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Loring Miner: le lanceur d’alerte sanitaire… ignoré

Entre 40 à 100Millions de personnes sont mortes de la grippe 1918-1919 à travers le monde.

Cette grippe dont on jette volontiers la paternité sur les espagnoles durant 100 ans, n’avait rien d’espagnole.

Mais puisque la presse espagnole, alors plus libre, avait la liberté d’en parler grâce à la neutralité du pays durant la grande guerre, alors il était aisé de leur jeter la responsabilité.

Pendant un siècle, on a cherché la source de la pandémie. La première personne qui a identifié cette maladie très particulière est le Dr. Loring Miner du compté de Haskell de l’état de Kansas aux états unis.

Qu’est-ce qui s’était passé ?

D’abord mettons nous dans le contexte historique.

La guerre

Nous sommes au lendemain de l’entrée en guerre des USA au coté de l’entente contre l’Allemagne. La guerre entre dans un phase charnière après le retrait de la Russie.

Tout le monde espérait la fin rapide de cette sale guerre qui n’avait que trop duré. Les états-unis ont du mobiliser 33% de sa population totale pour contribuer à l’effort de guerre. A ce pourcentage, autant dire que c’est le pays tout entier qui s’est converti à une gigantesque usine de guerre à ciel ouvert.

En 1917, les USA n’avaient que des soldats inexpérimentés, mal entraînés et mal équipés. Ils n’allaient sûrement pas se jeter devant les mitrailleuses allemandes comme ça.

De gigantesques camps d’entraînement militaires ont poussé comme des champignons dans tout le pays.

Les appelés de Haskell étaient dans le camp de Funston. Et c’est précisément le camp de Funston qui a été identifié comme l’épicentre de la terrible pandémie de 1918-1920. Voilà son histoire

La maladie et l’alerte

Fin janvier 1918, le Dr Loring Miner, médecin de campagne du comté de Haskell, près de Dodge City, Kansas, est appelé auprès d’un patient qui présente de graves signes respiratoires : forte fièvre, courbatures, toux sèche, violents maux de tête, gêne respiratoire. Bref, une bonne grippe, qui était identique à ce qu’il avait déjà identifiée printemps 1917.

Dr. Loring Miner source : http://www.animasmuseum.org/online_exhibits/1918flu/1918flu1.html

Dans les semaines suivantes, il dénombre 18 patients présentant des signes inquiétants par leur acuité. Il y a trois morts. Les patients viennent souvent de fermes isolées de la région qui vit de l’élevage de porcs et de volailles. Les analyses génétiques réalisées des décennies plus tard révèlent qu’il s’agit d’une combinaison de génomes avec la grippe aviaire.

Dr. Miner a immédiatement alerté Rupert Blue, au service de santé publique des états-unis sur ce nouveau type de grippe très virulente et meurtrière. Mais l’alerte du docteur de campagne a simplement été ignorée.

Rupert Blue

Très rapidement, ce sont des milliers de soldats du camp de Funston qui tombent malade. De véritables camps médicaux ont du être construits à la hâte à l’intérieur du camp militaire.

Camp médical au camp de Funston 1918: https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/histoire-confinemet-1918-touraine-au-rythme-grippe-espagnole-pire-epidemie-histoire-1819656.html

Rapidement, l’épidémie se répand aux camps de Forrest et de Greenleaf, puis à Fort Oglethorpe (Géorgie), frappant près de 10 % des soldats. Beaucoup de jeunes pensaient se rendre utiles à la nation, sont morts sur le sol national avant d’avoir mis un pied en Europe.

Puis les grandes villes du pays sont frappées à leur tour par cette mystérieuse grippe très contagieuse.

En Europe aussi, la maladie se répand avec l’arrivée des soldats étasuniens dans les tranchées. Le continent est touché à son tour. Mais comme l’a fait remarqué cet article:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/histoire-confinemet-1918-touraine-au-rythme-grippe-espagnole-pire-epidemie-histoire-1819656.html

l’origine de l’information finit par se confondre avec l’origine du mal

Le premier qui en parle est forcément fautif, et ce sera l’Espagne.

Durant à peu près 1 an, la maladie a fait le tour du monde en amenant avec elle entre 40 à 100 Millions de personnes sur tous les continents.

Elle est toujours là… avec nous, chaque année.

https://www.kansas.com/news/local/article200880539.html

Le site de officiel de l’état de Kansas a bien expliqué les choses.

Cette grippe, a réussi à s’enrichir d’autres génomes tout au long du 20iem siècle et revient chaque année. On l’appelle ” la grippe saisonnière”. Nous pouvons en avoir une explication plus technique ici:

www.pandemies-et-amerique.com

Et si l’alerte avait était prise en compte?

Maintenant, revenons à notre lanceur d’alerte, le docteur Loring Miner.

En effet, on pourrait conclure que si l’alerte était prise en compte par le service de santé publique des états-unis, c’est près de 80 Millions de vies qui auraient pu être sauvées à travers le monde.

Mais, cela retardera voire annulera l’arrivée de l’armée américaine en Europe. étant donné l’état des pays européens, à bout de souffle, vidés et lassés par la guerre d’usure dans laquelle ils se sont enlisés, pouvait-on tolérer cela?

Avec l’arrivée des troupes du front de l’Est en France, l’Allemagne s’est considérablement renforcée. La France et la grande Bretagne pouvaient-elles résister en attendant que les états-unis en finissent avec l’épidémie sur son sol? Et si la guerre se soldait par une victoire allemande?

Je pense que la vraie question à se poser et la suivante:

Qui sommes nous pour juger les autres, ceux qui ont pris la décision au pied levé dans le passé? En aurions-nous été capables de mieux? Serons-nous capables de mieux?

Revenons à notre époque. Si l’épidémie s’était déclarée en Inde, le 2ièm pays actuellement le plus peuplé au monde, quelle aurait-été la situation en janvier 2022 ?

Je pense que, dans le pareilles situations, ce sont la modestie et l’intelligence qui doivent s’imposer face aux jugements et critiques.

Rupert Blue avait l’histoire du monde des 100 prochaines années (voire plus) entre les mains sans le savoir. Il valait peut-être mieux il ne le sache pas.

Le Laos: au cœur de RCEP

En 1995, le premier ministre malais Mahathir bin Mohamad a lancé l’idée de la zone économique du sud-est asiatique, gravitant au tour d’une ligne de chemin de fer. Elle devait partir de la ville chinoise KunMing, pour arriver à sa destination finale au Singapour, en sillonnant les pays comme le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, le Myanmar, le Cambodge, et bien sur, la Malaisie. Elle a été nommée Trans-Asian Railway, TAR

C’est le cœur de l’actuel projet RCEP, le point de départ du gigantesque projet de la nouvelle route de la soie, si cher à XiJinPing.

Comme quoi, les chinois n’ont pas cherché à réinventé la poudre.

C’est une idée de génie mais le projet a pris beaucoup de retard et a subi beaucoup de tempêtes géostratégiques et politiques. A l’heure où le projet RCEP est programmé pour une entrée en vigueur le 1er Janvier 2022, la ligne KunMing – Vientiane sera officiellement inaugurée au Laos le 2 Décembre 2021, le jour de la fête nationale.

L’économie du pays en sera transformée. Près de 9% de GDP laotien a été investi dans cette ligne, cela représente énormément pour les laotiens. Mais l’immense majorité de l’investissement a été assumé par la Chine qui en a les moyens.

Les 1022Km qui séparent KunMing de Vientiane seront parcourus en moins de 10 heures. Il est plus que certain que de riches touristes chinois vont débouler au Laos dès 2022. Espérons que le Laos saura préserver son environnement et maîtriser l’inflation notamment dans l’immobilier.

Mais les changements ne vont pas s’arrêter là. Cette ligne mettra une main d’œuvre peu chère aux usines chinoises qui pourraient y délocaliser une partie de leur production de pièces détachées. L’assemblage final restera sans doute en Chine continentale. Ainsi, la Chine préserve son avantage sur le coût de production sans perdre la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Le Laos est assez proche de la Chine.

Ce qui n’est pas le cas des autres pays traversés par la TAR. Le Vietnam se méfie de son grand voisin du nord et tente de tirer profit de la guerre froide sino-américaine.

La Thaïlande essaie de jouer au jeu d’équilibriste entre les 2 grandes puissances mondiales, tandis que le Myanmar s’engage sur le chemin de l’instabilité.

Le seul autre partenaire fiable pour la Chine est le Cambodge. Et ce dernier a un avantage majeur que son voisin laotien n’a pas: un accès à la mer. Ceci ne peut échapper aux stratèges chinois. Si la TAR change d’itinéraire pour aboutir à un port Cambodgien, cela permet non seulement de désenclaver le Laos, mais aussi la ville KunMing dont le développement est justement limité par sa situation géographique qui est loin de la mer.

Cela ne remet pas en question les intérêts malais et singapouriens, car la pointe sud du Cambodge n’est qu’à quelques jets de pierre de ces pays par la voie maritime.

Tout se repose sur le succès laotien. Tout le sud-est asiatique a les yeux braqués sur le Laos, ce petit pays enclavé et si paisible. Il sera au cœur du point de départ d’un grand jeu sur l’échiquier mondial en 2022.

Bonne chance à nos amis laotiens, espérons qu’ils prennent le bon train.

Un rapport sur l’influence chinoise….pour quoi faire ?

wang zhao AFP

Voilà, qu’on apprend par le rapport d’un certain Paul Charon, obscur chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire ( ! )  au CV long comme le bras, que la Chine essaient d’influencer, de promouvoir sa culture, préserver ses intérêt stratégiques, et essaie par tous les moyens de limiter l’influence occidentale, américaine en Afrique  .….Bon. On en reste sans voix. Alors, donc, ce pays, essaierai d’agir dans son propre intérêt ! Essaierai de vanter son modèle économique et social. La Chine avancerait ses pions en Europe et en Afrique par la diplomatie, l’économie, et la désinformation. Et les Etats Unis, et nous, européens, serions manipulés.

Incroyable !!! Sur Sinoscope, on a essayé de se pencher sur ce pensum peu digeste, mais à la vue de la longueur de ce texte, il faudra du temps. Mais déjà ,on peut en déduire plusieurs faits :

Au-delà, de l’aspect comique, du ridicule basique de ces informations sensationnalistes, de cette accumulation de faits sans liens les uns avec les autres ; la manipulation est grossière. Elle tend à montrer la Chine, et son organe dirigeant le PCC, comme une entité faisant de la désinformation comme peut le faire la Russie de Poutine. Ou même comme le pratique, tiens, au hasard, les Etats Unis d’Amérique. Phénomène intéressant : Le terme « Russification » est employé à plusieurs reprises dans ce rapport. Comme si, tout ce qui a lien au mensonge, à la falsification, à la propagande était de nature Russe. On reste pantois de tel simplifications.

Donc, sur Internet, on apprend que les wumao seraient légions, et des instituts Français comme l’Iris, des hommes politiques comme Jean Pierre Raffarin seraient manipulés, au mieux, au pire corrompus par la Chine. Pour eux, il ne peut être question d’autre chose.

Bien sûr, nous jouons les surpris, mais ne ce rapport tentaculaire, (600 pages ! ) se distingue finalement aussi par son insignifiance. Que de travail, que de compilation de données pour finalement dire quoi ? Que la Chine, essaie de communiquer, d’influencer, à son échelle.  Finalement au mieux il n’ouvre que des portes ouvertes, et au pire il instille la défiance, la méfiance, le manichéisme, voire le racisme (tout ce qui est chinois, qui défend la Chine est suspect).

Chers amis chinois, chinoises, français d’origine chinoise, tout, désormais en occident, plus exactement  en Europe de l’ouest et aux Etats unis, plus précisément, est contre vous. Simple étudiant, vous pouvez être considéré comme agent dormant, simple touriste vous pouvez être considéré comme un futur infiltré. Tout est prétexte à vous dénoncer, vous montrer du doigt.

Alors que dans le même temps les Etats Unis font de la propagande jour et nuit, depuis des décennies sur tous les terrains d’expression : Hollywood, et ses films, Internet et ses réseaux, Netflix et ses séries bien évidemment, l’amérique et sa way of life….La culture américaine est omniprésente en Europe, mais pour les auteurs de ce rapport il faut plus s’inquiéter des instituts Confucius, qui enseignent le chinois a quelques centaines voire milliers de jeunes français que de se préoccuper des revirements de dernière minutes des Australiens et américains (nos alliés) pour finalement refuser d’acheter nos sous-marins. Pas davantage il ne faut s’inquiéter à propos de l’espionnage massif des services de renseignements américains sur les états français et allemand.

On reste sans voix quand l’auteur nous dit au fil des longues (trop longues) pages que pêle mèle : Confucius, la culture chinoise, la médecine traditionnelle chinoise sont de terribles vecteurs de propagande du PCC. Même la gastronomie, sans doute le sera bientôt.

Comme nous l’avons dit dans plusieurs articles sur Sinoscope, tout cela fait partie d’une entreprise de déstabilisation de la Chine, pour insidieusement, montrer que le PCC, mais plus odieusement les chinois sont manipulateurs, et que, finalement aimer la Chine, la promouvoir sur Facebook, dans des livres, ou dans des articles est suspect. A plusieurs reprise, les auteurs de ce rapport ne s’attaquent pas seulement au PCC mais également aux citoyens chinois vivant à l’étranger (p 536). Les auteurs de ce rapport nauséabond n’hésitent pas à s’attaquer aux immigrés chinois soupçonnés d’êtres forcement des soutiens du régime de Pékin . « Ignorance », « naïveté », ou » vénalité » sont les qualificatifs utilisés par les auteurs de ce rapport pour décrire les canadiens non chinois, (p584) mais par extension tous les étrangers qui oseraient remettre en cause la vision manichéiste des auteurs. Pourtant dans l’avertissement des auteurs en préface, il est bien spécifié que les auteurs parlent uniquement du gouvernement chinois et non du peuple. S’ils parlent de « la Chine » ils parlent du PCC de manière implicite. Ce n’est pourtant pas ce qu’ils écrivent à plusieurs reprises comme nous venons de le voir.

Il a fallu plusieurs mois aux auteurs pour faire ce rapport. Il nous faudra plusieurs semaines pour analyser les mensonges, raccourcis, de ce rapport préparé de longue date. Ce rapport est finalement une mine d’or pour tous ceux qui aiment la Chine, son modèle politique et sociétal. Ils pourront y lire, tout ce que leurs adversaires déteste en eux.

Mais, l’objectif visé de ce rapport est simple : La Chine influence, propagande, et ses ressortissants à l’étranger sont plus ou moins des espions ou alliés du PCC en puissance. Toute personne défendant la Chine est de manière évidente intéressée, soit financièrement, soit d’une autre manière. Tout compte facebook promouvant la culture chinoise est forcément faux, ou hautement suspecté de l’être. Bref, la désinformation que critiquent si fortement les auteurs sont précisément ce qu’ils font de manière consciente ou inconsciente. Et on reste frappés, que deux chercheurs faisant partie d’une organisation militaire ayant pignon sur rue puisse débiter autant de lieux communs.

Comment le racisme crasse peut même s’infiltrer dans des revues pour enfants

« Mon quotidien » journal pour ados de 10 à 14 ans , est un journal pour informer les enfants de l’actualité française et internationale.

Et on reste frappé de stupeur aujourd’hui en voyant ce dessin de publié le 30 Juin sur leur site, ou  peut lire :

« ils ne veulent plus qu’on soit ouighours, ils veulent qu’on soit chinois comme eux »

Puis : « je n’ai pas envie d’être chinois comme eux, et de faire comme eux : torturer, emprisonner des gens et les faire travailler de force ».

Outre la stupidité sans nom de ce dessin qui essentialise les chinois en tant que peuple qui emprisonne, et qui pratique la torture, c’est surtout l’abyssale simplicité du message destiné à des enfants qui nous confond de tristesse et colère. Comment un dessinateur peut-il à ce point confondre la politique d’un gouvernement, et le peuple en son entier…est-ce un fait dut à la bêtise et l’ignorance ou est-ce un dessin raciste ?

Comment, ensuite, les rédacteurs ont pu accepter ce dessin sans tiquer le moins du monde ? Mystère.. Mais il y a une circonstance aggravante : cette publication est destinée aux enfants. Une question se pose alors: Comment instiller le racisme, la discrimination dès le plus jeune âge ? Par ce genre de dessin outrancier. Voila.

Une pétition a été lancée hier pour la suppression de cet immondice de leur site internet. Nous suivrons avec intérêt l’avancement du dossier

Des faits, seulement des faits

Nathan Rich est un américain résident en Chine depuis un certain nombre d’années. Au début, il avait autant de préjugés sur la Chine qu’un américain moyen. Désormais, il est devenu l’un des individus les plus suivis au sujet des analyses géopolitiques concernant la Chine.

Son parcours est assez hors du commun. Né dans une famille pauvre dont les parents faisait partie d’une secte, il les a perdus assez jeune. Sa mère est morte d’un cancer tandis que son père, alcoolique, n’a pas vécu assez longtemps pour qu’il en ait un souvenir clair. Depuis un an, on a décelé une tumeur dont on a du mal à déterminer la nature dans l’os de jambe gauche. Il prend la nouvelle avec philosophie et continue à alimenter sa chaîne youtube.

Ces détracteurs sont nombreux. On le traite de propagandiste à la solde du gouvernement Chinois, ou au mieux, un idiot utile. Je pense qu’il faut rester neutre vis à vis de cet individu et analyser les faits qu’il nous présente avec toute l’objectivité qui s’impose.

voici un travail important qu’il a réalisé il y a quelques temps. Un timeline des événements depuis 2017.

https://time.graphics/fr/line/423397

Je vous laisse faire vos propres opinions.

Propagandez contre la Chine, il en restera toujours quelque chose.

                                                      Crédit : Reuters David Gray

Pour n’importe quel observateur avisé, qui analyserait en toute objectivité le traitement médiatique du monde occidental (Europe de l’ouest, Etats Unis, Canada, Australie) vis-à-vis de la Chine, le nombre d’articles à charge contre l’empire du milieu est vertigineux.

Comme nous l’avons vu dans un article précédent, nous assistons au début d’une nouvelle guerre froide. Une guerre froide qui, comme celle des années 50 et 60 entre les Etats-Unis et l’Union soviétique, est une guerre diplomatique, de communication, d’influence. Ici il faut se souvenir que la première guerre froide ne dégénéra pas en conflit ouvert, en guerre « chaude ». Même s’il ne fallait pas grand-chose en 1962 pour que la crise des missiles de Cuba dégénère.

Quand on observe ce que le monde occidental, les Etats Unis en tête, produisent comme argumentaire pour contrer la Chine, les mêmes arguments se reproduisent: encore et toujours les mêmes.

Le premier argument est celui que la Chine serait donc d’abord une menace. Une menace pour la paix dans le monde. Son agressivité militaire serait croissante, et le monde devrait craindre un réveil du géant chinois.

Peu importe, que ceux qui annoncent de telles absurdités, de telles inepties, soit les représentants politiques (démocrates comme républicains) des Etats Unis. Que le pays à la bannière étoilée possède 800 bases militaires dans le monde dans 177 pays pour près de 200 000 hommes n’est pas important. Que les Etats-Unis ont fait depuis 60 ans une guerre au Vietnam, en Corée, en Irak, ont bombardés des populations civiles en Libye, en Syrie. Peu importe. Peu importe que ce pays est celui qui espionne ses alliés, comme celui récent de la chancelière allemande Angela Merkel. Peu importe. Peu importe que la Chine n’a pas exercé le moindre conflit armé à un pays tiers depuis son aide au Viêt-Cong au Vietnam du Nord dans les années 60. Peu importe que la Chine n’a qu’une seule base militaire en dehors de ses frontières. A Djibouti. Comme la France et les Etats unis par ailleurs.

Le deuxième argument est que la Chine serait une menace pour la démocratie, pour le « monde libre ». Pourtant, son modèle a sorti des centaines de millions de chinois de la misère et ce gigantesque pays est passé d’un pays du tiers monde dans les années 50 à la première puissance mondiale 70 ans après. Nos élites occidentales font mine de s’offusquer que le pays est autoritaire, dictatorial, et agitent le drapeau de la peur à nos populations, comme si le modèle chinois pouvait s’exporter en Europe. Quelle absurde raisonnement.

Le troisième argument est que la Chine maltraite ses minorités et que le régime humilie les musulmans du Xinjiang après avoir humilié les Tibétains il y a vingt ans. Ici, la stratégie est simple. Plus visible. Il s’agit de s’attaquer à l’intégrité de la Chine. Le Tibet fut un échec dans les années 2000. Le Xinjiang est désormais, avec Hong Kong, le nouvel objectif de l’administration américaine pour déstabiliser la puissance chinoise.

Il est vrai qu’au Xinjiang nous savons finalement peu de chose, et c’est sans doute un des effet de la politique de non transparence du gouvernement chinois. Nous savons que la Chine a réprimé les islamistes et les groupes séparatistes après plusieurs attentats meurtriers, dont l’attentat de Kunming le 1er Mars 2014 qui fit 31 morts et bien d’autres avant qui furent meurtriers et moins médiatisés. Les premières attaques datent pourtant du début des années 90.

 après l’attentat de la gare de Kunming(1)

La Chine a ensuite eu la volonté de recadrer cette province trop longtemps oubliée. Les autorités chinoise se sont aperçues que les habitants de cette province ne parlaient pas toujours un bon mandarin, obstacle majeur pour leur intégration. Que la plupart des ouighours ne connaissaient même pas l’histoire de leur propre pays et étaient laissés à l’écart du progrès du reste de la Chine. Les attentats islamistes furent le déclencheur d’une prise de conscience. La Chine a réprimé. Sans doute sévèrement, peut-être trop. Mais dans ce manque d’informations, dans ce brouillard, les américains sortent de leur chapeau comme par miracle des témoignages de quelques femmes ouïgoures, “rescapées de l’enfer” ; comme elles le disent, et ces témoignages sont pour la plupart sujets à caution. Mais le principal pourfendeur de la politique chinoise au Xinjiang, est Adrian Zenz, chercheur allemand illuminé dont les travaux sur le Xinjiang sont truffés d’erreurs, d’approximations en tout genres qui décrédibilisent tout son travail.(2). Il se dit guidé par Dieu pour détruire le PCC. Rien que ça. Ses travaux n’ont aucune valeur. Tout comme les prêches incessants des politiques, et journalistes d’une grande partie de la presse occidentale qui, sans prendre la peine de vérifier ses mensonges ont tous repris en chœur ses accusations. Dans le même temps, Anthony Blinken secrétaire d’état américain accuse la Chine de génocide. Le politique s’allie aux médias désormais.

L’objectif est simple : montrer l’inhumanité des Chinois envers les musulmans du Xinjiang. Peu importe que les mosquées sont pleines à Kashgar, à Urumqi, que la population de la région soit passée à 11 Millions d’habitants en l’espace de quelques années.

Tout ceci n’a aucun sens. On le constate, la seule chose qui intéresse les Etats Unis est de conserver le leadership mondial en matière commerciale, technologique, financière et militaire. La fin justifie les moyens. L’Europe, comme un digne valet suivant son maître ne fait que suivre, avec en-tête de proue certains députés européen comme le député Raphael Glucksmann, qui se sont alors engagés dans une bataille juridique pour faire reconnaitre le « génocide culturel » des ouighours. En Chine, personne n’est dupe. Ces députés sont les parfaits relais de la stratégie atlantiste visant à déstabiliser l’empire du milieu. Le mot « génocide » est tellement grotesque qu’il en est presque risible.

Puis le Covid 19 est arrivé. De nouveau la même petite musique se fait entendre. L’épidémie du Covid 19 serait partie d’un laboratoire P4 de Wuhan. Une fois encore la Chine est responsable. Le président Trump parle même de « Chinese virus », provoquant du même coup une vague de racisme aux Etats Unis et dans le monde entier contre les communautés asiatiques (chinoise ou pas).  Même si aucune preuve sérieuse n’existe. Même si la Chine a complètement éradiqué le virus des mois avant l’Europe et le Etats Unis, qui ont montré l’incurie totale au début de l’épidémie. La Chine est le pays du monde, avec la Corée et quelques autres qui a le mieux combattu ce virus. Par leur solidarité, leur volonté, leur discipline, leur maitrise. Aujourd’hui la Chine vit normalement et ce, depuis plusieurs mois. Sur l’origine du virus, nous pouvons dire aujourd’hui avec certitude que le premier cluster fut à Wuhan et que le virus est très proche de virus présent au seins de populations de chauve-souris du sud de la Chine au Yunnan. (3) Mais cela reste une piste rien d’autre. La Chine a mieux résisté que nous face à ce virus, et c’est un fait.

Alors voilà. Nous sommes en 2021, et la Chine, de manière totalement injuste, se retrouve désignée comme responsable de tous les maux de notre planète. Le gouvernement chinois, est conscient de cet état de fait et a décidé de mener une guerre de communication contre les médias occidentaux par l’intermédiaire de son ambassade. Communication agressive, debunkage de fake news, prise à partie de menteurs occidentaux comme le chercheur Bondaz. Mais, il faut l’admettre, ce fut un échec. L’agressivité ne mène à rien, et le gouvernement chinois en a pris conscience. La Chine est une puissance de paix, et doit le montrer.

Malheureusement, contre cette guerre médiatique, sa communication est systématiquement dénigrée, ou pire, tournée en dérision. Les quelques occidentaux qui essaient, de manière un peu vaine d’essayer de comprendre, et ne parlons pas d’aimer, juste de comprendre ce vaste pays et pourquoi il est dirigé comme cela, pourquoi il agit de cette manière sont très rares. La Chine a son propre modèle de fonctionnement, son propre modèle de vision d’un monde multipolaire inclusif et cela est fondamental à comprendre.

Espérons qu’un jour la Chine sera mieux comprise et mieux traitée. On peut toujours rêver.

  1. https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/05/20/attentats-ouigours-la-chine-confrontee-au-terrorisme-de-masse_4422114_3216.html

Huawei: un ( faux )espion peut en cacher un ( vrai )autre

La guerre sous-marine, ne désigne pas seulement un conflit entre submersibles militaires. Depuis très long temps, c’est à dire pratiquement depuis le début de l’explosion de l’Interne au début des années 2000, le contrôle des câbles sous-marins où transitent les données de l’Internet est absolument crucial. Les USA l’ont bien compris et ne lâchent rien. Chaque requête, chaque octet émis et reçu ne doit leur échapper. La Chine l’a également bien compris. Comme à son habitude, elle a érigé un mur pour se protéger. Elle n’a que très peu de point d’interconnexion avec le reste du monde: 4 pour être précis ( Qingdao, Shanghai, Shantou et Hong-Kong ).

Mais la NSA fait tout pour avoir la main sur pratiquement tous les câbles sous-marins transcontinentaux, et notamment sur les poseurs de câbles. Une cellule spécialisée s’en occupe au sein de la NSA: la team-telecom.

Sur les révélations d’Edward Snowden, le Washington Post a révélé que les États-Unis ont tout fait pour maintenir un contrôle stratégique sur les firmes de câbles. Ils ont notamment fait échouer un projet de rachat de la société Global Crossing par une firme de Hong-Kong en 2003. La compagnie Singapore Technologies Telemedia, qui racheta finalement l’entreprise, dut accepter des règles très strictes pour garantir que les principaux postes restent occupés par des citoyens américains et que la NSA puisse avoir accès aux données transitant sur les câbles. ( sources: https://www.cairn.info/)

Mais il faut bien “vendre” cette manie à vouloir tout contrôler sur internet au grand public. La stratégie est simple, il s’agit de désigner un ennemi à a fois idéologique, économique, religieux et culturel. Des perles rares comme ça, ne courent pas la planète, je vous laisse chercher sur une carte mondiale.

En attendant, la NSA ne chôme pas.

https://www.01net.com/actualites/comment-la-nsa-s-est-servie-du-danemark-pour-espionner-la-france-et-d-autres-pays-europeens-2043511.html

Nous apprenons que les USA continuent, malgré les promesses d’Obama, à espionner ses “alliés”. D’après Snowden, Biden est évidemment au courant.

Biden is well-prepared to answer for this when he soon visits Europe since, of course, he was deeply involved in this scandal the first time around.

There should be an explicit requirement for full public disclosure not only from Denmark, but their senior partner as well. https://t.co/TJL7gr6dy8— Edward Snowden (@Snowden) May 30, 2021

https://www.01net.com/actualites/comment-la-nsa-s-est-servie-du-danemark-pour-espionner-la-france-et-d-autres-pays-europeens-2043511.html

Mais comment font les USA pour espionner? C’est très simple, il suffit de se connecter sur les équipements de HUB (arrivées des fibres sous-marines transcontinentales), pour collecter toutes les données transitées entre 2 plaques: données d’internet, mais aussi “la voix” qui comprend tous les coups de fils et SMS. Et oui, en effet, cela fait au moins 15 ans que les coups de téléphone sont numériques. Donc, un SMS ou une conversation téléphonique est traité de la même manière qu’un poste sur Instagrame ou votre déclaration d’impôt sur le revenu. C’est peut-être le moment de se mettre au radioamateur sur la bande de 144MHz?

Dans précédent billet

J’ai parlé du câble qui atterrit sur la plage de Prado en provenance du Pakistan: le PEACE. L’opérateur HengTong est majoritairement détenu par Huawei. Le HIC de ce câble est l’équipement Huawei, sans doute compliqué à raccorder sur le système d’écoute de la NSA. Nous comprenons maintenant la raison de la chasse aux sorcières Huawei par les USA.

Si les équipements du HUB sur l’île d’Amager étaient Huawei, la NSA n’aurait sans doute pas pu s’y connecter.

Alors finalement, le vrai espion c’est celui qui se cache derrière un faux …

Et comment tout cela va se terminer? Étant donné que toute l’Europe, et notamment la France, dépend très fortement des état-unis pour le renseignement, cela finira exactement de la même manière que la dernière fois, lorsque Snowden a révélé le projet PRISM au monde entier: pchiiittttt.

Quand l’Europe s’étonne de recevoir la monnaie de sa pièce par la Chine

Dans ce prélude à cette nouvelle guerre froide voulue par l’occident, la situation s’est encore détériorée.

crédit: Adobe Stock

L’union Européenne a ouvert le bal et a décidé d’appliquer des sanctions contre quatre dirigeants chinois du PCC considérés comme étant responsables de la politique repressive menée au Xinjiang contre l’Islamisme radical. Ces sanctions concernent des avoirs détenus par ces personnes, et l’interdiction de se rendre en Europe.

Mais pour la première fois, la Chine a répliqué. Et c’est une première. 10 personnalités européennes sont ciblées dont le chercheur allemand Adrian Zenz, menteur professionnel, et principal divulgateur de fake news concernant cette région où il n’a jamais mis les pieds. La plupart des accusations qu’il porte sont truffés d’erreurs, d’approximations, d’omissions, etc…. Figurent également l’euro député Raphael Glucksmann, qui fait de la reprise des mensonges de Zenz son fond de commerce. Personnage peu charismatique, il a trouvé son cheval de bataille pour que l’on parle de lui, rien que de lui. Son père, André Glucksmann, était dans sa jeunesse un maoïste convaincu. Un souci œdipien pour Raphael, dans sa haine du PCC? En tout cas, ces personnalités sont interdit de séjour en Chine, à Hong Kong et Macao. Pékin a dénoncé des actes « portant gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts de la Chine et des mensonges ainsi que de la désinformation » ainsi que ” l’attitude condescendante de l’Europe qui se considère comme un professeur des droits de l’homme”.

Enfin ! La Chine répond, et accuse l’Union européenne, et certains de ses députés, de mensonges, propagande grossière et d’ingérence. Il n’était que temps. Certes, ces mesures sont anecdotiques, certes les principaux intéressés sont même fiers d’avoir cette “médaille” autour du cou.( dixit Glucksmann sur son compte twitter). Mais c’est un signe que la Chine ne s’abaissera pas et ne se laissera pas intimider.

Alors certes, Lu Shaye, l’ambassadeur chinois commet certaines maladresses, voire erreurs, comme sa sortie l’été dernier concernant les Ehpad en France. Ou bien encore, sa riposte digne d’une dispute de cour d’école, au chercheur français Antoine Bondaz, le qualifiant de “petite frappe”. L’ambassade de Chine, deuxième puissance mondiale, n’a pas a se rabaisser à ce point là, et insulter des individus dont personne ne connait l’existence, et sur qui désormais, tous les projecteurs sont soudains braqués..

Certes la Chine doit répliquer quand des mensonges sont proférés, elle doit répliquer quand des sanctions lui sont portées, mais les insultes de cour d’école ne sont pas dignes et à la hauteur du débat. En répondant point par point, fait contre fait, la Chine en sortira grandie.

Que vient faire l’armée française en mer de Chine ?

Histoire d’un double standard

C’est avec une certaine consternation, ou un certain étonnement au choix, que nous apprenons que notre armée, notre marine, en l’occurrence, un sous-marin nucléaire d’attaque l’émeraude, et d’un bâtiment de soutien nommé Seine, ont croisé en Mer de Chine du sud à plus de 10000 kilomètres de nos côtes.

Selon notre ministre de la défense Florence Parly, la France entendait « montrer le drapeau français à l’appui des intérêts de Paris dans la région indo-pacifique » où la France « se considère comme un acteur autonome » afin de présenter une alternative pour les pays qui ne souhaitent pas s’aligner trop étroitement sur la Chine ou les États-Unis.

« Cette patrouille hors normes vient d’achever un passage en mer de Chine méridionale. Une preuve éclatante de la capacité de notre marine nationale à se déployer loin et longtemps en lien avec nos partenaires stratégiques australiens, américains ou japonais », a tweeté notre ministre.

L’idée même, que la France puisse déployer des forces armées avec les américains, japonais, et Australien est à franchement parler inquiétant. Inquiétant que la France, se donne le droit de s’arroger le droit de se considérer comme un acteur dans cette région du monde à haut risque.

La raison donnée est risible : pour enrichir notre connaissance de cette zone et affirmer que le droit international est la seule règle qui vaille, quelle que soit la mer où nous naviguons », a développé la ministre sur Twitter.

Imaginons un instant la réciproque : un sous-marin et un navire militaire chinois patrouillant dans le golfe de Gascogne, près de nos côtes, et la Chine se justifiant par la réplique : « enrichir sa connaissance de cette zone ». Immédiatement, la presse française, tous les médias, seraient sur les dents et on imagine sans peine le scandale qui s’ensuivrait. Que n’entendrait nous pas ? La Chine une menace mondiale pour la paix…La Chine à nos portes ! …bref un double standard.

En fait, c’est tout simple. La France joue les petits soldats en voulant se faire bien voir par l’administration américaine de Joe Biden à peu de frais. En effet, la France n’a aucun intérêt stratégique dans cette région du monde, la mer de Chine, et on peut dire que ce néo-colonialisme sous-jacent, et au mieux, pitoyable au pire une grave faute politique. La mer de Chine est au centre de l’attention des tensions sino américaines et la France n’a strictement rien à y faire.

Les américains, eux ne sont pas dans la même philosophie. L’objectif premier est de rassurer Taiwan, et à moindre mesure Hong Kong, et la Malaisie et les conflit maritime dans la région comme sur les îles Paracels et les iles Spratleys ne sont que broutilles pour l’administration américaine, tout comme pour la Chine d’ailleurs. Il est également essentiel de comprendre que le Japon et la Chine règlent un conflit maritime territorial, mais qu’en sous-main les objectifs pour les deux pays rivaux sont différends. Pour la chine il s’agit de sécuriser sa zone maritime, ses routes commerciales, ses intérêts stratégiques légitimes, en éloignant le Japon de ces zones, mais surtout les Etats Unis. Pour le Japon il s’agit de conserver la face mais surtout d’avertir la Chine de sa force concernant d’autres iles située bien plus au nord, les iles Diaoyu/Senkaku au nord de Taiwan. En effet, préserver ses iles lui permettent de conserver une zone maritime très éloignés de ses côtes et le Japon a déjà montré ses vaisseaux militaires près de ces îles. Pour les américains il s’agit bien sûr en premier lieu de montrer sa supériorité navale et dans un second temps de montrer à Taiwan, ainsi qu’à la Malaisie, qu’ils peuvent compter sur eux en cas d’agression et surtout de contenir la marine chinoise près de ses côtes.

On le voit, cette zone cristallise bien des tensions, et la Chine se doit d’être intraitable avec les américains concernant ces zones. Entre l’empire du milieu et les Etats unis, ne nous y trompons pas il s’agit d’une guerre froide, et les américains, qui possèdent déjà des bases militaires au Japon, en Corée du Sud, qui arment Taiwan, veulent entourer la Chine de toutes parts et l’encercler, pour finalement la contenir. Ce que la Chine de Xi Jinping refuse et combat de toute ses forces désormais.

Alexis Junjie

Petites réflexions sur le racisme banalisé lié au “Made in China”

A product made in China.

Depuis plusieurs jours, on entend sur les ondes et on peut lire dans la presse que le vaccin chinois pourrait être une option pour le gouvernement Français pour combattre le virus. On apprend que Viktor Orban l’autorise en Hongrie, et que la Serbie pourrait faire de même.

Aussitôt, cette info, reprise en boucle d’abord par les journalistes, puis pas par les réseaux sociaux se repend comme une trainée de poudre.

On entend cette fameuse phrase : « Je ne fais pas confiance au vaccin chinois ». Sous-entendu : Je ne fais pas confiance aux chinois. « Pourquoi ? » leur répond on …. Deux réponses arrivent irrémédiablement :

« Parce que on n’a pas d’infos sur ce vaccin ». Même si des millions de gens sont vaccinés en Chine, en Indonésie, en Amérique du sud et en Afrique par le vaccin développé par Sinopharm. On parle ici de plusieurs dizaines de pays, des dizaines de millions de personnes. Mais la condescendance est plus forte. Il s’agit d’Africains, de chinois…ils ne savent pas ce qu’ils s’injectent vous comprenez…

Très bien. Et c’est là, qu’on sort du factuel, pour arriver au lieu commun.

Le vaccin chinois serait à proscrire parce que c’est du « made in china ». Le fameux Made in China, synonyme de produits de basse qualité, à durée de vie ultra courte, ne respectant aucune règlementation…alors même que c’est avec la réglementation européenne que sera validé ou non ce vaccin en Europe.

Mais mon propos n’est pas celui-ci. Mon propos est bien évidemment de parler de cette idée profondément installée dans l’esprit inconscient de nos concitoyens. Cette opinion quasi générale en Europe que la Chine produit des biens de mauvaise qualité. « Elle inonde nos marchés ». « Elle prive nos pays occidentaux d’usines ». « Elle nous prive d’emplois », bref, il faut cesser d’acheter chinois. Voilà, à peu près, les raccourcis stupéfiants que la majorité des français approuvent par ignorance ou par racisme assumé. Peu leur importe finalement qu’acheter « chinois » ne veut rien dire.

Même si d’évidence, acheter chinois ne signifie pas acheter à des entreprises chinoises. Quand le quidam français achète ses belles chaussures, ou des jouets à ses enfants, produits fabriqués en Chine, ce quidam enrichi d’abord ces marques occidentales qui ont délocalisé pour leur unique profitabilité. Profitabilité qui n’a servi qu’à enrichir les actionnaires et les patrons de ces groupes.

Qui est perdant ? l’ouvrier français, qui perd son travail ? L’ouvrier chinois , payé une misère par ses patrons étrangers ? Les deux. Mais la Chine n’avait pas le choix. Il fallait produire, fabriquer pour faire travailler sa formidable masse de travailleurs peu qualifiés. Et apprendre. Apprendre les techniques. Pour plus tard, augmenter les salaires, et produire du plus haut de gamme. Et créer ses propres entreprises. Et parier sur sa propre consommation intérieure. La Chine a parié sur l’avenir. 

Mais revenons en arrière. Petit rappel des faits : La Chine dans les années 80 et 90 se développe très rapidement. Deng Xiaoping, alors président, a un objectif, faire rentrer la Chine dans la compétition internationale. La capacité de production de biens manufacturés augmente de façon exponentielle. Les capitalistes européens et américains ne s’y trompent pas. Produire à bas cout, parfois pour la moitié du prix de revient de fabrication dans leur pays, est une aubaine incroyable pour la rentabilité de ces entreprises frappés par la crise économique. La Chine leur promet un rêve :  Produire pour moitié moins cher, et revendre au même prix qu’auparavant. Les marges explosent. Les revenus de centaines de patrons, d’actionnaires, explosent. On peut ainsi dire que le grand capitalisme, le libéralisme, que l’on peut appeler l’ultra libéralisme est devenu ce qu’il est aujourd’hui grâce aux ouvriers chinois qui travaillaient pour 400 yuans par mois 10 heures par jours, 6 jours par semaine.

Qui est coupable ? L’ouvrier chinois qui travaille pour une misère, ou les entreprises occidentales qui ont choisi de faire produire dans ces usines d’esclaves ? Mais c’est sans doute trop penser pour ces contempteurs de l’empire du milieu.

Depuis une dizaine d’années les salaires augmentent en Chine, et beaucoup d’ouvriers heureusement sont sortis de la misère. La Chine, grâce à son dynamisme économique, va devenir sous peu, ce que les économistes appellent « Un pays développé ». Le Made in China va progressivement disparaitre en ce qui concerne les produits low costs (textile, petit électroménager, jouets, ). De plus dans le même temps les entreprises chinoises ont augmenté l’automatisation, et les robots prennent de plus en plus la place d’ouvriers.

Car désormais la Chine crée ses marques : Tencent, Alibaba, Huawei,Baidu toutes connues et s’exportant dans le monde entier désormais. Mais là non plus cela ne convient pas aux capitalistes occidentaux… Ceux-ci s’offusquent alors que ces entreprises soient contrôlées par le PCC. Ce qui est plus ou moins exact, mais de manière certaines, elles ont des comptes à rendre à l’état chinois. Est-ce cependant un problème ? Aux yeux des capitalistes et des fonds de pensions américains sans doute, mais aux yeux des dirigeants chinois ce n’est pas un souci. Bien au contraire. Pour eux, une entreprise d’état à des comptes à rendre, a des obligations en matière d’emploi, de sécurité nationale. Leur gouvernance doit d’abord être validées par l’Etat chinois. Et alors ? N’est-ce pas ce qu’on demande à une entreprise étatique ?  Les responsables politiques français, de droite comme de gauche semblent s’en rendre compte.

La Chine doit prendre conscience que, le matraquage intellectuel sur le made in china a été tel pendant des années que son image dans les pays occidentaux est amoindrie et fragile. Je ne parle même pas de son image en matière purement politique qui est désastreuse. En en prenant conscience, elle accélèrera la création de ses propres géants sans se préoccuper de ce qu’en pense les européens et américains. Mais ne nous y trompons pas. C’est l’ultralibéralisme économique qui est la principale cause de ces dérèglements. Seule, une fabrication locale, des salaires dignes, une consommation responsable fera changer les choses au niveau mondiale. La Chine ne le pourra pas toute seule.

Alexis Junjie