le développement est justement limité par sa situation géographique qui est loin de la mer.

Cela ne remet pas en question les intérêts malais et singapouriens, car la pointe sud du Cambodge n’est qu’à quelques jets de pierre de ces pays par la voie maritime.

Tout se repose sur le succès laotien. Tout le sud-est asiatique a les yeux braqués sur le Laos, ce petit pays enclavé et si paisible. Il sera au cœur du point de départ d’un grand jeu sur l’échiquier mondial en 2022.

Bonne chance à nos amis laotiens, espérons qu’ils prennent le bon train.

Le diable est dans le détail: Biden est à court de cravates? Les avions US ne savent plus atterrir?

Il ne se passe pas un mois où les situations géostratégiques changent brusquement. Mais pour moi, dans ce monde hyper-connecté, il n’y guère de place aux “coups de théâtres”, hélas.

Le monde entier a braqué son regard sur le sommet virtuel sino-américain. Les médias préfèrent parler de dialogues virtuels d’où, aucune des parties n’a tiré un quelconque avantage ou résultat concret. Il est certain que les 2 leaders n’allaient pas s’embrasser à travers les écrans. Mais une fois de plus, les médias mainstream ont braqué leur caméra au mauvais endroit.

Ce qui m’a piqué les yeux sur cette photo, est le rouge vif de la cravate de Biden. Xi JinPing, n’a pas vraiment de code couleur qui saute aux yeux, mais le choix de la cravate de Biden est assez surprenant, d’autant plus que, quelques heures avant l’entretien avec le leader chinois, Biden portait une cravate différente.

President Joe Biden signs the “Infrastructure Investment and Jobs Act” during an event on the South Lawn of the White House, Monday, Nov. 15, 2021, in Washington. (AP Photo/Evan Vucci)

Et oui, Biden n’est pas allé voir son homologue chinois les mains vides. Dans l’après-midi du 15 Novembre 2021, il a singé un accord d’investissement dans l’infrastructure d’un montant de 550 Milliards de dollars. Et à ce moment là, sa cravate portait les couleurs du drapeau américain ( rouge et bleu ).

Le changement de cravate juste avant l’entretien avec Xi dans la soirée était donc parfaitement voulu et réfléchi. La programmation de la signature de l’énorme plan de relance dans l’infrastructure n’était pas le fruit du hasard non plus, quand on sait que la championne du monde en investissement et génie dans le domaine de l’infrastructure est, justement, la Chine …

Certains remarquent que les 2 parties restent crispées sur la question de Taiwan, comme le rappelle cet article:

https://information.tv5monde.com/info/biden-et-xi-se-parlent-longuement-mais-restent-couteaux-tires-sur-taiwan-432525

Tv5monde est habitué aux articles à charge contre Pékin, mais ils ont raison de souligner l’inébranlable détermination chinoise à affirmer sa souveraineté sur l’île rebelle. Mais seulement voilà, quels sont les moyens dont dispose Xi pour affirmer sa “détermination” ?

Une maquette de porte-avion américain dans le désert?

Une maquette des avions de reconnaissance l’armée de l’air américaine en Mongolie intérieure?

Je ne sais pas. Je possède pas de renseignements précis sur les réelles capacités opérationnelles chinoises.

Mais, lorsqu’on compile les données dans le temps, on entrevoit un fond de vérité qui explique beaucoup de choses.

Le 6 juin, une délégation non officielle de sénateurs américains arrive à Taïwan… dans un énorme C17: un transport militaire. Boeing n’a plus d’avions ?

https://www.la-croix.com/Monde/delegation-americaine-non-officielle-arrivee-Taiwan-bord-dun-avion-militaire-2021-06-07-1201159914

Le 15 juillet, c’est au tour d’un C-146A, en provenance d’Okinawa cette fois, d’atterrir à Taiwan, pour une escale de 10 minutes. Contrairement à C17, le C146A est un petit avion destiné à transporter des équipes réduites. Il a donc un décollage très court et prend moins de temps à préparer.

et enfin pour finir avec les manœuvres, un c130 est passé à la pompe début octobre à l’aéroport de Taipei Songshan en provenance des Philippines.

3 types d’avions différents, en provenance de 3 endroits différents pour, soit transporter 4 personnes, soit faire escale de 10 minutes, soit faire le plein.

En dehors des prises de paramètres de vol au-dessus de l’île, je n’en vois pas d’autres raisons valables.

Mais pourquoi des avions de transport vides?

Pour évacuation. Ce qui signifie que les état-unis prennent les militaires chinois très au sérieux.

Qu’en pensez vous?

Afghanistan – MengWanZhou – sous marins – votre prochain smartphone Huawei et le Laos …

Nous vivons une époque où la situation géostratégique, économique, politique sont chamboulées chaque mois, il est très difficile de suivre les nouvelles tant l’enchaînement des événement est rapide. Les connexions entre les événements sont complexes, et une lecture globale de cette nouvelle guerre froide qui se déroule devant nous, sans qu’on lui un nom, est très une tâche très ardue.

Commençons par la retraite des troupes au sol de l’OTAN de l’Afghanistan. J’avais exprimé un avis à contre courant de la plupart des analyses de l’époque.

Tandis que la plupart des analystes parlent d’un échec stratégique de l’OTAN dans la zone de l’Asie centrale. J’y voyais un pivot indo-pacifique majeur, sans pour autant laisser la main libre au bloc sino-russe dans la zone.

En ce sens, Daech, et surtout sa branche afghane Daech-K, très active, agit dans l’intérêt de l’OTAN. Si la situation afghane sombre dans chaos provoqué par le conflit entre talibans et Daech-K, ponctués d’attendats meurtriers, OTAN pourra alors se concentrer sur sa toute nouvelle alliance AUKUS.

Qu’est ce que AUKUS?

Un piège dans lequel, l’Australie a sauté pieds joints.

Le rôle majeur des sous marins nucléaire d’attaque ( SNA ) est la dissuasion nucléaire. Il est toujours rassurant de s’endormir le soir sachant que nos SNA “patrouillent” quelque part chez l’ennemi, pendant d’autres rôdent peut-être près de nos côtes.

En principe, les pays qui en possèdent, comme les état-unis, La France, le Royaume-Uni ou la Russie, ont déjà joué, et jouent encore des rôles importants sur la scène internationale depuis plusieurs siècles. Le SNA n’est pas un jouet à mettre entre les mains de n’importe qui.

L’Australie va en avoir, des jouets de ce genre. Et c’est un problème pour les australiens. En effet, un pays ayant la capacité de dissuasion est placé, de facto, sous la dissuasion de ses “pairs”.

Autrement dit, l’Australie ne sera pas épargnée par une frappe nucléaire si un conflit de ce genre se déclenche, car considérée comme une menace réelle et avérée. Scott Morrison a t-il réfléchi à tout ça, ou c’est juste Biden qui a oublié de le lui expliquer?

En tout cas, la France a bien perdu 56.5 Milliard.

Mais …

quelques jours après, nous voyons ceci:

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/virus-proches-du-sars-cov-2-capables-infecter-cellules-humaines-decouverts-chauves-souris-au-nord-du

Cartes des différentes espèces de chauve-souris au monde

expliqué ici

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-coronavirus-quasi-identique-sars-cov-2-decouvert-laos-84384/

Les trouvailles des chercheurs français dans les grottes laotiennes qui contre-disent sérieusement la thèse de l’accident de laboratoire, et va même suggérer l’origine du covid19 hors des frontières chinoises…

puis, une semaine plus tard, il se passe ceci:

https://www.bbc.com/news/world-asia-58729701

la dynastie Kim serait en possession de missiles hypersoniques… L’Asie devient dangereuse entre les SNA au sud et les missiles hypersoniques au nord. Chacun arme son chien de garde.

Mais entre temps, MengWanZhou a été libérée. Après que son avion a soigneusement évité les zones aériennes sous contrôle américain, son retour sur son sol natal s’est fait en grande pompe: tapis rouge, robe rouge et discours millimétré.

Mais elle sait sans doute que sa libération n’est pas due aux prétendus efforts diplomatiques, mais aux efforts chinois qui ont su rendre sa détention caduc et inutile: Huawei n’est ( toujours ) pas mort. Tout comme l’essor économique de la région de XinJiang ( voisine de l’Afghanistan ) et la signature de partenariat stratégique avec l’Iran ( l’autre voisin de l’Afghanistan ), la Chine a rendu la présence de l’OTAN à se porte stratégiquement inutile.

Et à propos de Huawei, s’il n’a pas mis la clé sous la porte, que fait-il en ce moment à part chercher un moyen de graver des CPU aux finesses inférieures à 14n?

https://newsroom.eclipse.org/news/announcements/eclipse-foundation-and-openatom-foundation-forge-strategic-initiative-focused

Ceci est une très mauvaise nouvelle pour ceux qui cherchent à l’étouffer.

Eclipse est une vieille connaissance des codeurs du monde entier. Il est un acteur majeur dans le monde de la programmation en fournissant des interfaces de travail ( IDE ) aux programmeurs. Mais il va plus loin. Eclipse fondation regroupe également plus de 400 projets opensource touchant des domaines allant de l’intelligence artificielle au design de micro-processeur ouvert. Un acteur majeur de l’informatique qu’on ne peut se permettre d’ignorer.

Mais qu’est ce que OpenAtom Foundation?

Fondé en juin 2020 à Pékin, cette fondation promeut les logiciels libres et ouverts dans le domaine publique. Elle compte des majors du numérique chinois tels que Alibaba, Baidu, Huawei, Inspur, Qihoo, Tencent et un argentier, le China Merchants Bank. Bref, elle a tout pour plaire ( ou déplaire selon le point de vue ).

L’alliance de ces 2 fondations a pour but de développer le système OpenHarmony de Huawei présent sur github. Pas sur que google l’apprécie spécialement. Concurrencer Android de google est un défi énorme où certains se sont déjà cassés les dents. Huawei a une chance de survivre, après tout, il n’a plus rien à perdre.

Un rapport sur l’influence chinoise….pour quoi faire ?

wang zhao AFP

Voilà, qu’on apprend par le rapport d’un certain Paul Charon, obscur chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire ( ! )  au CV long comme le bras, que la Chine essaient d’influencer, de promouvoir sa culture, préserver ses intérêt stratégiques, et essaie par tous les moyens de limiter l’influence occidentale, américaine en Afrique  .….Bon. On en reste sans voix. Alors, donc, ce pays, essaierai d’agir dans son propre intérêt ! Essaierai de vanter son modèle économique et social. La Chine avancerait ses pions en Europe et en Afrique par la diplomatie, l’économie, et la désinformation. Et les Etats Unis, et nous, européens, serions manipulés.

Incroyable !!! Sur Sinoscope, on a essayé de se pencher sur ce pensum peu digeste, mais à la vue de la longueur de ce texte, il faudra du temps. Mais déjà ,on peut en déduire plusieurs faits :

Au-delà, de l’aspect comique, du ridicule basique de ces informations sensationnalistes, de cette accumulation de faits sans liens les uns avec les autres ; la manipulation est grossière. Elle tend à montrer la Chine, et son organe dirigeant le PCC, comme une entité faisant de la désinformation comme peut le faire la Russie de Poutine. Ou même comme le pratique, tiens, au hasard, les Etats Unis d’Amérique. Phénomène intéressant : Le terme « Russification » est employé à plusieurs reprises dans ce rapport. Comme si, tout ce qui a lien au mensonge, à la falsification, à la propagande était de nature Russe. On reste pantois de tel simplifications.

Donc, sur Internet, on apprend que les wumao seraient légions, et des instituts Français comme l’Iris, des hommes politiques comme Jean Pierre Raffarin seraient manipulés, au mieux, au pire corrompus par la Chine. Pour eux, il ne peut être question d’autre chose.

Bien sûr, nous jouons les surpris, mais ne ce rapport tentaculaire, (600 pages ! ) se distingue finalement aussi par son insignifiance. Que de travail, que de compilation de données pour finalement dire quoi ? Que la Chine, essaie de communiquer, d’influencer, à son échelle.  Finalement au mieux il n’ouvre que des portes ouvertes, et au pire il instille la défiance, la méfiance, le manichéisme, voire le racisme (tout ce qui est chinois, qui défend la Chine est suspect).

Chers amis chinois, chinoises, français d’origine chinoise, tout, désormais en occident, plus exactement  en Europe de l’ouest et aux Etats unis, plus précisément, est contre vous. Simple étudiant, vous pouvez être considéré comme agent dormant, simple touriste vous pouvez être considéré comme un futur infiltré. Tout est prétexte à vous dénoncer, vous montrer du doigt.

Alors que dans le même temps les Etats Unis font de la propagande jour et nuit, depuis des décennies sur tous les terrains d’expression : Hollywood, et ses films, Internet et ses réseaux, Netflix et ses séries bien évidemment, l’amérique et sa way of life….La culture américaine est omniprésente en Europe, mais pour les auteurs de ce rapport il faut plus s’inquiéter des instituts Confucius, qui enseignent le chinois a quelques centaines voire milliers de jeunes français que de se préoccuper des revirements de dernière minutes des Australiens et américains (nos alliés) pour finalement refuser d’acheter nos sous-marins. Pas davantage il ne faut s’inquiéter à propos de l’espionnage massif des services de renseignements américains sur les états français et allemand.

On reste sans voix quand l’auteur nous dit au fil des longues (trop longues) pages que pêle mèle : Confucius, la culture chinoise, la médecine traditionnelle chinoise sont de terribles vecteurs de propagande du PCC. Même la gastronomie, sans doute le sera bientôt.

Comme nous l’avons dit dans plusieurs articles sur Sinoscope, tout cela fait partie d’une entreprise de déstabilisation de la Chine, pour insidieusement, montrer que le PCC, mais plus odieusement les chinois sont manipulateurs, et que, finalement aimer la Chine, la promouvoir sur Facebook, dans des livres, ou dans des articles est suspect. A plusieurs reprise, les auteurs de ce rapport ne s’attaquent pas seulement au PCC mais également aux citoyens chinois vivant à l’étranger (p 536). Les auteurs de ce rapport nauséabond n’hésitent pas à s’attaquer aux immigrés chinois soupçonnés d’êtres forcement des soutiens du régime de Pékin . « Ignorance », « naïveté », ou » vénalité » sont les qualificatifs utilisés par les auteurs de ce rapport pour décrire les canadiens non chinois, (p584) mais par extension tous les étrangers qui oseraient remettre en cause la vision manichéiste des auteurs. Pourtant dans l’avertissement des auteurs en préface, il est bien spécifié que les auteurs parlent uniquement du gouvernement chinois et non du peuple. S’ils parlent de « la Chine » ils parlent du PCC de manière implicite. Ce n’est pourtant pas ce qu’ils écrivent à plusieurs reprises comme nous venons de le voir.

Il a fallu plusieurs mois aux auteurs pour faire ce rapport. Il nous faudra plusieurs semaines pour analyser les mensonges, raccourcis, de ce rapport préparé de longue date. Ce rapport est finalement une mine d’or pour tous ceux qui aiment la Chine, son modèle politique et sociétal. Ils pourront y lire, tout ce que leurs adversaires déteste en eux.

Mais, l’objectif visé de ce rapport est simple : La Chine influence, propagande, et ses ressortissants à l’étranger sont plus ou moins des espions ou alliés du PCC en puissance. Toute personne défendant la Chine est de manière évidente intéressée, soit financièrement, soit d’une autre manière. Tout compte facebook promouvant la culture chinoise est forcément faux, ou hautement suspecté de l’être. Bref, la désinformation que critiquent si fortement les auteurs sont précisément ce qu’ils font de manière consciente ou inconsciente. Et on reste frappés, que deux chercheurs faisant partie d’une organisation militaire ayant pignon sur rue puisse débiter autant de lieux communs.

Afghanistan: du théâtre dans un aéroport qui cache un succès stratégique US et un défi pour la Chine !

Soyons directs honnêtes, croyez-vous que la première puissance au monde puisse commettre deux fois la même erreur? Une au Vietnam, et la deuxième en Afghanistan ? Si vous croyez que c’est le cas, il vous faudra changer de planète.

Je pense qu’il est primordial d’ouvrir les yeux, ou plutôt la carte.

Les attentas du 11 Septembre 2001 ont officiellement motivé la seconde invasion d’Irak et de l’Afghanistan. Mais si nous voyons d’un peu plus près, on remarquera que la présence de l’OTAN en Irak et Afghanistan prend en étau l’Iran, l’épine du pied des alliés des états-unis dans la région et ce n’est pas tout.

Seulement un mois après les attentats à NewYork, un contingent de 1500 militaires américains s’est installé dans la la base de Karchi-Khanabad ( K-2 ) en Ouzbékistan. Ce qui ferme la voie du nord de l’Iran. Mais pour accentuer la pression au nord, il y a aussi une présence militaire de l’OTAN en Turkménistan. Si on ajoute les ennemis traditionnels du golf persique, l’Iran n’est pas dans un étau, mais un véritable guet-apens !

L’Afghanistan n’était que la dernière pièce du puzzle. Mais là, les stratèges américains on fait une pierre 3 coups.

A l’ouest de l’Afghanistan, c’est la région des Ouïghours. Une région qui était pauvre et sous développée, aux prises avec l’islamisme radical. Accentuer la pression en installant une arrière base d’appui à coté de la région autonome de XinJiang, permettait également refermer pour de bon, le filet tendu par la constellation de bases militaires américaines installées tout au tour de la Chine. Des rumeurs courent sur d’éventuelles formations d’activistes Ouïghour en Afghanistan afin de perpétrer des actions en Chine, mais il est pour l’instant compliqué de trouver des documents déclassés à ce sujet sur le web.

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/presence-us-chine

Donc, nous avons pour l’instant 2 coups de la pierre américaine: l’étouffement de l’Iran et la mise sous forte pression de la Chine. Où est le 3ième coup?

Il s’agit de la construction du gazoduc TAPI.

En effet, l’Inde qui souhaite ardemment se développer à l’instar de la Chine a un énorme besoin énergétique. Et elle a de la chance, 2 pays fournisseurs majeurs se pressent à sa porte pour lui en vendre. Ce sont l’Iran et le Turkménistan.

C’est là que la politique entre en jeu. Quelque soit le pays choisi, la maîtrise de la variable afghane est vitale pour assurer l’approvisionnement de l’alliée indéfectible des états-unis: l’Inde. Et ce n’est pas tout.

Ce gazoduc agit comme une grosse épine dans les pieds plusieurs pays. Ashgabat était devenu un partenaire important pour la Russie et surtout la Chine pour la fourniture énergétique. La Chine bien sur, profite de cette situation pour avancer ses pièces sur l’échiquier en Asie centrale. Une situation pas très appréciée des US, poussent ceux à agir.

Le TAPI qui devrait ouvrir ses vannes en 2023, agit comme une corde à 10 milliards ( pas si cher cela pour un gazoduc ) qui relie l’Inde et l’Afghanistan au gaz turkmène. L’Afghanistan sera donc le pays transit essentiel à ce projet. Cette épine de 1800Km de long évince l’Iran de la fourniture énergétique pour l’Inde et rend le Turkménistan beaucoup moins dépendant de la Chine. S’attaquer à ce gazoduc, provoquera un retour immédiat et violent de missiles américains, lancés depuis un destroyer qui passera par “hasard” dans le golf persique ou l’océan indien.

Les Talibans le savent bien et a garanti l’intégrité du TAPI, surtout que celui représente une rente financière importante s’ils veulent éradiquer la culture de l’opium qui infeste le pays depuis l’arrivée de l’OTAN en 2001. Ils ont bien sur sollicité la Chine pour reconstruire le pays

Le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi en compagnie du taliban Abdul Ghani Baradar.
Photo Li Ran / XINHUA / AFP

Mais cette énorme épine qui serpente dans le pays est un levier puissant pour que l’allié indien ait toujours son mot à dire pour ‘protéger ses intérêts vitaux’. Quoique fasse la Chine, elle avance en terrain miné, sous l’épée de Damoclès: regardez bien la carte de la région, un missile supersonique ne mettra pas plus de 30 minutes, en partant du golf persique vers sa cible située en Afghanistan.

La retraite de troupes au sol ne signifie pas l’absence de pression, de levier d’action.

Beaucoup d’analystes estiment que la débâcle des troupes gouvernementales formées et équipées par l’OTAN est un échec. Je pense que cet échec est parfaitement prévu par les stratèges américains. En réalité, ceux-ci s’en fichent pas mal car les US avaient déjà signé un accord avec les talibans à Doha en 2020. Le départ de l’OTAN était acté.

Deux possibilités s’offrent alors aux US:

  1. les troupes de Kaboul tiennent tête aux talibans et le pays sombre dans le KO. La perspective d’une avancée chinoise en Afghanistan sont très minces. Au contraire, cela crée de l’instabilité juste à coté de XinJiang. La pression se maintient sur la Chine sans que l’OTAN dépense un sous.
  2. les troupes de Kaboul se désintègrent et les talibans prennent le pouvoir rapidement. En plus du TAPI, les stratèges américains pourront alors compter sur un “allié” de longue date: Daesh, en tout cas, les rescapés de l’ancien califat. Si l’état islamique arrive à contrer les talibans et créer de l’instabilité dans le pays, cela deviendra assez problématique pour la Chine qui ne pourra intervenir militairement, car cela violerait sa propre règle qu’elle s’impose depuis 1949: la non-ingérence. Mais si Daesh devient suffisamment puissant pour transformer l’Afghanistan en un bourbier Syrien, ce sera un danger mortel pour la Chine et la Russie.

En réalité, le gouvernement de Kaboul a été abandonné à son sort. Seul, il n’aurait jamais pu faire face aux talibans et la menace Daesh simultanément: une poule jetée dans une meute de loups serait une comparaison assez réaliste.

La partie de GO en Asie centrale n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. La Chine pourra reconstruire le pays en un temps record. Mais le succès est très dépendant des nouveaux maîtres talibans.

Et quand on observe les talibans, ces fondamentalistes radicaux, il y a quelque chose d’étrange qui s’est opéré en très peu de temps.

A Doha, en Février 2020, ils ne voulaient même pas mettre de chaussures pour aller signer l’accord. A Pékin, ils étaient même très présentables pour la séance photo.

Eux qui étaient des campagnards considérés comme des terroristes pratiquant la guérilla, ont réussi à prendre les villes et le pouvoir, et ont appris à s’habiller convenablement et à faire des déclaration de bonnes intentions au monde en tant que meneur de pays.

ça ne vous rappelle rien?

Et oui, si on met la religion de coté, on dirait bien l’armée rouge de Mao. Leur parcours est similaire depuis 20 ans.

S’il y a un pays qui sait parler aux talibans, c’est bien la Chine. Cela dit, ils restent quand même des gens moyennement fréquentables, que les internautes chinois n’hésitent pas à critiquer.

Le dossier afghan est épais et remplis de pièges. Les stratèges chinois sauront-ils les déjouer?

Seul le temps en sera témoin.

Le sceptre de l’empire US: le pétrodollar … contesté?

La première chose que les 11 porte avions de la NAVY défendent à travers le monde, serait bien le pétrodollar. Celui-ci constitue le symbole absolu de l’hégémonie et de la puissance incontestée des états-unis d’Amérique. Washington est mis au courant de chaque goûte de pétrole vendue dans le monde, et pourra imposer sa loi afin de préserver ses intérêts. Exemple, si Total n’obtient pas de dérogation de la part des états-unis, il ne pourra pas rester en Iran pour le développement et la production de la phase 11 de South Pars (SP11), et bien, il va devoir plier bagage. La dite “dérogation” n’est jamais arrivée. Ce n’est peut-être pas le meilleur exemple pour illustrer la puissance du pétrodollar, mais l’hégémonie monétaire américaine.

Laissez moi vous citer un contre exemple de ceux qui oseraient défier le pétrodollar.

https://www.liberation.fr/futurs/2000/09/27/saddam-hussein-vole-au-secours-de-l-euro_338712/

En 2000, l’ancien maître de l’Irak Saddam Hussein a clairement exprimé le souhait de vendre à l’Europe son pétrole en échange de la future monnaie unique de l’union. Quand son ministre de l’économie a fait cette annonce, Saddam n’avait plus que 6 ans à vivre, mais il ne le savait pas encore.

Puis, il y a un autre problème face au pétrodollar, l’OPEP. Un contre poids mineur, mais intolérable qui dérange. La solution pour les états-unis: se débarrasser de la variable l’OPEP tout en mettant la pression sur la Russie, avec le gaz de schiste.

Mais cela ne suffit pas. En 2018, la loi anti-OPEP Nopec (No Oil Producing and Exporting Cartels Act) refait surface.

“Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole”, qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Si le gaz de schiste fait perdre à l’Arabie Saoudite son pouvoir de fixer le prix du pétrole au niveau mondial, cette loi constitue une arme redoutable pour faire pluie et beau temps dans le golf. Et ce sera plus la tempête.

Mais le royaume n’entend pas se laisser faire. Il menace de représailles “nucléaires” si la loi passe au congrès américain.

Quelle est donc cette option nucléaire saoudienne qui ferait réfléchir une hyper puissance comme celle des états-unis?

L’abandon du pétrodollar par le royaume.

Faisons un petit compte.

Les investissements du royaume aux états-unis montent plus d’un millier de milliards de dollars US.

Saudi Aramco, le premier exportateur de pétrole au monde, affiche un chiffre d’affaire de 365 milliards de dollars en 2018.

Les échanges de dérivés du pétrole sont également largement libellés en dollars, le volume des échanges atteignant 5 000 milliards de dollars, toujours en 2018.

L’option nucléaire saoudienne pèse donc plus de 6000 milles milliards de dollars. Il y a largement de la place pour les autres monnaies telles que l’Euro, voire pire, le Yuan chinois.

Aux dernières nouvelles, NOPEC n’est toujours pas passée.

La loi NOPEC est clairement la ligne rouge pour les saoudiens. Toucher à cette ligne, provoquera une tempête plus importante encore que la crise financière de 2008 et la pandémie du covid19 auraient pu provoqué ensemble. Une guerre mondiale s’éclatera où tous les acteurs majeurs seront impliqués.

Mais ce n’est pas tout. L’accord stratégique sino-iranien sur 25 ans prévoit également des montants astronomiques en achat énergétique et investissements. Le gros problème de cet accord pour les états-unis n’est pas le respect des droits de l’homme dans les 2 pays protagonistes, mais la monnaie utilisée. Elle n’est pas le dollar américain. Le montant des 400 milliards de dollars étalés sur 25 ans n’est que symbolique au vue du volume d’échange annuel du pétrodollar, mais assez dérangeant car cela constitue un précédent pour les pays désireux de sortir du pétrodollar afin de diversifier leurs devises ( et l’avenir ? ).

Si la Russie a imité Saddam Hussein en préférant l’Euro au Dollar pour plus de la moitié de ses ventes énergétiques, l’Europe y réfléchit sérieusement ( mais discrètement ) depuis quelques années. On image que l’Élysée l’a eue mauvaise, quand Total a perdu son contrat historique en Iran, au profit du chinois Sinopec.

Solution?

Contourner les futures sanctions américaine en créant le pétroeuro.

Cela devrait se passer début 2022. Et ce sera un moment historique. En effet, l’Europe est le plus grand importateur énergétique du monde et elle règle ses pleins à la pompe en dollar américain. Une situation pas si étrange que cela qu’on connaît un peu l’hégémonie absolue des états-unis dans le domaine économique, financière et militaire.

Vouloir régler ses factures à la pompe avec sa propre monnaie est un luxe que très peu de pays au monde peuvent se permettre.

Nous voyons ici 2 aspects importants de la puissance du pétrodollar.

Un, il est puissant et incontesté, et risque de l’être encore pour très long temps.

Deux, l’étendu de sa puissance a atteint sa limite physique. Des zones qui lui échappent apparaissent en périphérie de sa zone de domination. Ces zones lui sont inaccessibles et grossissent dans le temps.

En conclusion, je pense qu’il serait préférable de nous passer de l’addiction pétrolière afin de trouver une voie de survie avant que la tempête climatique n’éclate? Après tout, c’est quand même nous, les consommateurs finaux qui ont la décision finale.

Sanctions: La ligne rouge est tracée

Début Juin 2021, le président américain Biden a effectué une tournée en Europe. Il est salué comme le libérateur, l’homme de la providence, le messie.

L’Amérique puissante est de retour ! titre France culture. Son auteur, Marie-Pierre Vérot, ne pouvait rester insensible à l’aura dégagée par la “puissance” de cette photographie d’un vieil homme de 78 ans, qui essaie de descendre d’un avion, sans tomber sur les marches cette fois.

La visite de Biden a pour objectif de resserrer les rangs des alliés pour contrer la menace de l’Est. La réponse de Poutine est ferme. Biden n’a rien obtenu de la Russie durant le sommet avec la Russie et il devait s’y attendre.

Plus subtile, la Chine a également opposé un message en signe d’avertissement. Elle a décrété la dernière d’une série de lois:

la loi anti-sanction étrangère

http://www.npc.gov.cn/npc/c30834/202106/d4a714d5813c4ad2ac54a5f0f78a5270.shtml

La sortie de cette loi à effet immédiat ( selon l’article 16) date du 10 Juin 2021, en pleine tournée de Biden en Europe. Elle constitue la ligne rouge clairement tracée, et un message adressé aux “partenaires de l’Ouest”.

Cette loi est inédite à plusieurs titres.

D’abord, on observe que la Chine a vite appris de ses erreurs du passé. Depuis des milliers d’années, l’Empire chinois a toujours placé la diplomatie avant ses troupes. L’art de la diplomatie est une science “inexacte”. Il y a des sous-entendus et des flous artistiques que les diplomates entretiennent pour éviter le conflit. La Chine avait pour habitude d’employer ses diplomates pour répondre aux “attaques”. Mais cette stratégie montre ses limites en 2014, lorsqu’elle a perdu le procès à l’OMS, pour avoir limité l’exportation de terres rares pour des “raisons écologiques”. L’OMS estime que la décision chinoise quant à la limitation de l’export de terres rares est animée d’abord d’arrière pensée, et sans aucun fondement juridique. Elle a donc compris l’importance de la base juridique pour justifier ses actions, et tracer le “red line”. Le dogme a radicalement changé.

Vous connaissez la chanson:

you have the right to remain silent ...

En suite, la dénomination de la loi est aussi inédite. Elle est concise et explicite, facilement intelligible par tous les avocats du monde, et facilement traduisible dans toutes les langues. Il n’y pas de mal entendu et erreur de traduction possible, à l’image des lois et des agences à 3 lettres des état-unis. En effet, certaines des anciennes lois chinoises ont des noms à plus de 12 caractères chinois, ce qui donne quelque chose comme 24 ou 30 mots nécessaires, une fois correctement traduits en Français. Cette simplification n’est clairement pas encrée dans la doctrine chinoise traditionnelle, qui préfère les subtilités et les sophistications. Là encore, le dogme a changé. On va à l’essentiel, vite et avec efficacité. Il n’y aura pas de négociation en coulisse ou compromis politique. La diplomatie de la canonnière n’a qu’une portée limitée. La loi est la loi.

Il vaut mieux une bataille juridique qu’une partie de bataille navale en mer du sud.

Et enfin, un petit détail et on sait que le diable est dans le détail:

La Chine a désormais les moyens de s’opposer à une certaine forme de sanction d’une certaine ampleur. C’est particulièrement stressant pour ses adversaires. Il est certain que ceux-ci ne tarderont pas à “tester” la solidité de la ligne rouge tracer par la Chine.