Category: Culture Chinoise

Chine – URSS – Ouïghours: le FarWest, c’était toute une aventure

Depuis la naissance du premier empire Chinois: Qin, en -221, le premier Empereur de Chine a déjà compris le principal point de faiblesse de son vaste territoire: le territoire à la frontière de l’Asie centrale – le farwest chinois.

Il y dépêcha un contingent militaire pour garder un œil sur les tribus nomades qui y vivaient et devenait puissantes. En l’an 60 avant l’ère commune, sous la dynastie des Han de l’Ouest, ce vaste territoire de 2 Millions de kilomètre carrés, soit plus d’un tiers du territoire terrestre de la France actuelle, passe sous contrôle de l’Empire chinois. Il était contrôlé par une administration dédiée nommée: 西域都护府 ( L’administration de défense de la capitale des régions de l’Ouest ).

Un bon paquet de siècles et de guerres perdues plus tard, la République Populaire de Chine est proclamée. La première tâche ardue à laquelle, la jeune ( pauvre, faible et fragile ) république s’est attelée, est celle de stabiliser ses très longues frontières. Tout se passait relativement bien, sauf pour cette région, à la porte de l’Asie centrale.

Les négociations devait avoir lieu avec Moscou, les maîtres de la région depuis 200 ans. Mais sur fond de crise sino-soviétique dans les années 60, aucun des deux pays socialistes ne veut céder un pouce. Et pour ne rien arranger, cette région aux reliefs géographiques et histoires complexes est très compliquée à “découper”.

Les revendications chinoises sont principalement basées sur le fait qu’elle ait été obligée de signer des traités inégaux suite aux défaites militaires de l’Empire Mandchou face aux puissances coloniales au 19iem siècle. En ce qui concerne le grand Ouest, les traités d’Aigun (1858), de Pékin (1860) et d’Ili (1881) ont été cités et dénoncés par la partie Chinoise comme inégaux. Mais Pékin ne les a pas déclarés nuls et non-avenus. Cela aurait été trop risqué.

Cela dit, la somme des surfaces des territoires que la Chine considère comme “volés” vers la fin de l’Empire des Mandchous par la Russie Tsariste arrive à 1 500 000 km2, soit pratiquement 3 fois la surface de la France.

Des négociations ont eu lieu tout au long des années 60 malgré des incidents frontalier sino-soviétiques ayant causé des pertes humaines des deux cotés.

Elles ont été interrompues d’abord par la destitution de Khrouchtchev le 15 Octobre 1964, puis la révolution culturelle coté chinois a définitivement mis à l’arrêt toute négociation à ce sujet.

C’est seulement en 1988 que les deux pays arrivent enfin à avancer de manière concrète à ce sujet. Un groupe de cartographes comprenant des spécialistes des deux pays a fait des relevées afin de faciliter les négociations.

Au printemps 1989, lors de la visite historique de Gorbachev à Pékin, en plein mouvement des étudiants en Chine, Deng XiaoPing et Gorbachev sont tombés d’accord pour finir ce que les deux pays avaient commencé 30 ans plutôt.

Un certain nombre d’accords ont été signés jusqu’à ce que la Chine tombe sur un nouvel obstacle de taille: l’éclatement de l’URSS.

L’avantage de l’URSS est qu’il n’y en avait qu’un pays avec qui parler. Et il était aisé de parvenir à un compromis si la Chine cède sur les contentieux territoriaux vers le fleuve amour à l’Est, elle aurait pu avancer sur l’Asie centrale avec plus de facilité. Mais avec la disparition de l’URSS, les chinois devront négocier avec le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan sans oublier la Fédération de la Russie. Aucune des nouvelles républiques de l’Asie centrale ne voudra céder du territoire aux Chinois. Et la Chine perd toute marge de manœuvre pour des compromis à l’Est. La partie se complique.

La Chine va devoir faire des sacrifices mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire.

En effet, les négociations avec les kazakhs ont rapidement abouti… à l’absence quasi-totale de revendication chinoise ! Mais pourquoi?

En effet, le président kazakh avait fait des promesses à la Chine concernant les mouvements ouïghours à partir de 1992, plus précisément en 1993 et une nouvelle fois en avril 1994 et qu’en outre, dès 1993, le Kazakhstan offre des garanties à Pékin concernant sa sécurité en général en promettant de ne participer à aucune alliance politique ou militaire tournée contre la Chine et en s’engageant à ne pas autoriser que son territoire serve de base à d’éventuelles activités menées par une puissance tierce contre la sécurité ou la souveraineté de la Chine.

Quant au Tadjikistan, l’accord est signé Le 17 mai 2002. Pékin renonce à 95% des zones initialement revendiquées 40 ans auparavant ! Des renoncements similaires ont été observés avec le Tadjikistan.

En effet, le Tadjikistan est voisin de l’Afghanistan. Et la situation y est bouleversée notamment après le 11 septembre 2001

REUTERS/Courtesy of NBC Reuter original / HO ( NEW YORK / United States of America )

L’arrivée de l’OTAN dans la zone a du mettre la pression sur pékin pour qu’il évite à tout prix, toute source de contentieux avec les autres voisins de l’Asie centrale, afin que celle-ci ( source de contentieux ) ne soit pas instrumentalisée par une puissance étrangère.

Avec cette série d’accords signés début 2000, beaucoup de chinois reprochent au président chinois Jiang ZeMin d’avoir “cédé” d’immenses territoires par peur. Je pense que ces reproches n’ont pas lieu d’être: Les raisons d’état n’ont parfois pas besoin d’explications.

Génocide et crime contre l’humanité – sous couverture américaine

Parmi les crimes contre l’humanité commis par l’armée impériale japonaise en Chine, un chapitre sombre a été caché depuis toujours, et reste méconnu aujourd’hui: le test sur l’humain et le déploiement des armes bactériologiques sur la population civiles en Chine par l’unité 731.

Dysenterie, choléra, la peste noire et la maladie du charbon ( tiens tiens …), tout a été testé sur les civils chinois et quelques prisonniers de guerres soviétiques. Et la vivisection a été pratiquée sur les civils chinois sans anesthésie. Des dizaines millions de mouches et de puces infestées de maladies contagieuse ont été larguées sur la population civile en Chine provoquant des épidémies.

Le général Ishii et sa famille à Tokyo

Ces crimes ont été commis sous la direction du général Shiro Ishii. A la fin de la guerre, les états-unis étaient particulièrement intéressés par les résultats des “recherches” d’Ishii. MacArthur a alors accepté l’immunité totale de tous les membre de l’unité 731 capturés par les USA.

Une équipe de scientifiques du Fort Detrick( un nom familier n’est ce pas? ) a été envoyée pour examiner les résultats des horreurs des savants fous japonais. Mais à part les détails sordides des prisonniers qui meurent sous la vivisection ou autre expériences diaboliques, il y a très peu de science. Mais, cela n’empêche pas Ishii d’aller faire une conférence sur l’arme biologique au laboratoire militaire de Fort Detrick.

Si vous avez l’estomac bien accroché, je vous conseille un livre écrit dans un anglais facile à lire: Factories of Death: Japanese Biological Warfare, 1932-45 and the American Cover-Up

Sous l’oeuil bienveillant de la plus grande démocratie au monde, le général Ishii, meurt d’un cancer de la gorge sur son sol natal, en 1959.En 1989, une énorme quantité d’ossement humain a été découverte sur le site de la faculté de médecine militaire à Tokyo. L’origine de ces ossements humains reste inconnue à ce jour.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Shir%C5%8D_Ishii

Arts Martiaux Chinois Traditionnels:3 questions et leur réponse (1)

Question : Mais pourquoi traditionnel ? Y a t-il quelque chose de moderne ?
Réponse : Oui. En 1912, envahie de toute part depuis 100 ans, la Chine était découpée en morceaux, faible et pauvre. Le père de la Chine moderne Sun Yat-sen (SunZhongShan), a décidé de moderniser les arts martiaux chinois en introduisant les normes et règles occidentales. Les arts martiaux chinois deviennent alors une discipline sportive que tout chinois patriotique devait pratiquer. Cette volonté a été reprise par la Chine sous l’ère du président Mao. C’est dans les années 50 que sont nés les premières formes de box de WuShu moderne que l’on voit pratiquées partout dans le monde. Les aspects combatifs cèdent la place au trio :高难美(Haut, difficile, beau). Bref, il ne reste plus que le démonstratif. Les armes sont légères et brillantes, les gymnastes sont des sportifs de très haut niveau.

Question : Mais alors, c’est donc pour ça que les arts martiaux chinois ressemble à une danse ?
Réponse : Pire, la danse martiale était une forme de pratique martiale obligatoire durant la période de l’automne et printemps il y a 2600 ans. À Cette époque, les peuples des royaumes qui se partageaient le futur territoire de l’Empire du milieu étaient constamment en guerre. Pour maintenir la cohésion du peuple du royaume ; entretenir leur bonne santé à un haut degré de sportivité, la danse martiale était pratiquée. Cela permet aussi de se souvenir des techniques de guerre de base. Il est tout à fait intéressant de noter que le caractère 武 se prononce exactement de la même façon et avec le même ton que 舞 (danse) en chinois. Ainsi, lorsqu’on dit : 武剑,qui signifie manier l’épée, cela peut-être interprété comme 舞剑, qui signifie danser avec une épée. Tout dépend des circonstances, du contexte, et de l’individu (un lettré ou un général). C’est plein de subtilité.

Question : Bon ben, pas étonnant que des vidéos circulent sur youtube montrant des maîtres
d’arts martiaux chinois se faisant casser la gueule par les pratiquants de MMA.
Réponse : En Chine, les arts martiaux étaient et sont encore aujourd’hui un réservoir d’emploi comme un autre depuis 3000 ans. Et comme dans tous les métiers, il y a des gens sérieux et des charlatans. Nous vivons une époque où le paraître suffit à faire gagner de l’argent. Les arts martiaux chinois n’échappent à la règle.

Les Valeurs du Confucianisme 3/3 : l’avenir du Confucianisme?

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En 1988 ; lors de la conférence des prix Nobel ; qui réunissait à Paris pendant 4 jours plus de 70 personnes ayant reçu le prix Nobel, avait pour thème la réflexion face au 21e siècle.

Une des conclusions était que

si l’humanité doit survivre au 21e siècle, elle doit remonter 25 siècles pour s’inspirer de la sagesse de Confucius.

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Aujourd’hui, comment se comporter dans une société post-moderne où le consumérisme tout puissant fait des hommes des machines à consommer; où l’internet tout en nous connectant, nous déconnecte également des relations humaines; où l’individualisme font de nous des îlots au sein d’une masse de personnes indifférentes;  où les médias de masse sans scrupules manipulent notre liberté d’opinion?

Étudier la sagesse de Confucius c’est aussi:

  • Apprendre à rester Humain via le REN,
  • Devenir Libre via le ZHI,
  • S’opposer à l’Injustice via le YI
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Les Valeurs du Confucianisme 2/3 : Les cinq Vertus Confucéennes

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Ci-dessus : les 5 vertus, de gauche vers la droite: Ren- (la vertu d’humanité, bienveillance sociale); Yi-義 (justice, probité, équité); Li-礼 (rites, convenance); Zhi- (sagesse, connaissance) ;  Xin- (sincérité, fiabilité).

Confucius peut être considéré comme un pionnier de l’humanisme à une époque où la vie humaine avait peu de valeur (par exemple, l’esclavage était courant dans de nombreux pays). Il souhaite sublimer la nature de l’Homme en remettant au cœur de la vie la morale et l’éthique.

Il place le Ren-仁, qu’on pourrait traduire par la vertu d’humanité, la bienveillance, la réciprocité, ou la compassion au centre de sa réflexion philosophique. Nous n’avons pas de terme équivalente dans la langue française avec la même porté et la même élasticité sémantique.

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Avec le Ren on trouve le Li-礼; qu’on pourrait traduire par Rites, savoir-vivre, ou encore convenance ; c’est une expression concrète et codifiée du Ren. Le Ren s’exprime à travers le Li, et le Li est le support du Ren. Le Li confucéen n’est pas juste un ensemble de rites placés les uns à côté des autres ; il émane d’une idée directrice visant à l’harmonie social et relationnel par l’apprentissage.

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Au Ren et au Li on ajoute :

Le Zhi-智 qui peut se traduire par Sagesse ou discernement. Cette vertu permet de développer la qualité d’analyse et de compréhension de l’ordre naturel des évènements. Celui qui est sage prend les bonnes décisions en accord avec les standards moraux Confucéens.

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Mais aussi le Yi-義 qui se rapproche de la Justice ou encore de la probité. Cette valeur s’exprime dans un comportement approprié selon le contexte. Le Yi est le fait d’agir avec noblesse et conformément selon nos valeurs morales et avec abnégation. Ce principe est en partie lié au Li, ce dernier permettant d’apprendre le Yi et de l’intégrer à notre personnalité.

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Enfin, le Xin-信, souvent associé à la Sincérité, peut être perçu comme l’unification de la parole avec les actes. Autrement dit, faire ce que l’on a promis et être fiable dans ses relations avec les autres. Celui qui pratique le Xin est digne de confiance.

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Suite : Quel avenir pour le Confucianisme ?

Les Valeurs du Confucianisme 1/3

« Quand vous rencontrez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez vos propres manquements. »

– Entretiens de Confucius, 4:17

Le système moral Confucéen

Le confucianisme est une sagesse et philosophie de l’antiquité chinoise qui tire son nom du fondateur : Confucius ; dérivé latinisé du chinois Kong Fuzi, qui signifie Maître Kong.

L’enseignement délivré par le Maître est très étendu mais que l’on peut regrouper en trois grands domaines qui sont :

  1. le perfectionnement du soi (aspect spirituel et éthique)
  2. les rapports entre les humains pour atteindre l’harmonie (aspect social)
  3. la bonne gouvernance (aspect politique)
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Ces trois domaines représentent des niveaux qui doivent atteindre un idéal : l’harmonie et la paix. Cette harmonisation se fait avec soi-même (premier domaine), entre les individus d’une société (deuxième domaine) et entre le gouvernement et le peuple (troisième domaine).

Le perfectionnement de soi (1.) permet de forger des hommes de qualités, qui vont influencer les gens autour d’eux, et permettent de développer une harmonie sociale. Cela débute par la concordance à l’intérieur de la famille entre père et fils, mari et femme, frère et sœurs.

Au niveau social (2.) les valeurs Confucéennes permettent d’interagir avec respect mutuel et de faciliter la communication ainsi que la coopération entre individus.

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Au niveau du gouvernement (3.) enfin, le prince vertueux, qui, conseillé par des sages agit pour le bien-être général du peuple.

Pour réussir à atteindre l’idéal Confucéen d’harmonie et de paix, chaque individu doit être conscient de ses responsabilités envers les autres. Pour cela, chacun doit cultiver les vertus Confucéennes.

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Une première définition des vertus Confucéennes a été proposée par Mencius, un des grands héritiers de Confucius. Puis, elles ont été définies au nombre de Cinq dans leurs formes définitives par Dong Zhongshu, un sage Confucéen de la période des Han (-174 av. JC – -109 av. JC).

suite : les cinq Vertus Confucéennes

Le Contexte Historique du Confucianisme

L’histoire de la Chine fut longue de 5000 ans, autour de 2700-2600 avant JC, deux Chefs de tribu s’opposent pour le leadership de la Terre du Milieu de la Chine, l’un est Xuan-Yuan, appelé plus tard Huangdi 黄帝, soit l’empereur Jaune, et l’autre est Yandi 炎帝, L’empereur des Flammes.

Huangdi 黄帝, l’empereur Jaune, et Yandi 炎帝, L’empereur des Flammes

Sous la menace des Neuf tribus LI 九黎 emmenées par un chef charismatique Chiyou 蚩尤 ; les deux clans rivaux unirent leurs forces. Ils battirent Chiyou à la grande bataille de Zhulu涿鹿.  Des suites de cette bataille et de l’union des deux clans naîtra le peuple YanHuang 炎黄 qui deviendra plus tard le peuple chinois.

Après le règne des empereurs mythiques tels que Yao尧, Shun舜, Yu禹. La 1ere Dynastie, celle des Xia fut fondée au 21e siècle avant JC, elle durera 500 ans.

La 2e dynastie est celle des Shan-Yin, cette dernière a la Faveur du Ciel 天命 pendant près de 600 ans, avant d’être remplacée par les Zhou au 11e siècle avant JC.

Dynastie Zhou de l’Ouest -1046 à -771 

Jifa ; le premier roi des Zhou mourut 3 ans après la conquête,  laissant un fils en bas âge. Le pays est en proie aux troubles, c’est alors que ZhouGong 周公, le patriarche des Zhou ; frère cadet du roi décédé, Régent du royaume, intervient pour pacifier le pays, éduquer le peuple, et mettre en place un système de Rites et de musique 礼乐.

周公 ZHOUGONG

En 3 ans, la paix fut rétablie, après 7 ans de régence ; ZhouGong retourna dans son fief , la principauté de Lu, et rendit le pouvoir à son neveu.

Le nouveau Roi Chenwang 周成王 régna environ 40 ans, il continue la politique de son père et de son oncle, par l’investiture de seigneur féodaux aux quatre coins du royaume, ainsi 71 principautés furent créées, parmi lesquelles LU, QI, SONG, WEI, CHU, CAI, JIN et bien d’autres.

Des siècles passèrent, en -771 sous la règne d’un roi stupide, la capitale fut prise et incendiée par des barbares. Le prince héritier dût déplacer la capitale à l’Est, c’est le début de la période dite des Zhou de l’Est.

Dynastie Zhou de l’Est ou Zhou Oriental  (-771 à -256) 

Le nouveau roi régna pendant 50 ans, mais ni lui ni sa descendance n’arrivèrent à redresser la Maison Royale. Le domaine royal, le pouvoir militaire, ainsi que le pouvoir politique du Roi vont en diminuant.

A la fin, les différentes principautés vont se comporter comme des états indépendants, le Roi de Zhou ne conservant plus qu’un titre symbolique.

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Guerres féodales aux “Printemps et Automnes”

En absence d’un pouvoir central fort, les princes féodaux vont se donner à cœur joie pour se guerroyer les uns contre les autres, pour accaparer des territoires, pour augmenter leur influence, pour des querelles futiles.

Cette période dite des Printemps et Automnes 春秋 est dû au nom du Annales historiques des Printemps et Automnes couvrant la période -771 à – 481; compilées par Confucius et ses élèves quelques années avant sa mort.

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La Chine au 5e siècle avant JC

En tant qu’intellectuel de son temps, face au morcellement du royaume et aux conflits incessants entre les divers princes, en prenant l’exemple sur ZhouGong, le patriarche qui a sauvé la monarchie des premiers Zhou, en s’inspirant de la sagesse des rois mythiques, en tenant compte des besoins de la population, à travers les réflexions menées durant ses années d’exil; Confucius va inventer une nouvelle philosophie politique, un nouveau rapport social, une nouvelle vision du l’humain. C’est le début de l’humanisme chinois, le Confucianisme.

Le Taoïsme, la Chine, et le monde qui l’entoure

Le Taoïsme est sans doute la vraie religion ou tout du moins la vraie philosophie vraiment chinoise avec le confucianisme.

En effet, Le bouddhisme bien que très présent en Chine, est une pensée importée d’Inde.

Très peu d’occidentaux connaissent le Taoïsme, et il est vrai que cette philosophie ne se laisse pas approcher facilement. Je pense qu’il est nécessaire à ce stade de différencier le Taoïsme comme système de pensée, et le Taoïsme pratiqué en tant que religion par des moines.  Nous n’allons pas faire l’histoire du Taoïsme ici, ni l’expliquer en détail, c’est une pensée complexe et dense et nous publieront sur ce site des articles qui traiteront plus spécifiquement du Tao.

Mais est-ce que le Taoïsme influence les chinois dans leur vie de tous les jours, mais aussi leurs décisions au jour le jour ? Et est-ce que le Tao influence au plus haut niveau de l’état les décisions des responsables du pays ?

Le Taoïsme est souvent méconnu en occident, du fait de son éloignement en premier lieu, et du fait de sa complexité. Le Dao De Jing, « la voie et la vertu » ouvrage pilier de cette philosophie, écrit par Lao Tseu (Laozi)quatre siècles avant notre ère, est un ouvrage dense, particulièrement étranger à nos formes de pensées. De plus il est difficilement traduisible car ses 5500 caractères peuvent paraitre hermétiques à notre culture. Le Taoïsme n’est pas non plus une philosophie au sens où nous l’entendons. C’est une vision holistique du monde.

Un concept central du Taoïsme est l’harmonie. L’harmonie de l’Homme avec la nature, avec « la voie ». L’harmonie du cœur et de l’esprit avec l’état naturel des choses. Pour les chinois, ce concept est central, plus ou moins de façon consciente ; L’harmonie dans les relations sociales est importante. Chaque parole ou acte a des conséquences, et il faut veiller à ne pas rompre l’harmonie avec des paroles blessantes ou inutiles.

En politique, alors qu’en occident notre histoire chrétienne nous impose souvent un concept binaire, dualiste, le bien et le mal, le bon et le mauvais, le juste et le faux. L’occident apporte sa morale, alors qu’en Chine ce qui importe est l’idée que tout le monde en sorte gagnant, que la décision qui sera prise apportera l’harmonie ou en tout cas une certaine paix et que chaque partie en trouve avantage. C’est pour cela que pour la Chine, les négociations qu’elles soient politiques ou commerciales sont souvent une affaire gagnant-gagnant ou personne ne doit perdre la face.

Un autre concept important est le « Wu Wei », que l’on peut traduire par « non agir ». Cette idée est souvent mal comprise en occident. Le non agir n’est pas le tout permis, ou tout est autorisé, ou pire, être passif, et ne pas réagir. Le Wu Wei est simplement le « laisser faire », et ne pas aller contre les évènements qui nous arrivent, et se laisser porter par le flux, le courant profond des choses.

« L’homme d’une vertu supérieure est comme l’eau. L’eau excelle à faire du bien aux êtres et ne lutte point »

Nul ne doit agir sur sa propre existence, (chacun doit donc se fier au flux de la nature, le Qi) ni sur l’existence des autres. C’est pourquoi la Chine répugne à s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays.

« Avec la droiture on gouverne le royaume, avec la ruse on fait la guerre, avec le non agir on devient le maitre de l’empire (…).

Plus le roi multiplie les prohibitions et les défenses, et plus le peuple s’appauvrit,

Plus le peuple a d’instruments de lucre, plus le royaume se trouble,

Plus les lois se manifestent, plus les voleurs s’accroissent. C’est pourquoi le Saint dit : Je pratique le non agir, et le peuple se convertit de lui-même.

J’aime la quiétude, et le peuple se rectifie de lui-même.

Je m’abstiens de toute occupation et le peuple s’enrichit de lui-même.

 Je me dégage de tous désir, et le peuple revient de lui-même à la simplicité »


Quand on compare les politiques en Europe et en Chine, on est frappé par cet état de fait. En occident, en Europe, et aux Etats unis, les élections sont permanentes, des changements de politiques sont fréquents. Les changements de bords se succèdent, et il n’y a presque pas de vision à long terme. Et quasiment aucune à très long terme. Aux Etats Unis, les changements de présidents tous les quatre ans installent une instabilité permanente. Au bout de deux ans les présidents ne se préoccupent que de leur réélection, et les décisions qui portent sur le long terme n’existent pas, exception faite depuis peu, des accords sur le climat, comme l’accord climatique de Paris.  Le PCC, malgré ses défauts, (qui d’ailleurs peuvent être contraires à la philosophie taoïste : comme le centralisme à l’excès, la verticalité du pouvoir : vision confucéenne, la détention de tous les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif) a un avantage de luxe : le temps. La vision politique à long terme. En analysant ce long terme, les courants profonds de nos sociétés, les mouvements tectoniques qui régiront la planète dans le siècle qui vient, la Chine possède un temps d’avance car elle prend des décisions qui prendront effet sur 10 ou 15 ou 20 ans. 

Certes la société chinoise est influencée plus surement à l’heure actuelle par le confucianisme, dans la vie politique et en entreprise. Par le bouddhisme dans la sphère traditionnelle familiale, mais le Tao agit également de manière plus sous-jacente pour ceux qui l’ont maitrisé, assimilé. Le Tao influe la Chine dans toutes ses couches, toute ses strates. C’est pour nous, une prodigieuse source d’apprentissage de la vie, et une philosophie du détachement. Le Zen, ou Chan, s’en est inspiré énormément dans sa vision quiétiste.

Nos dirigeants, gagneraient à mieux connaitre le Tao, ne serait-ce que pour mieux appréhender ce monde futur qui nous attend.

La ligne de Maginot japonaise: 1934 – 1945

Je voudrais, et ce en respect des héros tombés aux champs d’honneur, mentionner un fait historique méconnu du grand publique en Europe: la construction de la ligne de défense dans la région de Mandchourie.

Photo à l’intérieur d’une structure fortifiée

Dès la création de l’Empire fantoche de Mandchourie avec comme otage, le dernier Empereur de Chine: PuYi, le Japon redoutait et à juste titre, une invasion massive des soviétiques par le grand nord. Ils ont opté pour la construction d’une ligne de défense terrestre , à l’image de la ligne de Maginot, dès 1934. La construction fut achevée en 1945, peu avant le reddition sans condition du Japon. L’envergure de cette ligne de Maginot de l’Est est tout à fait inédite. En effet, cette ligne longue de 3800Km, large de 110Km, dépasse et de très loin, la ligne de Maginot tant en envergure, complexité, que sur le plan technique. Mais ironiquement, pas sur le coût de construction. En effet, les matériaux et surtout la main d’œuvre étaient chinois. Cela n’a pas coûté grand chose au Japon. Au total, 3.2 millions de prisonniers et civils chinois ont participé à sa construction. Mais, la bagne de la mort serait plus le terme plus approprié. En effet, les prisonniers chinois étaient mal traité et mal nourris. Les cadavres jonchaient sur tout le long des 3800Km de chantier.

Ouvrier chinois qui participent à la construction

Au total, on estime le nombre de décès durant la décennie de la construction à plus d’un million. Il était primordial que cette immense construction de la mort soit tenue dans le secret le plus absolu. Ce sont des villages entiers qui, du jour au lendemain, sont vidés de la totalité de leurs villageois pour empêcher toute fuite d’information.

Après que la construction soit achevée, beaucoup de prisonniers furent tués notamment sur les sites sensibles.

Les derniers irrésistibles de l’armée japonaise qui sont restés dans la ligne de défense se sont rendus à l’armée rouge que le 30 août 1945, alors que la reddition avait été déjà prononcée par l’Empereur du Japon des jours auparavant.

mémorial à l’endroit où la seconde guerre mondiale prend fin en Chine

Les secrets de cette ligne de défense, construite sur les cadavres des prisonniers chinois, était tellement bien gardés que des portions entières sont encore introuvables aujourd’hui en 2021, puisque tous ceux qui ont participé à leur constructions furent assassinés.

Finalement, la véritable date de la fin de la seconde guerre mondiale est bien le 30 Août 1945, et elle a eu lieu en Chine.

Le Zen, le Chan

Le Bouddhisme Zen, Chan en chinois, est pour moi la parfaite synthèse de ce que le Bouddha a enseigné il y a bien longtemps. Dans le Chan il n’ y a pas de fioritures. Pas de moulin à prières, pas de superstition. Rien que l’Homme, en posture du lotus, son Zafu et lui même. Ecouter son corps, ses sensations. Affronter la douleur, son inconfort mais l’accepter. Etre parfaitement dans le moment présent. Le Zen c’est là. Ici. Maintenant. Le Zen c’est aussi la présence attentive. L’attention au moment. Apprécier l’eau délicieuse qui vous lave, sentir l’eau qui glisse sur votre peau, c’est apprendre à apprécier la nourriture que l’on mange, déguster chaque bouchée. Etre en osmose avec le cosmos. Car nous sommes, aussi le cosmos. Sentir le vent, sentir la pluie, aimer tout cela. Le Zen c’est aussi penser à la mort. Méditer sur elle. Car elle peut survenir à chaque moment , à chaque seconde. Méditer sur l’impermanence des choses et notre propre vanité à vouloir exister encore et toujours.