Category: Géopolitique

Taïwan: Aucun plan ne résiste au premier contact de l’ennemi

La guerre continue à faire rage en Ukraine, mais il est évident que les quelques cannons césars Français que l’Allemagne a donnés aux Ukrainiens ne changeront pas l’issue du conflit.

Tandis que l’Europe se demande de quel gaz elle va bien pouvoir se chauffer pour l’hiver 2022, à tel point que des centrales au charbon seront remise en service, Biden a aussi une patate chaude dans la main: l’inflation.

A l’approche des élections à mi-mandat, il doit impérativement s’en débarrasser, mais comment? Relever les taux? Faire chuter l’or sur lequel le Rouble est indexé?

Embargo sur l’or russe… mais quel en est le véritable but ?

C’est très compliqué. L’or reste stable, ce qui n’aide pas à rétablir la confiance face au dollar.

L’heure est choisie pour la Chine de réaffirmer sa ligne rouge absolue: Taïwan.

La Chine possédait 2 porte-avions.

Le LiaoNing, anciennement Varyag, acheté aux enchères en Ukraine. Rongé par la rouille, les états-unis ont fait pression aux ukrainiens pour en démonter tout ce qui ne nuit pas à sa flottabilité. Même les lits ont été déboulonnés. Il a mis 2 ans pour faire un trajet de 2 mois jusqu’en Chine…

Le ShanDong, le premier porte-avion de fabrication chinoise.

D’après la règle de nommage des porte-avion, le suivant devrait être baptisé JiangSu, la province côtière juste au sud de ShangDong, pour suivre l’itinéraire du nord au sud. Le territoire entre LiaoNing et Shandong n’est pas une province, mais un district spécial entourant la capitale.

Mais la marine en a décidé autrement. Le 3ièm porte-avion chinois, de fabrication totalement domicile, est baptisé FuJian. C’est un signal très fort envoyé aux indépendantistes de l’ile et surtout à Washinton. En effet, FuJian est juste en face de Taïwan.

Puis, elle démontre sa capacité en matière des techniques anti-missile balistique.

http://www.mod.gov.cn/topnews/2022-06/19/content_4913397.htm

Le site officiel du ministère chinois de la défense annonce, sobrement, la réussite du teste anti-missile balistique à capacité d’interception à mi-course.

En effet, la technique la plus sûre d’intercepter un missile balistique est l’interception durant le vol balistique exo-atmosphérique.

Cela reste extrêmement difficile car les missiles balistiques récents peuvent atteindre mach 15, voire 20 durant le vol exo-atmosphérique. Ils sont petits et souvent dotés de technologie furtive. Les détecter et les détruire au vol est un exploit en soi. Réussir cet exploit chaque fois qu’on le tente est simplement prodigieux. La Chine a réussi à le faire 6 fois.

Ce teste est un avertissement sévère adressé à Taiwan, suite à la déclaration de l’homme politique Yu Shyi-kun sur de possibles frappes par missile balistiques longue portée sur Pékin, si la Chine procède à la réunification par la force.

https://news.ltn.com.tw/news/politics/breakingnews/3957585

Je voudrais ouvrir une petite parenthèse historique à ce sujet. Saviez-vous à la veille de la proclamation de la République Populaire de Chine en 1949, Tchang Kaï-chek, le chef du gouvernement nationaliste réfugié à Taiwan, voulait frapper Pékin avec des bombardiers stratégiques B24 ? Il a finalement annulé la mission en ce jour du premier Octobre 1949… ça n’a tenu qu’à un fil.

Tchang Kaï-chek

Mais pour quelle raison? Il aurait pu éliminer la plupart des hauts responsables communistes. Mais seulement voilà, cela aurait fait de lui un criminel pire que les envahisseurs étrangers qui ont saccagé Pékin en 1900, mais qui n’ont néanmoins pas détruit la cité interdite. La mission ne pouvait pas réussir sans détruire ce trésor de l’humanité.

Mais alors, Pékin a-t il les moyens de réunifier Taïwan par la force et rapidement?

Selon mes observations, c’est non.

En tout cas, pas avant 20 ans. Malgré ce 3iem porte-avion avec ses catapultes électromagnétiques et ses canons à haute vélocité ( 12000 coups par minutes) équipé de radars passifs, la Chine manque d’expérience opérationnelle.

Il n’y a aucun haut gradé dans l’APL ayant connu l’épreuve du feu. Et ça, c’est un problème pour une armée censée faire face à la première puissance militaire mondiale.

Sans expériences opérationnelles, le 3ièm ou même le 4ièm porte-avion sans doute nucléaire, ne sont que des cibles destinées à être coulées par le fond par la US NAVY.

Les exercices de l’APL qui consistent à prendre des îles rapidement sont plus destinés à envoyer des signaux à Taiwan. Pékin a sans doute des plan d’attaque dans son tiroir.

Mais le célèbre Generalfeldmarschall prussien Helmuth Karl Bernhard von Moltke disait:

Aucun plan ne résiste au premier contact de l’ennemi

Bernhard von Moltke

Mais alors que dit le célèbre stratège chinois SunZi?

兵无常法,水无常形。

孙子

L’eau n’a pas de forme définie, l’art de guerre n’a pas de règle prévisible.

Si les états-unis ont des plans pleins les tiroirs, le meilleur plan de la Chine pour Taiwan est celui qui consiste à ne pas en avoir…

Répétition en Ukraine, pratique à Taïwan

Taïwan, la nouvelle poudrière prête à exploser.

https://www.reuters.com/world/china-slams-us-changing-taiwan-wording-state-department-website-2022-05-10/

Mais d’abord un petit résumé de l’actualité.

Plus de 2 mois après le début de l’invasion Russe en Ukraine, nous pouvons désormais tirer quelques conclusions des tactiques des 2 camps.

Coté Russe, la tactique du début fut un désastre. L’armée russe était surprise par les forces ukrainiennes entraînées, armées, renseignées et réformées depuis des années par l’OTAN. A cela s’ajoute l’hécatombe des hauts gradés, probablement du à des fuites au sein des services russes, la Russie n’a pas pu accomplir tous ses objectifs initiaux.

A leur décharge, la règle d’engagement du début était de préserver au maximum les populations russophones pour la plupart, les soldats marchaient sur le œufs. Ce qui a causé beaucoup de pertes.

L’OTAN a éprouvé sur le terrain une tactique qui fait mal. La guerre par procuration. Brûler du cache pour faire couler le sang de quelqu’un d’autre est un business rentable. Cela permet d’écouler le stock d’armement afin de le renouveler plus facilement. L’armement de l’OTAN et surtout les renseignements constituent un atout majeur. La pluie de missiles russes au début des opérations n’a pas servi à grand chose, le renseignement OTAN avait déjà dissimulé une partie des forces aériennes. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la Russie n’a toujours pas le contrôle total des airs.

L’OTAN a atteint son objectif. Celui qui consiste à tester sa tactique grandeur nature. Une tactique qu’il emploie avec Taïwan depuis des décennies.

Taïwan reçoit du matériel et formation militaire américains depuis très long temps. Le personnel est déjà familier avec le matériel US, y compris les chasseurs.

La doctrine chinoise était la saturation de la défense de l’Île par des milliers de missiles, afin de neutraliser les capacités de défense aériennes. Puis, prendre l’île rapidement avec un débarquement massif protégé par l’aviation, avant que les porte-avions de la NAVI se pointent à l’horizon. Tout est dans la vitesse de l’exécution.

Mais l’échec du blitzkrieg russe en Ukraine pose un gros problème aux chinois. La tactique chinoise ne fonctionnera pas.

Un témoin français, ancien militaire, atteste la pratique des unités Azov, qui cachent les matériels militaires dans les édifices civils. Ce qui pose problème aux russes, et ce sera encore pire pour la Chine.

En effet, si russes et ukrainiens sont liés par leur culture, il n’y a pas plus ressemblant à un chinois qu’un taïwanais. Aller infliger une opération meurtrière à Taïwan est purement suicidaire pour la Chine. Ce sera comme diriger un éléphant dans une boutique de porcelaine.

Il est aussi intéressant de constater le changement de doctrine militaire taïwanaise dès 2020.

L’exercice militaire taïwanais de cette année met l’accent sur la préservation des forces vives après une première vague d’attaque massive de “l’ennemi”. Et les taïwanais ne manquent vraiment pas d’imagination pour dissimuler les chars et BMPT parmi les édifices civils.

Distinguer le vrai du faux par satellite ce genre de déguisement est très compliqué.

Cela signifie que la pluie de missiles chinois ne permettra pas la neutralisation des forces vives “ennemies”. Ce que les chinois prenaient pour de la rigolade lorsqu’ils ont vu ces techniques de dissimulation en 2020, sonne comme un avertissement sévère au vu des résultats sur le terrain ukrainien.

La Chine ne pourra jamais se permettre la stratégie de la terre brûlée à Taïwan, comme l’a fait l’OTAN en Serbie en 1998. Si l’armée chinoise ne peut pas mettre à terre la défense de l’île en 48 heures, elle devra faire face aux porte-avion de la US NAVI. Et là, ça va se compliquer.

Si l’OTAN veut rentabiliser le résultat de ses “tests” en Ukraine, il lui faudra agir vite avant que la Chine trouve de nouvelles tactiques.

Et bien sur, les États-Unis n’ont pas attendu.

Après la visite des 6 sénateurs à Taïwan au mois d’Avril, une petite modification subtile du site web du département d’état américain constitue un premier pas vers une probable escalade de tension Sino-américaine.

La phrase où les États-Unis reconnaissent Taïwan comme partie intégrante de la République Populaire de Chine a disparu. Un équilibre fragile, un statu-quo depuis 1979 vient d’être rompu de façon unilatérale.

Biden n’a pas non plus renoncé à faire entrer Taïwan dans les institutions comme l’OMS.

https://taiwaninfo.nat.gov.tw/news.php?unit=183&post=218938&unitname=Photo-du-jour&postname=Soutien-des-Etats-Unis-%C3%A0-la-participation-de-Taiwan-%C3%A0-l%E2%80%99OMS

La visite de Biden en Corée du sud et au Japon est pour envoyer un signal fort à Pékin. Les États-Unis ont désormais un plan.

Une guerre asymétrique qui permettra de traîner une puissance militaire supérieure dans un bourbier meurtrier, avec l’aide de l’OTAN et des pays voisins de la Chine.

Ce sera, probablement, sans les Philippines. Le retour de la puissante famille Marcos aux commandes du pays se fait dans la continuité de la politique de Duterte.

Marcos Jr, fils du président du même nom qui avait régné aux Philippines pendant 21 ans, a fait toute sa scolarité en Occident et souhaite régler les différents avec la Chine au tour d’une table de négociation. Ce qui n’est pas du goût des États-Unis. A peine élu, le nouveau président est déjà dénigré par les médias mainstream:

https://edition.cnn.com/2022/05/11/asia/marcos-philippines-president-explainer-intl-hnk/index.html

En conclusion, la situation en Asie est devenue très complexe. La guerre en Ukraine est comme une répétition pour l’OTAN qui a peaufiné sa tactique militaire afin de préparer une confrontation contre une Chine ne peut plus bénéficier d’un soutient total et efficace de la Russie. Les semaines et les mois à venir seront riches en événements d’importance capitale dans la zone indo-pacifique.

Ukraine: and the winners are…

-Nous avons réussi, Conrad, nous avons réussi !

-Alors, je m’étais trompé, nous gagnons la guerre?

-Non

-Comment, nous avons perdu?

-Non

-Je ne vous suis pas bien, si nous n’avons ni gagné ni perdu mon colonel, qu’est ce qui va se passer ?

-La meilleure chose qui puisse nous arriver, la guerre va continuer !

-Pendant combien de temps?

-Indéfiniment !

( voir la fin de l’article )

Nous sommes quelques semaines après le début de l’invasion Russe en Ukraine, les informations en Occident sont, pour ainsi dire, verrouillées et filtrées. Elles arrivent au compte goûte depuis les médias étrangers. Il m’est difficile de citer mes sources car la plupart sont des analyses relayées des médias Israéliens, chinois voire, Vénézuéliens… Je m’efforce d’exposer des informations que je juge personnellement et subjectivement pertinentes. Les imprécisions et erreurs sont inévitables et j’en suis le premier navré.

Nous savons désormais qu’au début des “opérations spéciales”, la Russie a perdu beaucoup d’hommes et de matériels. Les médias occidentaux s’empressent de glorifier les combattants Ukrainiens face aux envahisseurs. Mais au fils du temps, les chiffres se confirment. La Russie aurait mobilisé moins de 13% des soldats, 10% de sa chasse et 4% de son artillerie, tandis que l’Ukraine en est à la mobilisation générale et demandait aux civiles de fournir à l’armée tous les drones, y compris des jouets, en tout cas au début du conflit.

La règle d’engagement russe, du moins au début des opérations, était d’épargner les civils ( russophones pour la plupart ) et l’infrastructure. La Russie n’avait strictement aucun intérêt à se fâcher avec la population russophone ou russophile pour une bonne partie. Le rapport de force était défavorable pour les russes qui étaient en infériorité numérique alors qu’un combat urbain exige, de nos jours, une supériorité numérique en faveur des assaillants d’au moins 3 contre 1, voire 5 contre 1 quand la configuration est compliquée. A ce sujet, les israéliens en savent quelque chose…

A cela s’ajoute, l’hécatombe des hauts gradés russes sur les lignes de front. Mais pourquoi y t-il autant de hauts gradés sur le front? Problèmes de communication avec les troupes? manque de prise d’initiative des sous-officiers? Certaines sources chinoises parlent également de fuite et d’intoxication dont sont victimes les renseignement russes. Poutine serait en train de passer un grand coup de balais au sein de ses services. Ces mêmes sources lancent le débat sur ce genre de menace en cas d’opérations militaires sur Taïwan.

Vainqueur Numéro 1

Plus d’un mois après le début de l’invasion, je suis maintenant en mesure de montrer ceci:

Nous voyons qu’au fur et à mesure que les tensions montent depuis 2021 en Ukraine, les actions des groupes d’armement ou équipementiers militaires grimpent. 48 heures après le début des opérations russes, c’est le mur!

Lockheed Martin bénéficie d’un grand coup de “buzz”, avec ses javelin, la lance missile anti-char portatif. Une petite visite s’impose dans les usines de Lockheed Martin, sur la chaîne de montage de ces missiles.

Lockheed Martin cherche des employés qualifiés pour renforcer sa production de missiles portatifs anti-char. Si jamais vous cherchez un job bien payé ( good-paying ) où l’on peut exercer son anglais …

https://www.wsj.com/articles/lockheed-hunts-for-workers-as-u-s-ramps-up-javelin-production-for-ukraine-11651587400

Il n’y a rien de mieux qu’une bonne guerre pour créer des emplois. Hitler le savait, Biden aussi.

Si nous n’avons pas de détails concernant les équipements français en Ukraine, je suis à peu près sur qu’il n’y a pas de Rafale à Kiev. Qu’est que Dassault aviation a fourni à Kiev pour que ses actions grimpent aussi fort? mystère. bénéfice collatéral?

Et ceci montre une chose encore plus surprenante, la montée brutale du groupe d’armement allemand Heckler & Koch 48 heures après le début de l’invasion. Alors que sur le théâtre ukrainien, un fusil allemand aura du mal à trouver une balle 5.56mm. Ce sont des pays comme la Finlande et l’Espagne qui fournissent les bonnes munitions à Kiev. Sur ce graphe, même si les investisseurs ont du se rendre compte du problème technique et infligent une descente raide à H&K, ses cours continuent à maintenir une tendance haussière au coté de Dassault Aviation.

Paul Krugman a trouvé la bonne formule dans une tribune sur NewYork Times: les états-unis doivent être l’arsenal de la démocratie à nouveau.

Des combattants du bataillon Azov reçoivent les instructions sur l’usage d’un Javelin de Lookheed Martin https://www.nytimes.com/2022/04/28/opinion/russia-ukraine-biden-aid.html

Notre première conclusion est que le conglomérat mondial d’armement en sort largement vainqueur et gagnant du conflit. Et ils ont tout à fait intérêt à ce que le conflit se maintiennent à un haut niveau d’intensité.

Vainqueur Numéro 2

Ce vous voyez est un tournesol dont on récolte les graines. Le semis du tournesol se passe entre avril et fin juin. Les premières récoltes ont lieu fin août. Ce qui signifie que l’huile que les consommateurs stockent par bidon a été produite en 2021, des mois avant l’invasion russe. La pénurie de l’huile de tournesol ne peut être en aucun cas causée par le conflit ukrainien. Mais le mal est fait, la composition des aliments faisant appel à cette huile sera susceptible d’être changée sans préavis et sans information aux consommateurs. Seule la montée des prix des aliments, largement impactés, sera bien visible. L’industrie agroalimentaire joue gros.

Les cours des céréales repartent également à la hausse à cause des inquiétudes liées au coup de chaleur étouffante en Inde qui devait remplacer l’exportation de blé ukrainien. L’embargo sur le pétrole russe et la chute du cours du dollar font monter le prix du pétrole, ce qui participe à la montée des cours du blé.

Qui vont profiter de cela? Les producteurs de blé qui n’hésitent pas à stocker leur production dans les silos en attendant le meilleur moment.

Autant dire que dans l’alimentaire, tout le monde se frotte les mains.

Vainqueur Numéro 3

Je vous présente un article sur de juteux contrats de gaz de schiste américains. Il n’est pas nécessaire de s’y attarder. Mais soyons conscients que cela contribue fortement aux dérèglements climatiques déjà amorcés depuis des décennies.

https://www.rtbf.be/article/la-guerre-en-ukraine-une-aubaine-pour-les-producteurs-americains-de-gaz-de-schiste-10953952

Vainqueur Numéro 4

L’OTAN a été crée afin de contenir les ambitions des pays du pacte de Varsovie.

L’URSS a entraîné le pacte de Varsovie avec elle dans les abysse de l’histoire, mais pas l’OTAN.

Ce reliquat de la première guerre froide agit comme un reste de repas mal fini d’un soir trop arrosé: il est encombrant, mais ne sert à rien. Le jeter serait du gâchis et personne n’a envie de s’en occuper.

La première véritable sortie de l’OTAN a consisté à détruire un état Européen: la Yougoslavie. Une Europe qu’il était censé pourtant protéger.

En 78 jours, et 38000 missions aériennes, l’OTAN a déversé quelques 23000 munitions en tout genre qui ont contribué à ramener la Serbie à l’âge de pierre et à la destruction de l’ambassade de Chine à Belgrade. On y reviendra plus tard.

Après avoir chassé quelques pirates Somaliens armés de AK47 et de RPG dans les embarcations de fortune, on se demande à quoi d’autre l’OTAN pourrait bien servir. Il a bien campé en Afghanistan pendant 20 ans, mais a échoué à faire éclater la province chinoise XinJiang dans l’extrême ouest du pays. Il a du se replier en laissant l’Afghanistan dans un pire état qu’il a retrouvé 20 ans plutôt.

Autant dire que le bilan de l’OTAN depuis 1995 est plutôt maigre. Quand Macron le qualifie de mort cérébral, il savait de quoi il parle. Mais le conflit Ukrainien a réussi à le réanimer.

L’OTAN a retrouvé son meilleur ennemi d’antan, les russes. La retrouvaille fait beaucoup de bruit, de fumée et surtout de morts. L’invasion a bien été déclenchée par la Russie, mais l’OTAN n’a pas du tout envie d’en finir trop vite. Il y a beaucoup trop d’intérêt en jeu.

Vainqueur Numéro 5

En plus des intérêts énormes précédemment cités qui profitent massivement aux états-unis, Biden a également gagné un énorme morceau sur échiquier mondial: L’Europe.

https://www.lalibre.be/international/europe/2022/03/25/la-scene-galante-de-joe-biden-qui-aide-ursula-von-der-leyen-lors-du-sommet-de-lue-je-dois-bien-faire-valoir-mon-salaire-7CWURY2DJ5EUXEWKJP6KTVHC3A/

Mieux, c’est une Europe affaiblie, appauvrie et alignée qu’il a réussi à récolter. La situation ne vous rappelle rien?

Oui, on a déjà vu de pareilles situations juste après la seconde guerre mondiale. Les états-unis tout puissants étaient le protecteur providentiel de l’Europe de l’Ouest face à Moscou. Mais là, Biden a réussi mettre dans la poche pratiquement toute l’Europe jusqu’aux portes de la Russie.

Affaiblie par une économie en berne et une inflation galopante, déchirée par la guerre et des discours clivants, l’Europe vieillissante se réfugie de nouveau sous la “protection” états-unienne. Mais la “protection” du parrain a un prix, il faudra payer le pizzo.

Les états-unis ont gagné un outil qu’ils ont eu du mal à prendre sous Merkel. Le départ à la retraite de la chancelière a laissé le champs libre à Ursula Von der Leyen qui se comporte en chef d’état alors qu’elle n’est QUE la présidente de la Commission européenne. Rappelons-nous, l’Europe n’est pas un état …

Et cet outil, l’Europe, sera très précieux dans les mois à venir lorsque la guerre froide sera relancée de plus belle contre la Chine.

Vainqueur Numéro 6

Plus surprenant, la Russie semble atteindre plusieurs objectifs.

Il est claire qu’elle n’a pas été capable de faire tomber Kiev en moins de 10 jours, comme l’avait probablement prévu Kremlin. Armées, entraînées, renseignées et dirigées par des personnels de l’OTAN encore en service et à la retraite, les forces ukrainiennes ont résisté aux premiers assauts russes obligeant Kremlin à changer de tactique.

Ainsi, les russes auraient coincé un gros poisson au sous-sol de l’aciérie de Marioupol. Mais certains dires des sources chinoises sont à prendre avec des pincettes.

Ce qui est sur, c’est le fait que la Russie ait réussi à consolider la zone de tampon entre l’Est et l’Ouest Ukrainiens. Tactiquement, Moscou a atteint une bonne partie de son objectif initial sans aller puiser ses véritables ressources. Ce qui lui laisse une large marge de manœuvre pour le cas où, si d’aventure, l’OTAN tente quelques choses d’insensé. Mais c’est très peu probable car l’intérêt de l’OTAN est justement une guerre qui dure.

Mieux encore, la Russie réussit à contenir les sanctions économiques. Les conséquences sont directement subies par l’Europe: retour à l’envoyeur

On remarque sur ce graphe, la descente aux enfers de l’Euro face au Rouble. La hausse des taux de la FED fait mal à toutes les monnaies des pays encore sous la houlette du dollar. Même le Yuan chinois décroche. Depuis sa sortie du système SWIFT, le rouble est officiellement accroché à l’or physique et son internationalisation est assurée par la vente de matières premières telles que le pétrole, le blé ou les engrais dont la Russie est le premier fournisseur mondial.

Les clients des matières premières russes ne manquent pas, la Chine en est l’un des plus gros clients. La vente de gaz à la Chine a été conclue pour les 25 ans à venir, juste à l’ouverture des JO d’hiver de Pékin.

Mais il y a aussi l’Inde. L’autre bon client des matières premières et matériels militaires russes, qui a refusé aux injonctions de la secrétaire aux affaires étrangères britannique Liz Truss, de ne pas acheter le gaz et le pétrole russe.

L’Asie est un énorme marché pour la Russie. Mais là où le Kremlin obtient une victoire, est le décrochage de son économie du dollar américain. Ce décrochage se fait dans la douleur, mais les bénéfices viendront largement compenser les pertes des 2 ou 3 premières années. A l’image du cours de l’Euro face au Rouble, beaucoup de monnaie chutent, amenées par le Dollar au moment où le taux remonte après le tsunami de billet verts dans le monde…

Nous voyons l’apparition de 2 monnaies de confiance face au dollar américain, le Yuan Chinois et le Rouble, l’une pour sa puissance économique, l’autre pour son indépendance vis à vis du Dollar US. L’apparition de choix alternatifs dans l’économie mondialisée est un problème pour Biden. Il est temps de cesser la mondialisation pour la Maison Blanche.

Mais pourquoi j’ai évoqué le Venezuela au début de l’article?

Le Venezuela est un pays allié de la Russie en Amérique Latine. Il est fortement dépendant de la Russie. L’engrais est un bon exemple, vital pour l’agriculture vénézuélienne. Mais son économie est faible à cause des sanctions états-uniennes, et ne peut se permettre de sortir du SWIFT pour continuer à commercer avec la Russie librement. Au moment où les états-unis doivent assurer son approvisionnement en pétrole, ceux-ci se sont rapprochés du Venezuela, en envoyant une petite délégation à Caracas en toute discrétion. La visite a été officialisée plus tard.

Si le Venezuela gagnera quelques années de tranquillité grâce à son statut de fournisseur alternatif du pétrole aux USA, l’Europe ne pourra pas en profiter.

Et la Chine ?

Pour la Chine, d’énormes défis se dressent devant elle.

Biden a éprouvé une tactique sur le terrain. Il s’agit de celle pratiquée avec Taïwan depuis des décennies.

  1. Fournir d’importants matériels militaires
  2. Fournir des formations aux personnels
  3. Fournir des renseignements
  4. Pousser l’adversaire à la faute pour passer aux “pratiques”

Il ne manque plus que la dernière étape, et certains y songent déjà.

https://www.politico.eu/article/liz-truss-nato-taiwan-protect/

Toujours selon la secrétaire aux affaires étrangères britannique, l’OTAN doit étendre sa zone d’influence jusqu’en Indo-pacifique afin de

s’assurer que les démocraties comme Taïwan soient capables de se défendre elles-mêmes.

La stratégie de l’OTAN est clairement le remplacement de l’ONU à l’échelle mondiale. Personne n’est capable aujourd’hui de l’entraver dans ses manœuvres. On peut s’attendre à un regain de tension entre la Chine et les états-unis sur la question de Taïwan.

Beaucoup de gens vivent des guerres, mais 99% de la population la subissent. Les institutions sont délaissées au profit des organisations guerrières qui n’ont aucun mandat depuis des décennies.

Stopper cette folie de guerre devient un impératif. La planète attend d’être sauvée.

Et pour finir, pour les courageux qui ont lu jusqu’ici, voici un passage que j’apprécie du filme “La bataille des Ardennes” réalisé en 1965. Le meilleur dialogue du filme. Je vous laisse aprécier

Mondialisation: la fin d’une époque

Début 2020, les plus optimistes voyait la Chine s’effondrer après l’arrivée du Covid19. On se plaisait à nommer la pandémie: le Tchernobyl chinois, en référence à l’effondrement de l’URSS à cause du coût incommensurable de la catastrophe nucléaire survenue en Ukraine en 1986.

Ils ont vu trop petit. Si la Chine est toujours debout, c’est le modèle de la mondialisation qui est en train de s’écrouler sous nos yeux. Personnellement, je ne pensais pas voir cela de mon vivant. Finalement, si!

Et c’est sous la présidence de Trump que cela a débuté. Trump fut l’un des rares présidents américains qui ne soit pas issu de l’élite des états-unis. Son isolationnisme ne faisait pas l’ombre d’un doute, et sa vision du monde est typiquement celui d’un homme d’affaire: soi-même d’abord, les autres après. Un concurrent est fait pour être écrasé. Son équipe a eu l’idée de retirer la Chine de la chaîne d’approvisionnement mondial afin de donner cette place à un allié plus docile: l’Inde, l’autre grand pays, la plus grande démocratie…

Le plan américain était ambitieux et très agressif.

  • guerre commerciale en relevant massivement les droits de douane des biens de consommation courante
  • sanctions sur les entreprises chinoises
  • bannissement d’entreprises chinoises accusées de coopérer avec l’armée. Ce bannissement est valable dans tous les pays alliés des états-unis.
  • embargo absolu sur tout le secteur du semi-conducteur chinois, également suivi par tous les pays alliés.
  • fanfaronnade de la NAVY en mer de Chine du sud
  • intervention dans les événements de HongKong

A la suite de ces mesures, la Chine va mal. Son secteur technologique ne tient qu’à un fils ( deux fils, maintenant qu’elle essaie de rattraper ses retards dans de nombreux domaines ), l’économie bat de l’aile et se voit contrainte et forcée de resserrer les liens avec la Russie.

Biden a continué sur la lancée de Trump en mettant les bouchées doubles. En plus de la longue liste de mesures précédentes, il faudra rajouter:

  • création de l’alliance indo-pacifique: US-Inde-Japon-Australie.
  • création de l’alliance purement anglo-saxonne : AUKUS ( Australie-UK-US)
  • appel aux armes en Europe
  • renforcement de présence militaire en mer de Chine du sud, et demande aux alliés Européens d’y participer
  • plus de sanctions contre le secteur de la technologie chinois
Rencontre à TunXi en Chine des ministres des pays voisins de l’Afghanistan pour sa reconstruction

Mais la Chine réagit. Elle tisse les liens avec le monde entier, sous peine de se faire étouffer, isolée avec une Russie dont l’économie n’est pas si bonne. Mais le bloc sino-russe est plus que jamais consolidé dans la durée. Cette alliance de circonstance du début est devenue, à la veille de l’ouverture des JO d’hiver de Pékin 2022, une alliance stratégique avec des signatures de partenariat de haut niveau sur les décennies à venir entre les 2 pays.

Ce fut les dernières mise au point avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le piège que les états-unis ont préparé depuis de longues dates, dans lequel, la Russie a sauté pieds joints.

Il est stérile de débattre sur les objectifs militaires atteints ou pas par la Russie, car c’est secondaire et marginal. Comme la guerre sino-vietnamienne ayant eu lieu dans les années 70, l’objectif est ailleurs.

Acculée, isolée sur tous les plans par l’Occident, la Russie, ce pays d’Europe s’est détachée du continent et est devenu un pays d’Asie.

Moscou cherche à renforcer sa monnaie en l’indexant ( symboliquement ) sur l’or. Cela a plutôt bien marché. Le rouble a repris les couleurs après que Poutine demande à l’Europe de payer son gaz avec sa monnaie nationale, en fixant le cours du rouble à 5000 pour un gramme d’or.

Dans un précédent article, je me suis demandé si le pétro-dollar allait être remis en question. Je suis parvenu à la conclusion que certaines zones en périphérie hors contrôle du dollar apparaissent, mais restent marginales.

Aujourd’hui, ces zones deviennent de plus en plus visibles. Les pays du golf et l’Iran sont déjà prêts à vendre du pétrole en Yuan chinois. Avec le rouble qui devient obligatoire ( dont on peut toujours contourner l’obligation par un jeu d’écriture ) pour l’achat du gaz russe, le pétro-dollar n’est plus la seule solution.

L’Iran et l’Irak ont tenté dans le passé de contourner le pétro-dollar, en vain. Il existe aujourd’hui 2 solutions alternatives. C’est absolument inédit.

L’apparition de plusieurs zone d’échange sur la planète en dehors des zones traditionnelles anglo-saxonnes est aussi signe que le monde change.

Les efforts énormes déployés par tous les pays pour avoir sa propre maîtrise du semi-conducteur marquent la fin d’une époque de coopération mondiale.

Le plus symbolique et qui n’a rien à faire avec le silice: la communauté du logiciel libre qui traditionnellement attache beaucoup d’importance à la coopération des pays, interdit toute participation de la part des programmeurs russes dans le projet phare du web: Nginx.

Et enfin, un signe bien visible de tout le monde: celui qui marque la fin d’une époque dont on aura, nous en occident, bien profité ( mais à quel prix ? ), l’explosion de l’inflation.

https://france-inflation.com/calculateur_inflation.php

Nous voyons sur ce graphique que les inflations ont été fortes dans le passé à cause des guerres et des crises pétrolières des années 70. Mais à partir des années 90 jusqu’à 2020, nous avons bénéficié de 30 années de basse inflation comme un fleuve tranquille.

Pourquoi? L’élément de réponse est la Chine.

Ce pays qui a fabriqué des centaine de milliards d’objets à bas prix en sacrifiant son environnement, son modèle social, la jeunesse d’une génération entière, le droit du travail… a permis au monde de profiter des bien courants de consommation en ne dépensant que très peu. Les augmentations de prix de matières premières étaient absorbées par la baisse des marges déjà très maigres des chinois.

Mais c’est fini. La Chine répercute désormais toutes les fluctuations des prix de matière première. De fait, la mondialisation perd tout son intérêt.

La mondialisation qui a duré 30 ans est terminée. Nous vivons l’époque d’après la pandémie, le tout pétrole, la mondialisation, le pétro-dollar incontesté, et même le “made in china” à 2€ et qui ne tient pas plus de 3 jours.

Qu’allons nous vivre maintenant?

Je ne le sais pas. Il est encore trop tôt pour y voir une tendance nette.

Essayons de sauver la planète pour commencer? Ou peut-être, la culture? L’humanisme? Jardiner?

Les choix ne manquent pas. Oui en effet, nous avons désormais le choix …

Le bilan de ces Jeux Olympiques de Pékin ?  Une victoire tranquille et méritée pour la Chine .

Les Jeux de Pékin ne sont pas encore complètement terminés mais déjà, nous pouvons dire qu’ils auront été une vraie réussite. Sur le plan sportif, diplomatique, et économique. Les contempteurs habituels de l’empire du milieu en sont pour leur frais.

Nous avons tous remarqué avec un certain amusement que les Jeux Olympiques d’Hiver de Pékin 2022 ont été prétexte à toute sorte de mensonges, diffamations, portés par les adversaires habituels de Pékin. Mais, comme un vieux disque rayé, leurs arguments éculés ne portent plus.

D’ailleurs il est intéressant de comparer les réactions au JO de Pékin 2022 à ceux de 2008. Comme en 2008, la presse occidentale s’est déchainée. Le prétexte ? Les Ouighours qui ont remplacés les Tibétains. Les fameux droits de l’hommistes en sont allés de leur sempiternelle logorrhée à propos des droits de l’homme au Xinjiang. Ils ont demandé le boycott.

Alors, soyons clair, la pandémie de Covid n’a pas aidé la Chine. L’empire du milieu ayant fait le choix de la stratégie zéro Covid (choix, dont on peut discuter l’efficacité, les effets collatéraux sur l’économie), les Jeux olympiques allaient devoir vivre en vase clos. Sportifs et encadrements mis sous bulle sanitaire, contrôles fréquents, peu de public, ambiance moins festive que pour d’autres jeux.

Il n’empêche que ces jeux furent un succès. Peut-être même un tournant majeur dans la politique internationale.

Plus les mois passent, plus la propagande occidentale, (et, rappelons-le, quand nous parlons de monde « occidental » il ne s’agit ni plus ni moins que de l’Europe de l’Ouest, du Royaume uni, du Canada, de l’Australie) augmente en intensité.  C’est d’ailleurs ce qui est frappant quand les médias français, toujours si prompts à s’enflammer contre la Chine et son président, s’emparent du sujet. Mais, prenons du recul.

Car enfin, qu’est-ce que l’occident si ce n’est les quelques pays que j’ai cité plus haut ? C’est-à-dire au plus une dizaine de pays ? On peut en rire, mais finalement, l’ironie de tout cela est que ce petit landernau de démocraties occidentales se croit supérieur moralement à tout le reste des pays sur Terre (donc, les 180 pays restant) et entend infliger sa propagande, ses idées au reste du monde dans une vision proche de l’évangélisme. Ce qu’on appelle la politique des » droits de l’homme ». Peu importe que les pires atrocités que l’humanité ai connues provient à 90% de ces pays, mais cela, personne dans les chancelleries occidentales ne s’en soucie.

Alors, donc, quelques semaines avant les jeux, de nombreux appels au boycott se font entendre à l’étranger autour de la situation des Tibétains, Hongkongais et Ouïghours. Ils entendent faire appel au boycott. Mais, chose étrange, on sent que l’envie n’y est plus.  Il est loin le temps de Robert Ménard et sa bande d’exaltés grimpants sur le Tour Eiffel pour y brandir son drapeau de anneaux olympiques transformés en menottes. Rien de tout cela désormais. En fait, comme le souligne France info dans un article du 28 janvier, « de nombreux diplomates jugent improductif ce type de boycott . On notera aussi au passage que les 27 de l’Union européenne ne sont pas parvenus à adopter une position commune sur le sujet. »  

En France, Seul les ennemis de toujours de la Chine, les relais des faucons américains en Europe comme Raphael Glucksmann, ou des opportunistes à visée électorale, type Jadot ou Taubira ont publié une tribune dans libé. Au fond, nous le sentons tous, le temps des grands étendards de l’occident à propos des droits de l’homme est terminé. Terminé car cette mascarade est d’une certaine manière ridicule. Ridicule, car le monde entier sait l’hypocrisie qui s’y cache. Les Etats Unis sont dans une guerre de civilisation intense avec la Chine.

 Sur le plan commercial bien sûr, mais aussi sur le plan diplomatique. L’influence de la Chine dans le monde s’est logiquement accrue. Dans son premier cercle d’influence tout d’abord, Mer de Chine, pays du sud-est asiatique, puis dans le deuxième cercle, surtout en Afrique, en Orient, Kazakhstan, Iran, et en Asie centrale. C’est la destinée de ce grand pays que de pouvoir influer sur le monde. La plupart des pays africains et d’Asie centrale sont bien au faits de tout cela, et la propagande américaine anti chine ne passe plus dans ces pays car ce n’est plus le message qu’ont envie d’entendre ces pays. Le messager est l’impérialisme américain Cela met en rage les élites politiques américaine de ne pouvoir influer sur cette partie du monde.

Après le boycott il a fallu s’attaquer à l’organisation des jeux et en l’occurrence aux sites des jeux en eux même. Sous le regard du président Xi Jinping et de millions de téléspectateurs, la skieuse de 20 ans, Dinigeer Yilamujiang, de la minorité ouighour, a allumé la vasque olympique des JO-2022 de Pékin.  Dinigeer a été choisie car elle est originaire de la préfecture de l’Altay, au Xinjiang, région qui est à l’origine du ski en Chine. C’en est trop pour les associations comme Human right Watch et Amnesty qui, au leu d’y voir un beau symbole d’intégration y voient une provocation. Dans ces esprits binaires et manichéens il est provocateur d’avoir choisi cette athlète car elle est ouighour !  Quelle perversité d’essentialiser cette athlète pour ses origines.

Puis, il y eut cette polémique absolument stérile et risible à propos du site de l’ancienne aciérie de Shougang, reconvertie en site sportif et culturel, puisque des bureaux, des cafés, restaurants, et des installations sportives remplacent petit à petit les installations de cette ancienne usine.

 Au lieu d’applaudir au reclassement d’une ancienne friche industrielle en site sportif et culturel, et bien non, pour ces éternels critiques, la Chine aurait dû garder cette friche en l’état. La garder à jamais. Ne jamais la toucher, la modifier. Quelle horreur ! Des skieurs au milieu de ce décor atroce, c’est affreux. Sauf, que c’est occulter la réalité. La réalité objective de ce site. Quel est son histoire ?  La Chine a fermé les portes de cette usine en 2010, car elle était trop polluante pour l’environnement. Donc, la fermeture de cette usine est une très bonne chose pour les habitants, pour l’environnement, et donc pour la planète. De plus, Zhangjiakou, la ville qui co-organise l’évènement, a installé des éoliennes pouvant produire 14 millions de kilowatts, approximativement la même puissance qu’un petit Etat comme Singapour. Les montagnes environnantes sont recouvertes de panneaux solaires d’une capacité additionnelle de 7 millions de kilowatts.

Ces différentes installations sont reliées à un centre de distribution auquel seront connectés les sites olympiques – permettant à Pékin de dire que l’alimentation des Jeux est uniquement d’origine renouvelable.

Au final, ces Jeux olympiques auront étés un vrai succès, sur le plan diplomatique pour la Chine, renforçant ses alliances, sur le plan sportif également. Les sportifs chinois auront battu leur record de médaille dans les jeux d’hiver.  Cela aura sans doute éveillé chez beaucoup de Chinois le gout pour le sport d’hiver ? Le gout pour les montagnes, la nature, et l’envie de découvrir ces régions enneigées. Surtout la Chine sort de ces évènement, confiante en elle même, sûre de ses forces. Mais elle sait désormais que à chaque réussite, elle aura droit à sa part proportionnelle de critique venant du “monde occidental”.

Le diable est dans le détail: Biden est à court de cravates? Les avions US ne savent plus atterrir?

Il ne se passe pas un mois où les situations géostratégiques changent brusquement. Mais pour moi, dans ce monde hyper-connecté, il n’y guère de place aux “coups de théâtres”, hélas.

Le monde entier a braqué son regard sur le sommet virtuel sino-américain. Les médias préfèrent parler de dialogues virtuels d’où, aucune des parties n’a tiré un quelconque avantage ou résultat concret. Il est certain que les 2 leaders n’allaient pas s’embrasser à travers les écrans. Mais une fois de plus, les médias mainstream ont braqué leur caméra au mauvais endroit.

Ce qui m’a piqué les yeux sur cette photo, est le rouge vif de la cravate de Biden. Xi JinPing, n’a pas vraiment de code couleur qui saute aux yeux, mais le choix de la cravate de Biden est assez surprenant, d’autant plus que, quelques heures avant l’entretien avec le leader chinois, Biden portait une cravate différente.

President Joe Biden signs the “Infrastructure Investment and Jobs Act” during an event on the South Lawn of the White House, Monday, Nov. 15, 2021, in Washington. (AP Photo/Evan Vucci)

Et oui, Biden n’est pas allé voir son homologue chinois les mains vides. Dans l’après-midi du 15 Novembre 2021, il a singé un accord d’investissement dans l’infrastructure d’un montant de 550 Milliards de dollars. Et à ce moment là, sa cravate portait les couleurs du drapeau américain ( rouge et bleu ).

Le changement de cravate juste avant l’entretien avec Xi dans la soirée était donc parfaitement voulu et réfléchi. La programmation de la signature de l’énorme plan de relance dans l’infrastructure n’était pas le fruit du hasard non plus, quand on sait que la championne du monde en investissement et génie dans le domaine de l’infrastructure est, justement, la Chine …

Certains remarquent que les 2 parties restent crispées sur la question de Taiwan, comme le rappelle cet article:

https://information.tv5monde.com/info/biden-et-xi-se-parlent-longuement-mais-restent-couteaux-tires-sur-taiwan-432525

Tv5monde est habitué aux articles à charge contre Pékin, mais ils ont raison de souligner l’inébranlable détermination chinoise à affirmer sa souveraineté sur l’île rebelle. Mais seulement voilà, quels sont les moyens dont dispose Xi pour affirmer sa “détermination” ?

Une maquette de porte-avion américain dans le désert?

Une maquette des avions de reconnaissance l’armée de l’air américaine en Mongolie intérieure?

Je ne sais pas. Je possède pas de renseignements précis sur les réelles capacités opérationnelles chinoises.

Mais, lorsqu’on compile les données dans le temps, on entrevoit un fond de vérité qui explique beaucoup de choses.

Le 6 juin, une délégation non officielle de sénateurs américains arrive à Taïwan… dans un énorme C17: un transport militaire. Boeing n’a plus d’avions ?

https://www.la-croix.com/Monde/delegation-americaine-non-officielle-arrivee-Taiwan-bord-dun-avion-militaire-2021-06-07-1201159914

Le 15 juillet, c’est au tour d’un C-146A, en provenance d’Okinawa cette fois, d’atterrir à Taiwan, pour une escale de 10 minutes. Contrairement à C17, le C146A est un petit avion destiné à transporter des équipes réduites. Il a donc un décollage très court et prend moins de temps à préparer.

et enfin pour finir avec les manœuvres, un c130 est passé à la pompe début octobre à l’aéroport de Taipei Songshan en provenance des Philippines.

3 types d’avions différents, en provenance de 3 endroits différents pour, soit transporter 4 personnes, soit faire escale de 10 minutes, soit faire le plein.

En dehors des prises de paramètres de vol au-dessus de l’île, je n’en vois pas d’autres raisons valables.

Mais pourquoi des avions de transport vides?

Pour évacuation. Ce qui signifie que les état-unis prennent les militaires chinois très au sérieux.

Qu’en pensez vous?

Afghanistan – MengWanZhou – sous marins – votre prochain smartphone Huawei et le Laos …

Nous vivons une époque où la situation géostratégique, économique, politique sont chamboulées chaque mois, il est très difficile de suivre les nouvelles tant l’enchaînement des événement est rapide. Les connexions entre les événements sont complexes, et une lecture globale de cette nouvelle guerre froide qui se déroule devant nous, sans qu’on lui un nom, est très une tâche très ardue.

Commençons par la retraite des troupes au sol de l’OTAN de l’Afghanistan. J’avais exprimé un avis à contre courant de la plupart des analyses de l’époque.

Tandis que la plupart des analystes parlent d’un échec stratégique de l’OTAN dans la zone de l’Asie centrale. J’y voyais un pivot indo-pacifique majeur, sans pour autant laisser la main libre au bloc sino-russe dans la zone.

En ce sens, Daech, et surtout sa branche afghane Daech-K, très active, agit dans l’intérêt de l’OTAN. Si la situation afghane sombre dans chaos provoqué par le conflit entre talibans et Daech-K, ponctués d’attendats meurtriers, OTAN pourra alors se concentrer sur sa toute nouvelle alliance AUKUS.

Qu’est ce que AUKUS?

Un piège dans lequel, l’Australie a sauté pieds joints.

Le rôle majeur des sous marins nucléaire d’attaque ( SNA ) est la dissuasion nucléaire. Il est toujours rassurant de s’endormir le soir sachant que nos SNA “patrouillent” quelque part chez l’ennemi, pendant d’autres rôdent peut-être près de nos côtes.

En principe, les pays qui en possèdent, comme les état-unis, La France, le Royaume-Uni ou la Russie, ont déjà joué, et jouent encore des rôles importants sur la scène internationale depuis plusieurs siècles. Le SNA n’est pas un jouet à mettre entre les mains de n’importe qui.

L’Australie va en avoir, des jouets de ce genre. Et c’est un problème pour les australiens. En effet, un pays ayant la capacité de dissuasion est placé, de facto, sous la dissuasion de ses “pairs”.

Autrement dit, l’Australie ne sera pas épargnée par une frappe nucléaire si un conflit de ce genre se déclenche, car considérée comme une menace réelle et avérée. Scott Morrison a t-il réfléchi à tout ça, ou c’est juste Biden qui a oublié de le lui expliquer?

En tout cas, la France a bien perdu 56.5 Milliard.

Mais …

quelques jours après, nous voyons ceci:

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/virus-proches-du-sars-cov-2-capables-infecter-cellules-humaines-decouverts-chauves-souris-au-nord-du

Cartes des différentes espèces de chauve-souris au monde

expliqué ici

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-coronavirus-quasi-identique-sars-cov-2-decouvert-laos-84384/

Les trouvailles des chercheurs français dans les grottes laotiennes qui contre-disent sérieusement la thèse de l’accident de laboratoire, et va même suggérer l’origine du covid19 hors des frontières chinoises…

puis, une semaine plus tard, il se passe ceci:

https://www.bbc.com/news/world-asia-58729701

la dynastie Kim serait en possession de missiles hypersoniques… L’Asie devient dangereuse entre les SNA au sud et les missiles hypersoniques au nord. Chacun arme son chien de garde.

Mais entre temps, MengWanZhou a été libérée. Après que son avion a soigneusement évité les zones aériennes sous contrôle américain, son retour sur son sol natal s’est fait en grande pompe: tapis rouge, robe rouge et discours millimétré.

Mais elle sait sans doute que sa libération n’est pas due aux prétendus efforts diplomatiques, mais aux efforts chinois qui ont su rendre sa détention caduc et inutile: Huawei n’est ( toujours ) pas mort. Tout comme l’essor économique de la région de XinJiang ( voisine de l’Afghanistan ) et la signature de partenariat stratégique avec l’Iran ( l’autre voisin de l’Afghanistan ), la Chine a rendu la présence de l’OTAN à se porte stratégiquement inutile.

Et à propos de Huawei, s’il n’a pas mis la clé sous la porte, que fait-il en ce moment à part chercher un moyen de graver des CPU aux finesses inférieures à 14n?

https://newsroom.eclipse.org/news/announcements/eclipse-foundation-and-openatom-foundation-forge-strategic-initiative-focused

Ceci est une très mauvaise nouvelle pour ceux qui cherchent à l’étouffer.

Eclipse est une vieille connaissance des codeurs du monde entier. Il est un acteur majeur dans le monde de la programmation en fournissant des interfaces de travail ( IDE ) aux programmeurs. Mais il va plus loin. Eclipse fondation regroupe également plus de 400 projets opensource touchant des domaines allant de l’intelligence artificielle au design de micro-processeur ouvert. Un acteur majeur de l’informatique qu’on ne peut se permettre d’ignorer.

Mais qu’est ce que OpenAtom Foundation?

Fondé en juin 2020 à Pékin, cette fondation promeut les logiciels libres et ouverts dans le domaine publique. Elle compte des majors du numérique chinois tels que Alibaba, Baidu, Huawei, Inspur, Qihoo, Tencent et un argentier, le China Merchants Bank. Bref, elle a tout pour plaire ( ou déplaire selon le point de vue ).

L’alliance de ces 2 fondations a pour but de développer le système OpenHarmony de Huawei présent sur github. Pas sur que google l’apprécie spécialement. Concurrencer Android de google est un défi énorme où certains se sont déjà cassés les dents. Huawei a une chance de survivre, après tout, il n’a plus rien à perdre.

Afghanistan: du théâtre dans un aéroport qui cache un succès stratégique US et un défi pour la Chine !

Soyons directs honnêtes, croyez-vous que la première puissance au monde puisse commettre deux fois la même erreur? Une au Vietnam, et la deuxième en Afghanistan ? Si vous croyez que c’est le cas, il vous faudra changer de planète.

Je pense qu’il est primordial d’ouvrir les yeux, ou plutôt la carte.

Les attentas du 11 Septembre 2001 ont officiellement motivé la seconde invasion d’Irak et de l’Afghanistan. Mais si nous voyons d’un peu plus près, on remarquera que la présence de l’OTAN en Irak et Afghanistan prend en étau l’Iran, l’épine du pied des alliés des états-unis dans la région et ce n’est pas tout.

Seulement un mois après les attentats à NewYork, un contingent de 1500 militaires américains s’est installé dans la la base de Karchi-Khanabad ( K-2 ) en Ouzbékistan. Ce qui ferme la voie du nord de l’Iran. Mais pour accentuer la pression au nord, il y a aussi une présence militaire de l’OTAN en Turkménistan. Si on ajoute les ennemis traditionnels du golf persique, l’Iran n’est pas dans un étau, mais un véritable guet-apens !

L’Afghanistan n’était que la dernière pièce du puzzle. Mais là, les stratèges américains on fait une pierre 3 coups.

A l’ouest de l’Afghanistan, c’est la région des Ouïghours. Une région qui était pauvre et sous développée, aux prises avec l’islamisme radical. Accentuer la pression en installant une arrière base d’appui à coté de la région autonome de XinJiang, permettait également refermer pour de bon, le filet tendu par la constellation de bases militaires américaines installées tout au tour de la Chine. Des rumeurs courent sur d’éventuelles formations d’activistes Ouïghour en Afghanistan afin de perpétrer des actions en Chine, mais il est pour l’instant compliqué de trouver des documents déclassés à ce sujet sur le web.

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/presence-us-chine

Donc, nous avons pour l’instant 2 coups de la pierre américaine: l’étouffement de l’Iran et la mise sous forte pression de la Chine. Où est le 3ième coup?

Il s’agit de la construction du gazoduc TAPI.

En effet, l’Inde qui souhaite ardemment se développer à l’instar de la Chine a un énorme besoin énergétique. Et elle a de la chance, 2 pays fournisseurs majeurs se pressent à sa porte pour lui en vendre. Ce sont l’Iran et le Turkménistan.

C’est là que la politique entre en jeu. Quelque soit le pays choisi, la maîtrise de la variable afghane est vitale pour assurer l’approvisionnement de l’alliée indéfectible des états-unis: l’Inde. Et ce n’est pas tout.

Ce gazoduc agit comme une grosse épine dans les pieds plusieurs pays. Ashgabat était devenu un partenaire important pour la Russie et surtout la Chine pour la fourniture énergétique. La Chine bien sur, profite de cette situation pour avancer ses pièces sur l’échiquier en Asie centrale. Une situation pas très appréciée des US, poussent ceux à agir.

Le TAPI qui devrait ouvrir ses vannes en 2023, agit comme une corde à 10 milliards ( pas si cher cela pour un gazoduc ) qui relie l’Inde et l’Afghanistan au gaz turkmène. L’Afghanistan sera donc le pays transit essentiel à ce projet. Cette épine de 1800Km de long évince l’Iran de la fourniture énergétique pour l’Inde et rend le Turkménistan beaucoup moins dépendant de la Chine. S’attaquer à ce gazoduc, provoquera un retour immédiat et violent de missiles américains, lancés depuis un destroyer qui passera par “hasard” dans le golf persique ou l’océan indien.

Les Talibans le savent bien et a garanti l’intégrité du TAPI, surtout que celui représente une rente financière importante s’ils veulent éradiquer la culture de l’opium qui infeste le pays depuis l’arrivée de l’OTAN en 2001. Ils ont bien sur sollicité la Chine pour reconstruire le pays

Le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi en compagnie du taliban Abdul Ghani Baradar.
Photo Li Ran / XINHUA / AFP

Mais cette énorme épine qui serpente dans le pays est un levier puissant pour que l’allié indien ait toujours son mot à dire pour ‘protéger ses intérêts vitaux’. Quoique fasse la Chine, elle avance en terrain miné, sous l’épée de Damoclès: regardez bien la carte de la région, un missile supersonique ne mettra pas plus de 30 minutes, en partant du golf persique vers sa cible située en Afghanistan.

La retraite de troupes au sol ne signifie pas l’absence de pression, de levier d’action.

Beaucoup d’analystes estiment que la débâcle des troupes gouvernementales formées et équipées par l’OTAN est un échec. Je pense que cet échec est parfaitement prévu par les stratèges américains. En réalité, ceux-ci s’en fichent pas mal car les US avaient déjà signé un accord avec les talibans à Doha en 2020. Le départ de l’OTAN était acté.

Deux possibilités s’offrent alors aux US:

  1. les troupes de Kaboul tiennent tête aux talibans et le pays sombre dans le KO. La perspective d’une avancée chinoise en Afghanistan sont très minces. Au contraire, cela crée de l’instabilité juste à coté de XinJiang. La pression se maintient sur la Chine sans que l’OTAN dépense un sous.
  2. les troupes de Kaboul se désintègrent et les talibans prennent le pouvoir rapidement. En plus du TAPI, les stratèges américains pourront alors compter sur un “allié” de longue date: Daesh, en tout cas, les rescapés de l’ancien califat. Si l’état islamique arrive à contrer les talibans et créer de l’instabilité dans le pays, cela deviendra assez problématique pour la Chine qui ne pourra intervenir militairement, car cela violerait sa propre règle qu’elle s’impose depuis 1949: la non-ingérence. Mais si Daesh devient suffisamment puissant pour transformer l’Afghanistan en un bourbier Syrien, ce sera un danger mortel pour la Chine et la Russie.

En réalité, le gouvernement de Kaboul a été abandonné à son sort. Seul, il n’aurait jamais pu faire face aux talibans et la menace Daesh simultanément: une poule jetée dans une meute de loups serait une comparaison assez réaliste.

La partie de GO en Asie centrale n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. La Chine pourra reconstruire le pays en un temps record. Mais le succès est très dépendant des nouveaux maîtres talibans.

Et quand on observe les talibans, ces fondamentalistes radicaux, il y a quelque chose d’étrange qui s’est opéré en très peu de temps.

A Doha, en Février 2020, ils ne voulaient même pas mettre de chaussures pour aller signer l’accord. A Pékin, ils étaient même très présentables pour la séance photo.

Eux qui étaient des campagnards considérés comme des terroristes pratiquant la guérilla, ont réussi à prendre les villes et le pouvoir, et ont appris à s’habiller convenablement et à faire des déclaration de bonnes intentions au monde en tant que meneur de pays.

ça ne vous rappelle rien?

Et oui, si on met la religion de coté, on dirait bien l’armée rouge de Mao. Leur parcours est similaire depuis 20 ans.

S’il y a un pays qui sait parler aux talibans, c’est bien la Chine. Cela dit, ils restent quand même des gens moyennement fréquentables, que les internautes chinois n’hésitent pas à critiquer.

Le dossier afghan est épais et remplis de pièges. Les stratèges chinois sauront-ils les déjouer?

Seul le temps en sera témoin.

Le sceptre de l’empire US: le pétrodollar … contesté?

La première chose que les 11 porte avions de la NAVY défendent à travers le monde, serait bien le pétrodollar. Celui-ci constitue le symbole absolu de l’hégémonie et de la puissance incontestée des états-unis d’Amérique. Washington est mis au courant de chaque goûte de pétrole vendue dans le monde, et pourra imposer sa loi afin de préserver ses intérêts. Exemple, si Total n’obtient pas de dérogation de la part des états-unis, il ne pourra pas rester en Iran pour le développement et la production de la phase 11 de South Pars (SP11), et bien, il va devoir plier bagage. La dite “dérogation” n’est jamais arrivée. Ce n’est peut-être pas le meilleur exemple pour illustrer la puissance du pétrodollar, mais l’hégémonie monétaire américaine.

Laissez moi vous citer un contre exemple de ceux qui oseraient défier le pétrodollar.

https://www.liberation.fr/futurs/2000/09/27/saddam-hussein-vole-au-secours-de-l-euro_338712/

En 2000, l’ancien maître de l’Irak Saddam Hussein a clairement exprimé le souhait de vendre à l’Europe son pétrole en échange de la future monnaie unique de l’union. Quand son ministre de l’économie a fait cette annonce, Saddam n’avait plus que 6 ans à vivre, mais il ne le savait pas encore.

Puis, il y a un autre problème face au pétrodollar, l’OPEP. Un contre poids mineur, mais intolérable qui dérange. La solution pour les états-unis: se débarrasser de la variable l’OPEP tout en mettant la pression sur la Russie, avec le gaz de schiste.

Mais cela ne suffit pas. En 2018, la loi anti-OPEP Nopec (No Oil Producing and Exporting Cartels Act) refait surface.

“Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole”, qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Si le gaz de schiste fait perdre à l’Arabie Saoudite son pouvoir de fixer le prix du pétrole au niveau mondial, cette loi constitue une arme redoutable pour faire pluie et beau temps dans le golf. Et ce sera plus la tempête.

Mais le royaume n’entend pas se laisser faire. Il menace de représailles “nucléaires” si la loi passe au congrès américain.

Quelle est donc cette option nucléaire saoudienne qui ferait réfléchir une hyper puissance comme celle des états-unis?

L’abandon du pétrodollar par le royaume.

Faisons un petit compte.

Les investissements du royaume aux états-unis montent plus d’un millier de milliards de dollars US.

Saudi Aramco, le premier exportateur de pétrole au monde, affiche un chiffre d’affaire de 365 milliards de dollars en 2018.

Les échanges de dérivés du pétrole sont également largement libellés en dollars, le volume des échanges atteignant 5 000 milliards de dollars, toujours en 2018.

L’option nucléaire saoudienne pèse donc plus de 6000 milles milliards de dollars. Il y a largement de la place pour les autres monnaies telles que l’Euro, voire pire, le Yuan chinois.

Aux dernières nouvelles, NOPEC n’est toujours pas passée.

La loi NOPEC est clairement la ligne rouge pour les saoudiens. Toucher à cette ligne, provoquera une tempête plus importante encore que la crise financière de 2008 et la pandémie du covid19 auraient pu provoqué ensemble. Une guerre mondiale s’éclatera où tous les acteurs majeurs seront impliqués.

Mais ce n’est pas tout. L’accord stratégique sino-iranien sur 25 ans prévoit également des montants astronomiques en achat énergétique et investissements. Le gros problème de cet accord pour les états-unis n’est pas le respect des droits de l’homme dans les 2 pays protagonistes, mais la monnaie utilisée. Elle n’est pas le dollar américain. Le montant des 400 milliards de dollars étalés sur 25 ans n’est que symbolique au vue du volume d’échange annuel du pétrodollar, mais assez dérangeant car cela constitue un précédent pour les pays désireux de sortir du pétrodollar afin de diversifier leurs devises ( et l’avenir ? ).

Si la Russie a imité Saddam Hussein en préférant l’Euro au Dollar pour plus de la moitié de ses ventes énergétiques, l’Europe y réfléchit sérieusement ( mais discrètement ) depuis quelques années. On image que l’Élysée l’a eue mauvaise, quand Total a perdu son contrat historique en Iran, au profit du chinois Sinopec.

Solution?

Contourner les futures sanctions américaine en créant le pétroeuro.

Cela devrait se passer début 2022. Et ce sera un moment historique. En effet, l’Europe est le plus grand importateur énergétique du monde et elle règle ses pleins à la pompe en dollar américain. Une situation pas si étrange que cela qu’on connaît un peu l’hégémonie absolue des états-unis dans le domaine économique, financière et militaire.

Vouloir régler ses factures à la pompe avec sa propre monnaie est un luxe que très peu de pays au monde peuvent se permettre.

Nous voyons ici 2 aspects importants de la puissance du pétrodollar.

Un, il est puissant et incontesté, et risque de l’être encore pour très long temps.

Deux, l’étendu de sa puissance a atteint sa limite physique. Des zones qui lui échappent apparaissent en périphérie de sa zone de domination. Ces zones lui sont inaccessibles et grossissent dans le temps.

En conclusion, je pense qu’il serait préférable de nous passer de l’addiction pétrolière afin de trouver une voie de survie avant que la tempête climatique n’éclate? Après tout, c’est quand même nous, les consommateurs finaux qui ont la décision finale.

Sanctions: La ligne rouge est tracée

Début Juin 2021, le président américain Biden a effectué une tournée en Europe. Il est salué comme le libérateur, l’homme de la providence, le messie.

L’Amérique puissante est de retour ! titre France culture. Son auteur, Marie-Pierre Vérot, ne pouvait rester insensible à l’aura dégagée par la “puissance” de cette photographie d’un vieil homme de 78 ans, qui essaie de descendre d’un avion, sans tomber sur les marches cette fois.

La visite de Biden a pour objectif de resserrer les rangs des alliés pour contrer la menace de l’Est. La réponse de Poutine est ferme. Biden n’a rien obtenu de la Russie durant le sommet avec la Russie et il devait s’y attendre.

Plus subtile, la Chine a également opposé un message en signe d’avertissement. Elle a décrété la dernière d’une série de lois:

la loi anti-sanction étrangère

http://www.npc.gov.cn/npc/c30834/202106/d4a714d5813c4ad2ac54a5f0f78a5270.shtml

La sortie de cette loi à effet immédiat ( selon l’article 16) date du 10 Juin 2021, en pleine tournée de Biden en Europe. Elle constitue la ligne rouge clairement tracée, et un message adressé aux “partenaires de l’Ouest”.

Cette loi est inédite à plusieurs titres.

D’abord, on observe que la Chine a vite appris de ses erreurs du passé. Depuis des milliers d’années, l’Empire chinois a toujours placé la diplomatie avant ses troupes. L’art de la diplomatie est une science “inexacte”. Il y a des sous-entendus et des flous artistiques que les diplomates entretiennent pour éviter le conflit. La Chine avait pour habitude d’employer ses diplomates pour répondre aux “attaques”. Mais cette stratégie montre ses limites en 2014, lorsqu’elle a perdu le procès à l’OMS, pour avoir limité l’exportation de terres rares pour des “raisons écologiques”. L’OMS estime que la décision chinoise quant à la limitation de l’export de terres rares est animée d’abord d’arrière pensée, et sans aucun fondement juridique. Elle a donc compris l’importance de la base juridique pour justifier ses actions, et tracer le “red line”. Le dogme a radicalement changé.

Vous connaissez la chanson:

you have the right to remain silent ...

En suite, la dénomination de la loi est aussi inédite. Elle est concise et explicite, facilement intelligible par tous les avocats du monde, et facilement traduisible dans toutes les langues. Il n’y pas de mal entendu et erreur de traduction possible, à l’image des lois et des agences à 3 lettres des état-unis. En effet, certaines des anciennes lois chinoises ont des noms à plus de 12 caractères chinois, ce qui donne quelque chose comme 24 ou 30 mots nécessaires, une fois correctement traduits en Français. Cette simplification n’est clairement pas encrée dans la doctrine chinoise traditionnelle, qui préfère les subtilités et les sophistications. Là encore, le dogme a changé. On va à l’essentiel, vite et avec efficacité. Il n’y aura pas de négociation en coulisse ou compromis politique. La diplomatie de la canonnière n’a qu’une portée limitée. La loi est la loi.

Il vaut mieux une bataille juridique qu’une partie de bataille navale en mer du sud.

Et enfin, un petit détail et on sait que le diable est dans le détail:

La Chine a désormais les moyens de s’opposer à une certaine forme de sanction d’une certaine ampleur. C’est particulièrement stressant pour ses adversaires. Il est certain que ceux-ci ne tarderont pas à “tester” la solidité de la ligne rouge tracer par la Chine.