Category: Géopolitique

Le diable est dans le détail: Biden est à court de cravates? Les avions US ne savent plus atterrir?

Il ne se passe pas un mois où les situations géostratégiques changent brusquement. Mais pour moi, dans ce monde hyper-connecté, il n’y guère de place aux “coups de théâtres”, hélas.

Le monde entier a braqué son regard sur le sommet virtuel sino-américain. Les médias préfèrent parler de dialogues virtuels d’où, aucune des parties n’a tiré un quelconque avantage ou résultat concret. Il est certain que les 2 leaders n’allaient pas s’embrasser à travers les écrans. Mais une fois de plus, les médias mainstream ont braqué leur caméra au mauvais endroit.

Ce qui m’a piqué les yeux sur cette photo, est le rouge vif de la cravate de Biden. Xi JinPing, n’a pas vraiment de code couleur qui saute aux yeux, mais le choix de la cravate de Biden est assez surprenant, d’autant plus que, quelques heures avant l’entretien avec le leader chinois, Biden portait une cravate différente.

President Joe Biden signs the “Infrastructure Investment and Jobs Act” during an event on the South Lawn of the White House, Monday, Nov. 15, 2021, in Washington. (AP Photo/Evan Vucci)

Et oui, Biden n’est pas allé voir son homologue chinois les mains vides. Dans l’après-midi du 15 Novembre 2021, il a singé un accord d’investissement dans l’infrastructure d’un montant de 550 Milliards de dollars. Et à ce moment là, sa cravate portait les couleurs du drapeau américain ( rouge et bleu ).

Le changement de cravate juste avant l’entretien avec Xi dans la soirée était donc parfaitement voulu et réfléchi. La programmation de la signature de l’énorme plan de relance dans l’infrastructure n’était pas le fruit du hasard non plus, quand on sait que la championne du monde en investissement et génie dans le domaine de l’infrastructure est, justement, la Chine …

Certains remarquent que les 2 parties restent crispées sur la question de Taiwan, comme le rappelle cet article:

https://information.tv5monde.com/info/biden-et-xi-se-parlent-longuement-mais-restent-couteaux-tires-sur-taiwan-432525

Tv5monde est habitué aux articles à charge contre Pékin, mais ils ont raison de souligner l’inébranlable détermination chinoise à affirmer sa souveraineté sur l’île rebelle. Mais seulement voilà, quels sont les moyens dont dispose Xi pour affirmer sa “détermination” ?

Une maquette de porte-avion américain dans le désert?

Une maquette des avions de reconnaissance l’armée de l’air américaine en Mongolie intérieure?

Je ne sais pas. Je possède pas de renseignements précis sur les réelles capacités opérationnelles chinoises.

Mais, lorsqu’on compile les données dans le temps, on entrevoit un fond de vérité qui explique beaucoup de choses.

Le 6 juin, une délégation non officielle de sénateurs américains arrive à Taïwan… dans un énorme C17: un transport militaire. Boeing n’a plus d’avions ?

https://www.la-croix.com/Monde/delegation-americaine-non-officielle-arrivee-Taiwan-bord-dun-avion-militaire-2021-06-07-1201159914

Le 15 juillet, c’est au tour d’un C-146A, en provenance d’Okinawa cette fois, d’atterrir à Taiwan, pour une escale de 10 minutes. Contrairement à C17, le C146A est un petit avion destiné à transporter des équipes réduites. Il a donc un décollage très court et prend moins de temps à préparer.

et enfin pour finir avec les manœuvres, un c130 est passé à la pompe début octobre à l’aéroport de Taipei Songshan en provenance des Philippines.

3 types d’avions différents, en provenance de 3 endroits différents pour, soit transporter 4 personnes, soit faire escale de 10 minutes, soit faire le plein.

En dehors des prises de paramètres de vol au-dessus de l’île, je n’en vois pas d’autres raisons valables.

Mais pourquoi des avions de transport vides?

Pour évacuation. Ce qui signifie que les état-unis prennent les militaires chinois très au sérieux.

Qu’en pensez vous?

Afghanistan – MengWanZhou – sous marins – votre prochain smartphone Huawei et le Laos …

Nous vivons une époque où la situation géostratégique, économique, politique sont chamboulées chaque mois, il est très difficile de suivre les nouvelles tant l’enchaînement des événement est rapide. Les connexions entre les événements sont complexes, et une lecture globale de cette nouvelle guerre froide qui se déroule devant nous, sans qu’on lui un nom, est très une tâche très ardue.

Commençons par la retraite des troupes au sol de l’OTAN de l’Afghanistan. J’avais exprimé un avis à contre courant de la plupart des analyses de l’époque.

Tandis que la plupart des analystes parlent d’un échec stratégique de l’OTAN dans la zone de l’Asie centrale. J’y voyais un pivot indo-pacifique majeur, sans pour autant laisser la main libre au bloc sino-russe dans la zone.

En ce sens, Daech, et surtout sa branche afghane Daech-K, très active, agit dans l’intérêt de l’OTAN. Si la situation afghane sombre dans chaos provoqué par le conflit entre talibans et Daech-K, ponctués d’attendats meurtriers, OTAN pourra alors se concentrer sur sa toute nouvelle alliance AUKUS.

Qu’est ce que AUKUS?

Un piège dans lequel, l’Australie a sauté pieds joints.

Le rôle majeur des sous marins nucléaire d’attaque ( SNA ) est la dissuasion nucléaire. Il est toujours rassurant de s’endormir le soir sachant que nos SNA “patrouillent” quelque part chez l’ennemi, pendant d’autres rôdent peut-être près de nos côtes.

En principe, les pays qui en possèdent, comme les état-unis, La France, le Royaume-Uni ou la Russie, ont déjà joué, et jouent encore des rôles importants sur la scène internationale depuis plusieurs siècles. Le SNA n’est pas un jouet à mettre entre les mains de n’importe qui.

L’Australie va en avoir, des jouets de ce genre. Et c’est un problème pour les australiens. En effet, un pays ayant la capacité de dissuasion est placé, de facto, sous la dissuasion de ses “pairs”.

Autrement dit, l’Australie ne sera pas épargnée par une frappe nucléaire si un conflit de ce genre se déclenche, car considérée comme une menace réelle et avérée. Scott Morrison a t-il réfléchi à tout ça, ou c’est juste Biden qui a oublié de le lui expliquer?

En tout cas, la France a bien perdu 56.5 Milliard.

Mais …

quelques jours après, nous voyons ceci:

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/virus-proches-du-sars-cov-2-capables-infecter-cellules-humaines-decouverts-chauves-souris-au-nord-du

Cartes des différentes espèces de chauve-souris au monde

expliqué ici

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-coronavirus-quasi-identique-sars-cov-2-decouvert-laos-84384/

Les trouvailles des chercheurs français dans les grottes laotiennes qui contre-disent sérieusement la thèse de l’accident de laboratoire, et va même suggérer l’origine du covid19 hors des frontières chinoises…

puis, une semaine plus tard, il se passe ceci:

https://www.bbc.com/news/world-asia-58729701

la dynastie Kim serait en possession de missiles hypersoniques… L’Asie devient dangereuse entre les SNA au sud et les missiles hypersoniques au nord. Chacun arme son chien de garde.

Mais entre temps, MengWanZhou a été libérée. Après que son avion a soigneusement évité les zones aériennes sous contrôle américain, son retour sur son sol natal s’est fait en grande pompe: tapis rouge, robe rouge et discours millimétré.

Mais elle sait sans doute que sa libération n’est pas due aux prétendus efforts diplomatiques, mais aux efforts chinois qui ont su rendre sa détention caduc et inutile: Huawei n’est ( toujours ) pas mort. Tout comme l’essor économique de la région de XinJiang ( voisine de l’Afghanistan ) et la signature de partenariat stratégique avec l’Iran ( l’autre voisin de l’Afghanistan ), la Chine a rendu la présence de l’OTAN à se porte stratégiquement inutile.

Et à propos de Huawei, s’il n’a pas mis la clé sous la porte, que fait-il en ce moment à part chercher un moyen de graver des CPU aux finesses inférieures à 14n?

https://newsroom.eclipse.org/news/announcements/eclipse-foundation-and-openatom-foundation-forge-strategic-initiative-focused

Ceci est une très mauvaise nouvelle pour ceux qui cherchent à l’étouffer.

Eclipse est une vieille connaissance des codeurs du monde entier. Il est un acteur majeur dans le monde de la programmation en fournissant des interfaces de travail ( IDE ) aux programmeurs. Mais il va plus loin. Eclipse fondation regroupe également plus de 400 projets opensource touchant des domaines allant de l’intelligence artificielle au design de micro-processeur ouvert. Un acteur majeur de l’informatique qu’on ne peut se permettre d’ignorer.

Mais qu’est ce que OpenAtom Foundation?

Fondé en juin 2020 à Pékin, cette fondation promeut les logiciels libres et ouverts dans le domaine publique. Elle compte des majors du numérique chinois tels que Alibaba, Baidu, Huawei, Inspur, Qihoo, Tencent et un argentier, le China Merchants Bank. Bref, elle a tout pour plaire ( ou déplaire selon le point de vue ).

L’alliance de ces 2 fondations a pour but de développer le système OpenHarmony de Huawei présent sur github. Pas sur que google l’apprécie spécialement. Concurrencer Android de google est un défi énorme où certains se sont déjà cassés les dents. Huawei a une chance de survivre, après tout, il n’a plus rien à perdre.

Afghanistan: du théâtre dans un aéroport qui cache un succès stratégique US et un défi pour la Chine !

Soyons directs honnêtes, croyez-vous que la première puissance au monde puisse commettre deux fois la même erreur? Une au Vietnam, et la deuxième en Afghanistan ? Si vous croyez que c’est le cas, il vous faudra changer de planète.

Je pense qu’il est primordial d’ouvrir les yeux, ou plutôt la carte.

Les attentas du 11 Septembre 2001 ont officiellement motivé la seconde invasion d’Irak et de l’Afghanistan. Mais si nous voyons d’un peu plus près, on remarquera que la présence de l’OTAN en Irak et Afghanistan prend en étau l’Iran, l’épine du pied des alliés des états-unis dans la région et ce n’est pas tout.

Seulement un mois après les attentats à NewYork, un contingent de 1500 militaires américains s’est installé dans la la base de Karchi-Khanabad ( K-2 ) en Ouzbékistan. Ce qui ferme la voie du nord de l’Iran. Mais pour accentuer la pression au nord, il y a aussi une présence militaire de l’OTAN en Turkménistan. Si on ajoute les ennemis traditionnels du golf persique, l’Iran n’est pas dans un étau, mais un véritable guet-apens !

L’Afghanistan n’était que la dernière pièce du puzzle. Mais là, les stratèges américains on fait une pierre 3 coups.

A l’ouest de l’Afghanistan, c’est la région des Ouïghours. Une région qui était pauvre et sous développée, aux prises avec l’islamisme radical. Accentuer la pression en installant une arrière base d’appui à coté de la région autonome de XinJiang, permettait également refermer pour de bon, le filet tendu par la constellation de bases militaires américaines installées tout au tour de la Chine. Des rumeurs courent sur d’éventuelles formations d’activistes Ouïghour en Afghanistan afin de perpétrer des actions en Chine, mais il est pour l’instant compliqué de trouver des documents déclassés à ce sujet sur le web.

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/presence-us-chine

Donc, nous avons pour l’instant 2 coups de la pierre américaine: l’étouffement de l’Iran et la mise sous forte pression de la Chine. Où est le 3ième coup?

Il s’agit de la construction du gazoduc TAPI.

En effet, l’Inde qui souhaite ardemment se développer à l’instar de la Chine a un énorme besoin énergétique. Et elle a de la chance, 2 pays fournisseurs majeurs se pressent à sa porte pour lui en vendre. Ce sont l’Iran et le Turkménistan.

C’est là que la politique entre en jeu. Quelque soit le pays choisi, la maîtrise de la variable afghane est vitale pour assurer l’approvisionnement de l’alliée indéfectible des états-unis: l’Inde. Et ce n’est pas tout.

Ce gazoduc agit comme une grosse épine dans les pieds plusieurs pays. Ashgabat était devenu un partenaire important pour la Russie et surtout la Chine pour la fourniture énergétique. La Chine bien sur, profite de cette situation pour avancer ses pièces sur l’échiquier en Asie centrale. Une situation pas très appréciée des US, poussent ceux à agir.

Le TAPI qui devrait ouvrir ses vannes en 2023, agit comme une corde à 10 milliards ( pas si cher cela pour un gazoduc ) qui relie l’Inde et l’Afghanistan au gaz turkmène. L’Afghanistan sera donc le pays transit essentiel à ce projet. Cette épine de 1800Km de long évince l’Iran de la fourniture énergétique pour l’Inde et rend le Turkménistan beaucoup moins dépendant de la Chine. S’attaquer à ce gazoduc, provoquera un retour immédiat et violent de missiles américains, lancés depuis un destroyer qui passera par “hasard” dans le golf persique ou l’océan indien.

Les Talibans le savent bien et a garanti l’intégrité du TAPI, surtout que celui représente une rente financière importante s’ils veulent éradiquer la culture de l’opium qui infeste le pays depuis l’arrivée de l’OTAN en 2001. Ils ont bien sur sollicité la Chine pour reconstruire le pays

Le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi en compagnie du taliban Abdul Ghani Baradar.
Photo Li Ran / XINHUA / AFP

Mais cette énorme épine qui serpente dans le pays est un levier puissant pour que l’allié indien ait toujours son mot à dire pour ‘protéger ses intérêts vitaux’. Quoique fasse la Chine, elle avance en terrain miné, sous l’épée de Damoclès: regardez bien la carte de la région, un missile supersonique ne mettra pas plus de 30 minutes, en partant du golf persique vers sa cible située en Afghanistan.

La retraite de troupes au sol ne signifie pas l’absence de pression, de levier d’action.

Beaucoup d’analystes estiment que la débâcle des troupes gouvernementales formées et équipées par l’OTAN est un échec. Je pense que cet échec est parfaitement prévu par les stratèges américains. En réalité, ceux-ci s’en fichent pas mal car les US avaient déjà signé un accord avec les talibans à Doha en 2020. Le départ de l’OTAN était acté.

Deux possibilités s’offrent alors aux US:

  1. les troupes de Kaboul tiennent tête aux talibans et le pays sombre dans le KO. La perspective d’une avancée chinoise en Afghanistan sont très minces. Au contraire, cela crée de l’instabilité juste à coté de XinJiang. La pression se maintient sur la Chine sans que l’OTAN dépense un sous.
  2. les troupes de Kaboul se désintègrent et les talibans prennent le pouvoir rapidement. En plus du TAPI, les stratèges américains pourront alors compter sur un “allié” de longue date: Daesh, en tout cas, les rescapés de l’ancien califat. Si l’état islamique arrive à contrer les talibans et créer de l’instabilité dans le pays, cela deviendra assez problématique pour la Chine qui ne pourra intervenir militairement, car cela violerait sa propre règle qu’elle s’impose depuis 1949: la non-ingérence. Mais si Daesh devient suffisamment puissant pour transformer l’Afghanistan en un bourbier Syrien, ce sera un danger mortel pour la Chine et la Russie.

En réalité, le gouvernement de Kaboul a été abandonné à son sort. Seul, il n’aurait jamais pu faire face aux talibans et la menace Daesh simultanément: une poule jetée dans une meute de loups serait une comparaison assez réaliste.

La partie de GO en Asie centrale n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. La Chine pourra reconstruire le pays en un temps record. Mais le succès est très dépendant des nouveaux maîtres talibans.

Et quand on observe les talibans, ces fondamentalistes radicaux, il y a quelque chose d’étrange qui s’est opéré en très peu de temps.

A Doha, en Février 2020, ils ne voulaient même pas mettre de chaussures pour aller signer l’accord. A Pékin, ils étaient même très présentables pour la séance photo.

Eux qui étaient des campagnards considérés comme des terroristes pratiquant la guérilla, ont réussi à prendre les villes et le pouvoir, et ont appris à s’habiller convenablement et à faire des déclaration de bonnes intentions au monde en tant que meneur de pays.

ça ne vous rappelle rien?

Et oui, si on met la religion de coté, on dirait bien l’armée rouge de Mao. Leur parcours est similaire depuis 20 ans.

S’il y a un pays qui sait parler aux talibans, c’est bien la Chine. Cela dit, ils restent quand même des gens moyennement fréquentables, que les internautes chinois n’hésitent pas à critiquer.

Le dossier afghan est épais et remplis de pièges. Les stratèges chinois sauront-ils les déjouer?

Seul le temps en sera témoin.

Le sceptre de l’empire US: le pétrodollar … contesté?

La première chose que les 11 porte avions de la NAVY défendent à travers le monde, serait bien le pétrodollar. Celui-ci constitue le symbole absolu de l’hégémonie et de la puissance incontestée des états-unis d’Amérique. Washington est mis au courant de chaque goûte de pétrole vendue dans le monde, et pourra imposer sa loi afin de préserver ses intérêts. Exemple, si Total n’obtient pas de dérogation de la part des états-unis, il ne pourra pas rester en Iran pour le développement et la production de la phase 11 de South Pars (SP11), et bien, il va devoir plier bagage. La dite “dérogation” n’est jamais arrivée. Ce n’est peut-être pas le meilleur exemple pour illustrer la puissance du pétrodollar, mais l’hégémonie monétaire américaine.

Laissez moi vous citer un contre exemple de ceux qui oseraient défier le pétrodollar.

https://www.liberation.fr/futurs/2000/09/27/saddam-hussein-vole-au-secours-de-l-euro_338712/

En 2000, l’ancien maître de l’Irak Saddam Hussein a clairement exprimé le souhait de vendre à l’Europe son pétrole en échange de la future monnaie unique de l’union. Quand son ministre de l’économie a fait cette annonce, Saddam n’avait plus que 6 ans à vivre, mais il ne le savait pas encore.

Puis, il y a un autre problème face au pétrodollar, l’OPEP. Un contre poids mineur, mais intolérable qui dérange. La solution pour les états-unis: se débarrasser de la variable l’OPEP tout en mettant la pression sur la Russie, avec le gaz de schiste.

Mais cela ne suffit pas. En 2018, la loi anti-OPEP Nopec (No Oil Producing and Exporting Cartels Act) refait surface.

“Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole”, qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Si le gaz de schiste fait perdre à l’Arabie Saoudite son pouvoir de fixer le prix du pétrole au niveau mondial, cette loi constitue une arme redoutable pour faire pluie et beau temps dans le golf. Et ce sera plus la tempête.

Mais le royaume n’entend pas se laisser faire. Il menace de représailles “nucléaires” si la loi passe au congrès américain.

Quelle est donc cette option nucléaire saoudienne qui ferait réfléchir une hyper puissance comme celle des états-unis?

L’abandon du pétrodollar par le royaume.

Faisons un petit compte.

Les investissements du royaume aux états-unis montent plus d’un millier de milliards de dollars US.

Saudi Aramco, le premier exportateur de pétrole au monde, affiche un chiffre d’affaire de 365 milliards de dollars en 2018.

Les échanges de dérivés du pétrole sont également largement libellés en dollars, le volume des échanges atteignant 5 000 milliards de dollars, toujours en 2018.

L’option nucléaire saoudienne pèse donc plus de 6000 milles milliards de dollars. Il y a largement de la place pour les autres monnaies telles que l’Euro, voire pire, le Yuan chinois.

Aux dernières nouvelles, NOPEC n’est toujours pas passée.

La loi NOPEC est clairement la ligne rouge pour les saoudiens. Toucher à cette ligne, provoquera une tempête plus importante encore que la crise financière de 2008 et la pandémie du covid19 auraient pu provoqué ensemble. Une guerre mondiale s’éclatera où tous les acteurs majeurs seront impliqués.

Mais ce n’est pas tout. L’accord stratégique sino-iranien sur 25 ans prévoit également des montants astronomiques en achat énergétique et investissements. Le gros problème de cet accord pour les états-unis n’est pas le respect des droits de l’homme dans les 2 pays protagonistes, mais la monnaie utilisée. Elle n’est pas le dollar américain. Le montant des 400 milliards de dollars étalés sur 25 ans n’est que symbolique au vue du volume d’échange annuel du pétrodollar, mais assez dérangeant car cela constitue un précédent pour les pays désireux de sortir du pétrodollar afin de diversifier leurs devises ( et l’avenir ? ).

Si la Russie a imité Saddam Hussein en préférant l’Euro au Dollar pour plus de la moitié de ses ventes énergétiques, l’Europe y réfléchit sérieusement ( mais discrètement ) depuis quelques années. On image que l’Élysée l’a eue mauvaise, quand Total a perdu son contrat historique en Iran, au profit du chinois Sinopec.

Solution?

Contourner les futures sanctions américaine en créant le pétroeuro.

Cela devrait se passer début 2022. Et ce sera un moment historique. En effet, l’Europe est le plus grand importateur énergétique du monde et elle règle ses pleins à la pompe en dollar américain. Une situation pas si étrange que cela qu’on connaît un peu l’hégémonie absolue des états-unis dans le domaine économique, financière et militaire.

Vouloir régler ses factures à la pompe avec sa propre monnaie est un luxe que très peu de pays au monde peuvent se permettre.

Nous voyons ici 2 aspects importants de la puissance du pétrodollar.

Un, il est puissant et incontesté, et risque de l’être encore pour très long temps.

Deux, l’étendu de sa puissance a atteint sa limite physique. Des zones qui lui échappent apparaissent en périphérie de sa zone de domination. Ces zones lui sont inaccessibles et grossissent dans le temps.

En conclusion, je pense qu’il serait préférable de nous passer de l’addiction pétrolière afin de trouver une voie de survie avant que la tempête climatique n’éclate? Après tout, c’est quand même nous, les consommateurs finaux qui ont la décision finale.

Sanctions: La ligne rouge est tracée

Début Juin 2021, le président américain Biden a effectué une tournée en Europe. Il est salué comme le libérateur, l’homme de la providence, le messie.

L’Amérique puissante est de retour ! titre France culture. Son auteur, Marie-Pierre Vérot, ne pouvait rester insensible à l’aura dégagée par la “puissance” de cette photographie d’un vieil homme de 78 ans, qui essaie de descendre d’un avion, sans tomber sur les marches cette fois.

La visite de Biden a pour objectif de resserrer les rangs des alliés pour contrer la menace de l’Est. La réponse de Poutine est ferme. Biden n’a rien obtenu de la Russie durant le sommet avec la Russie et il devait s’y attendre.

Plus subtile, la Chine a également opposé un message en signe d’avertissement. Elle a décrété la dernière d’une série de lois:

la loi anti-sanction étrangère

http://www.npc.gov.cn/npc/c30834/202106/d4a714d5813c4ad2ac54a5f0f78a5270.shtml

La sortie de cette loi à effet immédiat ( selon l’article 16) date du 10 Juin 2021, en pleine tournée de Biden en Europe. Elle constitue la ligne rouge clairement tracée, et un message adressé aux “partenaires de l’Ouest”.

Cette loi est inédite à plusieurs titres.

D’abord, on observe que la Chine a vite appris de ses erreurs du passé. Depuis des milliers d’années, l’Empire chinois a toujours placé la diplomatie avant ses troupes. L’art de la diplomatie est une science “inexacte”. Il y a des sous-entendus et des flous artistiques que les diplomates entretiennent pour éviter le conflit. La Chine avait pour habitude d’employer ses diplomates pour répondre aux “attaques”. Mais cette stratégie montre ses limites en 2014, lorsqu’elle a perdu le procès à l’OMS, pour avoir limité l’exportation de terres rares pour des “raisons écologiques”. L’OMS estime que la décision chinoise quant à la limitation de l’export de terres rares est animée d’abord d’arrière pensée, et sans aucun fondement juridique. Elle a donc compris l’importance de la base juridique pour justifier ses actions, et tracer le “red line”. Le dogme a radicalement changé.

Vous connaissez la chanson:

you have the right to remain silent ...

En suite, la dénomination de la loi est aussi inédite. Elle est concise et explicite, facilement intelligible par tous les avocats du monde, et facilement traduisible dans toutes les langues. Il n’y pas de mal entendu et erreur de traduction possible, à l’image des lois et des agences à 3 lettres des état-unis. En effet, certaines des anciennes lois chinoises ont des noms à plus de 12 caractères chinois, ce qui donne quelque chose comme 24 ou 30 mots nécessaires, une fois correctement traduits en Français. Cette simplification n’est clairement pas encrée dans la doctrine chinoise traditionnelle, qui préfère les subtilités et les sophistications. Là encore, le dogme a changé. On va à l’essentiel, vite et avec efficacité. Il n’y aura pas de négociation en coulisse ou compromis politique. La diplomatie de la canonnière n’a qu’une portée limitée. La loi est la loi.

Il vaut mieux une bataille juridique qu’une partie de bataille navale en mer du sud.

Et enfin, un petit détail et on sait que le diable est dans le détail:

La Chine a désormais les moyens de s’opposer à une certaine forme de sanction d’une certaine ampleur. C’est particulièrement stressant pour ses adversaires. Il est certain que ceux-ci ne tarderont pas à “tester” la solidité de la ligne rouge tracer par la Chine.

Ouïghours…

Ouïghours… un simple mot sur google déverse un flot de résultats décrivant les horreurs subies par ce peuple. A longueur d’articles, de vidéos, de témoignages poignants, on nous explique les persécutions, l’emprisonnement, les tortures, les viols. Et les chiffres gonflent, à une vitesse étourdissante : de 500.000 personnes emprisonnées à la fin 2019, nous en serions aujourd’hui à près de 6.000.000 ! Diantre, le PCC ne chôme pas.
Mais qu’en est-il vraiment ? Car après tout, on peut sincèrement se poser la question avec tout ce que l’on peut lire, avec toutes ces versions qui évoluent, ces contradictions, ces liens troublants que nos médias minimisent quand ils ne les occultent pas tout simplement.
Commençons donc par l’histoire de cette région, devenue Xinjiang durant le règne de l’empereur Qianlong (1735-1796). Dès la dynastie Han (206 av J.-C. à 220 de notre ère), cette région est occupée militairement par la Chine pour faire face aux invasions et menaces qu’elle subit régulièrement. Sous les Tang (618-907), cette région était également contrôlée par l’empire chinois jusqu’à sa conquête (partielle) par l’empire tibétain au VIIIème siècle. Cette région fut également partie de l’empire Yuan (1271-1368). Enfin, elle retourna à la Chine durant la dynastie Qing, au milieu du XVIIIème siècle et ce jusqu’à aujourd’hui,

avec son statut variant selon les périodes.
La Chine a donc historiquement plus de légitimité sur le Xinjiang que la France ou les États Unis sur certains de leurs territoires…

Maintenant, abordons le Xinjiang moderne et son traitement médiatique, via différents points importants qui apporteront probablement un éclairage intéressant pour la compréhension de ce qu’il s’y déroule.


Le Xinjiang, richesse des sols et point clé du BRI :
Commençons par rappeler que cette région, outre son immensité et son incroyable richesse des sols (pétrole et gaz entre autres, dont on ne cesse de trouver de nouvelles réserves), est la porte d’entrée de la Chine pour tous les échanges avec le Moyen Orient et l’Asie Centrale, notamment énergétiques, ainsi que le point de passage des nouvelles routes de la soie, projet porté par la Chine et que les États Unis cherchent à tout prix à contrecarrer. Il est d’ailleurs intéressant de se pencher sur les troubles qui apparaissent dans TOUS les pays ayant rejoint ce projet, de la Thaïlande qui a connu de nombreuses manifestations du type révolution de couleur, avec des figures qui étaient toutes proches des États Unis, au Myanmar avec le renversement de Aung San Suu Kyi devenue trop conciliante avec la Chine, et où les principaux intérêts chinois ont été attaqués ;
Au Kazakhtan qui connaît des troubles, notamment avec des violences visant la minorité chinoise et des pressions pour se retirer du projet BRI avec, en prime, les traditionnelles ONG comme HRW qui tournent autour ;
La Biélorussie où une tentative d’assassinat contre le président aurait été déjouée, où l’opposition soutenue par l’occident se retrouve aujourd’hui très contrôlée suite à de nombreuses manifestations qu’elle a organisé, avec une pression grandissante de l’occident et de nouvelles sanctions contre le pays ;
En Europe, des pressions sont ouvertement faites sur les gouvernements pour qu’ils se détournent tant de la Chine que de la Russie.
La voie maritime est elle aussi mise sous pression, avec des déclarations récurrentes de politiques et militaires américains souhaitant étouffer économiquement la Chine en bloquant le trafic maritime en mer de Chine du Sud. Pour rappel, 85 à 90% du trafic maritime en mer de Chine du Sud va ou vient de Chine.

Ceci étant dit, revenons au sujet, le Xinjiang et aux origines des troubles qu’il connaît depuis 40ans.


Historique des troubles :
Dans les années 80, dans un pays fort lointain, éclata un conflit, entre des forces communistes et de pauvres rebelles souhaitant libérer leur pays. La Chine ? Non, le pays voisin, l’Afghanistan. Cette histoire étant la version soutenue par de nombreux médias, oubliant de simples faits, dont voici un petit rappel : Les forces armées de l’URSS étaient en Afghanistan à la demande du président en place pour faire face aux islamistes, soutenus dès 1979 par les Etats Unis de Jimmy Carter. Nous sommes donc loin d’une résistance face à une invasion, mais encore et toujours face à l’utilisation de mouvements extrémistes pour « lutter contre le communisme » et déstabiliser un pays qui ne pense pas comme l’oncle Sam le souhaite. Ce qui s’est joué alors n’a pas été réduit à l’Afghanistan seul, les Etats Unis ayant dès le milieu des années 70 établi des liens avec des groupes et mouvements islamistes séparatistes dans toute la région de l’Asie centrale, mais aussi au Xinjiang. Pour rappel, Erkin Alptekin, un des piliers de la cause ouighour, se vantait lors d’une conférence en 2015 d’avoir été un lien entre CIA et indépendantistes ouïgours dans les années 70, et d’avoir travaillé pour eux au sein de très connue Radio Free Europe. Cet individu, que nous ne connaissons que peu en Europe car pas assez présenté par nos médias, est l’une des figures phare du mouvement ouïghour en occident, fondateur du World Ouigours Congress (et proche de nombreuses autres ONG du même type), un partisan du terrorisme (de son propre aveu) et a soutenu tous les mouvements indépendantistes dès lors qu’ils concernaient la Chine. Il s’est tourné vers la promotion auprès de l’occident de la cause Ouïghour à partir des années 80/90, sur le conseil d’occidentaux ravis de pouvoir interférer dans les affaires chinoises. Cela marquera le début des ONG ouighours à travers le monde, vitrine présentable d’un mouvement islamiste indépendantiste qui aurait été farouchement combattu s’il avait concerné n’importe quel pays occidental.
Durant la même conférence, il reconnaitra que l’intérêt de l’occident pour le Xinjiang vient plus du sol riche en ressources que de la cause des ouïghours, mais s’en accommodant très bien tant que cela allait dans le sens de ses intérêts, validant ainsi l’hypocrisie de nos gouvernements sur le sujet.
Ce soutien américain à la déstabilisation du Xinjiang a perduré et a été confirmé dans les années 2000 par une lanceuse d’alerte américaine, ancienne traductrice du FBI, Sibel Edmonds. Cette dernière a dénoncé les liens étonnants entre les Etats Unis, la Turquie, et certaines figures terroristes, allant jusqu’à affirmer que les Etats Unis (et la CIA) étaient derrière toutes les attaques des années 1996 à 2002. Une vidéo de 2015, où elle donnait une interview sur les opérations américaines, est assez éclairante sur le sujet.

Quand on parle d’attentats, l’Occident se souvient toujours avec horreur de ceux qu’il a subit sur son sol, bien que ces derniers aient été au final assez rares en comparaison.
En 2013, le journal le temps répertoriait près de 200 attaques terroristes au Xinjiang, et ce pour la seule année 2012. Attaques commises au nom du Djihad mentionnent ils.
Pour 2013 et 2014, on peut lister entre autres un attentat suicide à la voiture piégée sur la place Tiananmen à Pékin le 28 octobre 2013 qui a fait deux morts et 40 blessés, une attaque au couteau à la gare de Kunming (capitale du Yunnan) le 1er mars 2014 qui a fait 31 morts et plus de 140 blessés, une valise piégée à la gare d’Urumqi (capitale du Xinjiang) le 30 avril 2014 qui a fait trois morts et 79 blessés, ou encore un double attentat suicide à la voiture piégée sur un marché à ciel ouvert d’Urumqi le 22 mai de la même année qui a fait 31 morts et 94 blessés. Ce n’est ici qu’une fraction de ce qu’a subit la Chine. On peut parler des émeutes de 2009, qui eurent un énorme impacte sur la politique chinoise. Que cela soit par le bannissement de facebook de Chine, ces derniers refusant entre autre de fournir les informations des terroristes présents sur la plateforme et ayant planifié et coordonné leurs attaques directement sur les pages de groupes indépentistes/islamistes que facebook hébergeait.
Que cela soit par la chasse qui s’en suivit contre les agents américains de la CIA en Chine, et qui dura plusieurs années. C’est entre une dizaine et une trentaine d’agents qui ont été tués ou arrêtés sur le sol chinois en l’espace de quatre ans, suivant les sources.
Que cela soit par la prise de conscience par la Chine que le Xinjiang était un maillon faible, dont il était important de s’occuper en favorisant son intégration et son développement.
Ces attaques, qui ont duré 35ans en tout, fait des milliers de morts, ont profondément marqué la Chine.
Quelle serait ou aurait été la réaction des pays européens si, chaque année pendant 35ans, sur leur sol, se déroulaient des dizaines voire des centaines d’attaques terroristes ?
Pour les Etats Unis, on le sait : suite à une attaque, celle du 11 septembre 2001, ils ont envahi, pillé et détruit plusieurs pays n’ayant pourtant rien à voir avec l’attentat. Plusieurs millions de mort, des dizaines de millions de blessés et de déplacés, et après de nombreux scandales sur des massacres de civils, des tortures, des enlèvements, des viols et des prisons secrètes aux conditions abjectes, toujours aucune protestation du monde en général et de l’occident en particulier.
La Chine, elle, a subit des milliers d’attaques en 35ans. De nombreux meurtres et violences furent commis, aussi bien au Xinjiang que dans le reste de la Chine, visant militaires comme civils, Han et minorités, religieux et non religieux. De nombreux ouïghours opposés à ces violences et au séparatisme, croyants ou non croyants, furent attaqués voire tués pour faire taire leur voix. Des imams furent tués ou battus. Mais l’occident n’en a cure, préférant faire croire que cette volonté d’indépendance est un mouvement populaire, local, commun à tous les ouïghours, là où ce n’est qu’un mouvement ultra minoritaire et importé de l’étranger. Et son tord aujourd’hui est d’avoir pris des mesures ayant mis en échec les espoirs américains de déstabilisation de la région.


Les débuts de la médiatisation de la cause ouïghour :
Bien que le Xinjiang subisse des attaques depuis 40 ans, ce n’est véritablement que depuis 2018 que nous en entendons parler en boucle. Septembre 2018 est le début de ce vaste mensonge, avec, à la une de tous nos journaux et en boucle à la télé, une condamnation de l’ONU à l’encontre du traitement des ouïghours en Chine. Avec un tel titre, cela marquait à coup sûr les esprits. Mais était-ce vrai ? L’ONU avait-elle condamné la Chine ? Les représentants de l’ONU avaient-ils affirmé que la Chine avait enfermé jusqu’à un million de personnes ?
« Un porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a confirmé dans une déclaration à Grayzone que l’allégation de « camps » chinois n’a pas été faite par les Nations Unies, mais par un membre d’un comité indépendant qui ne s’exprimait pas au nom de l’ONU. Il se trouve que ce membre était la seule personne américaine à siéger au comité et qu’elle n’a pas fait d’études ou de recherches sur la Chine. » Investig’action 6 septembre 2018.
Cela commence déjà mal pour l’histoire si les gros titres sont déjà biaisés, si ce n’est faux. Mais cela n’a pas dérangé nos journalistes, qui n’eurent de cesse de reprendre en boucle cette histoire. Aucune attention non plus portée au dossier présenté, ni aux sources du dit dossier. A quoi bon.
Que toutes soient liées à des agences de renseignement américaines ? Pas de soucis.
Que les informations soient sorties tout droit du chapeau d’un pseudo expert de la Chine, qui sur tout autre sujet aurait été interné d’office ? Là encore, pas de problème.
C’est la Chine, tout est permis. S’est alors déroulée la grande mascarade, à coup de vidéos bidons provenant de partout où presque, sauf de Chine, à coup de témoignages dans tous les pays occidentaux des principales figures des mouvements ouïghours, à coup de grands clichés sur le vil PCC qui opprime son peuple et cache tout au monde. Tout est possible, ils sont communistes et ils sont chinois, on ne peut donc nullement les croire ! J’exagère pensez-vous ? Reprenez tous les articles concernant la Chine depuis bientôt 3ans, sans compter la masse de commentaires, tous plus affligeants les uns que les autres, qui inondent journaux, réseaux sociaux et forums. C’est bien l’idée véhiculée par nos médias, et avec succès vu la quantité de personnes se permettant de répéter ces inepties. Faut dire, les acteurs étaient plutôt convainquant et la Chine particulièrement mauvaise pour se défendre !

Les grandes figures de ce mouvement :
Outre Erkin Alptekin cité plus haut, nous avons également Rebiya Kadeer, qui fut l’une des voix fortes du mouvement ouïgours sur l’oppression, la discrimination, et sur les politiques de stérilisation de la Chine à l’encontre des musulmans ouïgours. Mais qui est-elle ? Comment peut-elle être prise au sérieux avec une telle histoire ?
Issue d’une famille pauvre, mariée à 15ans à un petit fonctionnaire, elle a pu devenir en Chine l’une des femmes les plus riches du pays, un membre éminent du PCC. Elle eu 6 enfants de son premier mariage et 5 de son second. Elle fut une représentante de la délégation chinoise aux nations unies. Question casting pour la discrimination, la persécution et la stérilisation, elle ne coche aucune case. En revanche, lorsqu’elle est arrêtée pour ses liens avec des séparatistes et pour avoir envoyé des informations à son mari, exilé aux Etats Unis, travaillant pour radio free Asia (une antenne connue et assumée de la CIA), et lorsque ces derniers firent pression sur la Chine pour la faire relâcher, là en revanche, l’image devenait plus nette. La Chine à l’époque, dépeinte comme terrible avec ses opposants, la laissa partir aux Etats Unis. Si l’on ajoute qu’elle soutiendra les émeutiers de 2009 dont on sait aujourd’hui qu’ils étaient téléguidés par la CIA, nous avons là une personne des plus « crédible » pour porter le message américain ouïghour.
Autre visage important, Dolkun Isa, un des fondateurs du WUC, qui fut également un des organisateurs des émeutes de 88 à Ürümqi et lié à des membres de l’ETIM. Il est sur la liste des personnes recherchées pour terrorisme par la Chine et, jusqu’en 2018, était sous le coup d’une notice rouge d’Interpol, étonnamment retirée au début de la médiatisation du Xinjiang par les Etats Unis.
Enver Can, plus discret, s’était fait connaître pour son opposition farouche à la classification de l’ETIM comme organisation terroriste. C’est également un ancien employé de Radio liberty, le petit nom de Radio Free Europe, média de propagande de la CIA (Derek S. Reveron/Jeffrey Stevenson Murer : Flashpoints in the war on terrorism, 2006). Encore les mêmes ficelles que l’on retrouve donc derrière chacune de ces personnes.
On pourrait continuer ainsi sur plusieurs lignes, les participants à la farce sont faciles à trouver et à démasquer. Entre « leaders » qui partagent des vidéos prouvées fausses mais assumant, car « cela sert à éveiller les gens à la cause ouighour », ceux qui sont ouvertement soutenus par les Etats Unis, la NED, ou (ex)employés par la CIA et les différents organes de propagande qui lui sont liés, ceux dont les propos n’ont eu de cesse de se contredire, on a l’embarras du choix. Tursunay Ziyawudun, dont le témoignage a changé du tout au tout en un an à peine :
un article de BuzzFeedNews puis un article de la BBC, deux histoires différentes. Son témoignage est digne de celui qui permit l’invasion de l’Irak en 1990 avec les mêmes méthodes et les mêmes mensonges.
Une autre témoin, Gulzira Auelkhan, a vu ses témoignages successifs évoluer grandement, expliquant d’abord qu’il n’y avait ni violence, ni viol, puis dans des interviews ultérieures, parlant de violence inimaginables, de viols, de trafic de jeunes femmes qu’elle préparait elle-même pour des clients chinois… Le fait qu’elle change de version ? Le choc, le traumatisme, mais ce n’est certainement pas lié à l’obtention d’un statut de réfugié et de financement par la NED. Seules les mauvaises langues oseraient soulever ce point.
Autre personne aimant se ridiculiser, Rushan Abbas. Cette brave dame, qui tantôt admet être financée par la NED, tantôt le nie, a trouvé un moyen de gonfler toujours plus les chiffres des persécutions chinoises : si 5 à 6 millions de personnes incarcérées peut sembler énorme sur une population de 12 millions, voire même devenir légèrement ridicule quand on y pense sérieusement, c’est parce que le monde entier se trompe, que la Chine ment, et que les ouïghours ne sont pas 12 millions mais entre 20 et 25 millions… selon ses propres experts, qu’elle ne nommera jamais. On devine qu’ils doivent probablement travailler au service de Com et Marketing de la NED, car avec elle, le vocabulaire aussi évolue. Elle est en effet l’une des premières à avoir parlé de génocide, à parler de négationnisme quand on cherche à lui opposer des faits, et va jusqu’à parler de crématoriums collés aux camps pour faire disparaître les « victimes du génocide » pour expliquer qu’on ne trouve nulle trace. Diantre, on se croirait en pleine discussion sur la seconde guerre mondiale et sur les camps allemands ! Et ce n’est pas innocent si le vocable utilisé rappelle ces atrocités : qui oserait nier ou discuter ces faits là ? Personne de sensé. Personne ne souhaite être taxé de négationniste. Or comment faire taire toute voix dissonante si ce n’est en le qualifiant ainsi. Inconsciemment, pour la majorité des gens, c’est la ligne rouge, on ne doit pas réfléchir mais condamner. Et c’est le but recherché, que les gens ne réfléchissent pas trop au sujet mais condamnent ! Et que se taisent toutes les voix qui peuvent s’élever pour dénoncer ces absurdités. Que la censure et l’auto-censure règnent !

Les complices, nos médias :
Puisqu’on parle censure, parlons de celle massive, à laquelle les voix dissidentes ont droit : on a rarement fait mieux. Twitter a supprimé de nombreux comptes de personnes cherchant à montrer ce qu’était le Xinjiang. Facebook censure et bannit à tour de bras. Des vidéos sur youtube disparaissent mystérieusement… Quant à nos médias, ils ont toujours une explication ! Ainsi, quand l’OCI a pris la défense de la Chine après que des délégations se soient rendues sur place, l’explication fut qu’ils se soumettaient à un partenaire commercial dont ils avaient peur, leur avis n’avait dès lors plus d’importance. L’OCI pour rappel, est l’organisation de la coopération islamique et regroupe 57 pays. La Chine ferait donc pression sur 57 pays qui depuis deux ans ne cessent de se ranger derrière elle. Même l’Arabie Saoudite, allié traditionnel des américains, soutient la Chine…
L’Europe fut elle aussi invitée à venir sur place mais a préféré décliner : Dur de continuer à soutenir une histoire quand on doit se rendre sur place et qu’on sait qu’on ne trouvera rien de crédible.
Quand ce sont des étrangers qui se rendent au Xinjiang pour visiter et filmer ? Ils sont payés par la Chine voyons ! C’est d’ailleurs parait-il le seul moyen pour des étrangers de se rendre sur place ! Des dizaines de youtubeurs étrangers et chinois (Daniel Dumbrill, Jerry Goode, Andy, Alex, Ychina, Numuves, pour ne citer qu’eux), se sont rendus sur place, pour montrer ce qu’était la vie là-bas, mais non, cent fois non, on nous rabâche que ce n’est que de la propagande, des idiots utiles du communisme chinois, qui sont forcément achetés !
Autant dire qu’il me tarde donc vivement d’y aller, l’endroit est magnifique et mon compte crie famine. Sait-on jamais…
Autre incohérence : les médias étrangers y sont interdits, nous dit-on. Cela n’a pas empêché un journaliste de la BBC de se faire chasser du Xinjiang par la population suite à une phénoménale escroquerie « journalistique » . A défaut de trouver matière à critiquer, on modifie des reportages chinois pour les faire passer pour des scoops BBC. Technique qui n’est pas nouvelle, surtout sur le Xinjiang, la photo la plus connue en occident venant encore d’un énorme détournement :
Et oui, cette magnifique photo de prisonniers en bleu, assis à même le sol, bien alignés, censés être des ouïghours emprisonnés, cette photo qui vous a convaincu que la Chine oppressait tout un peuple… vient d’un article de 2014, de la presse chinoise, traitant de la visite et de discours de politiques et religieux dans différents endroits du Xinjiang, notamment une prison, devant des prisonniers de droit commun, donc des gens de toutes ethnies accusés de crimes divers… Le style est très chinois, mais rien à voir donc avec un camp de concentration réservé aux ouïghours !
De même ce fameux transfert de prisonniers entre deux trains, de nuit, était le transfert de criminels venant d’être arrêtés, dans le sud de la Chine, lors d’un démantèlement d’un vaste réseau d’escrocs. Cela avait fait la une de nombreux journaux en Asie.

De nombreuses vidéos et photos se sont avérées provenir de partout sauf de Chine (Japon, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Turquie, et même un extrait d’un navet américain, c’est pour dire). Des vidéos Tiktok furent détournées pour faire croire à des scènes malheureuses. Certaines sont débunkées rapidement, comme celles-ci, où de fausses emotes ont été rajoutées pour faire croire à des malheurs. Le ridicule ne tue pas… malheureusement. Mais beaucoup tournent encore et même si les photos sont toutes identifiées et prouvées fausses, le mal est fait. Ainsi, sur cette vidéo, entre photos provenant du Falun Gong aux Etats Unis, photos détournées, photos venant de d’autres pays et, pour la photo finale…. une peinture. Il y’avait une photo, ridicule, la première sur la vidéo, censée être une photo prise lors d’une séance de torture d’une femme ouighour. Une vraie de vraie qui avait fuité nous disait-on ! La photo venait finalement d’un « évènement » du Falun Gong aux Etats Unis, où ces derniers expliquaient les terribles méthodes chinoises avec les fameuses tiges de bambous plantées sous les ongles ! Et pompon, la photo était à l’époque collée à une photo de la libération d’Auschwitz, au cas où vous n’auriez pas compris que les chinois étaient nos nouveaux nazis ! Bon, les lunettes de soleil, la casquette de travers, les uniformes qui ne correspondent pas… Cela n’a pas choqué grand monde ! Si c’est sur internet, c’est que c’est vrai…

Et, bien que cela soit facile à démonter, beaucoup par feignantise, pour ne pas dire par bêtise, se laissent avoir et ne vérifient pas. Plus c’est gros…
Mais revenons-en à nos médias. Le Monde s’y est essayé aussi, n’étant jamais en reste quand il s’agit de porter la parole américaine. Le Monde, entre autres, qui expliquait que la journaliste qui avait pris la défense de la Chine était une invention de PCC et n’a jamais daigné s’en excuser, corrigeant vaguement son article, et ce seulement après que cette dernière ait donné une interview au Figaro, ridiculisant ainsi le Monde, Libération et compagnie. Certains n’ont toujours pas corrigé, comme Libé ou VA. On appréciera la déontologie journalistique.

De même, étant fort contrarié de voir des ouïghours fêter la fin du ramadan librement, Simon Leplâtre, un « journaliste » du Monde qui semble faire une fixette sur la Chine, et qui était présent sur place (malgré le fait que tous nos médias, le Monde inclus, nous expliquent que c’est impossible d’y aller)

tweetera que tout ceci n’était que mise en scène et que les ouighours étaient forcés !
Les ouïghours n’auraient pas droit à la barbe ni aux signes religieux, mais pourtant des centaines de photos e
t de vidéos attestent du contraire… éléments fournis par nos propres médias !

Les ouighours représentent 1% de la population chinoise mais semblent être forcé pour tout ! Pour le travail, pour faire la fête, pour apprendre le chinois, pour tout on vous dit !



ls produisent tout sous la contrainte, le coton, les vêtements, les panneaux solaires, et quand bien même les agences sur place expliquent que non, ce n’est pas vrai, que le coton est ramassé à 90% mécaniquement, que les panneaux solaires sont faits industriellement, que les usines produisant les vêtements sont contrôlées régulièrement et que rien n’y a été trouvé, on continue de nous marteler qu’ils sont opprimés, photos à l’appui. Bon la photo s’avérait venir du Brésil… Mais c’est pas grave.
Il y’avait eu une note, trouvée dans une chaussure produite par la marque the north face, où un ouïghour aurait laissé un appel à l’aide. Petit problème, cette marque ne produisait pas ces chaussures au Xinjiang mais au Vietnam. Encore loupé.

En parlant de photos, nous avons eu également les photos satellites des camps, preuve indiscutable qu’ils existaient, et ceci grâce au fantastique travail indépendant de l’ASPI ! C’était en une de tous nos médias. Bon, deux problèmes se sont posés. Le premier, l’ASPI n’a rien d’indépendant, car bien que se présentant comme tel et étant un « think tank » australien, il est financé par le département d’état américain, par la NED, par des industriels de l’armement, et de façon officielle, tout ceci étant sur leur propre site. Mais nos médias n’ont jamais été intéressés par les conflits d’intérêts, on le sait.
Deuxième problème, de taille également, toutes les photos présentaient les coordonnées GPS des lieux. Tous furent vérifiés. 380 photos, 380 lieux différents, cela donna : 343 bâtiments civils (hôpitaux, écoles, lycées, usines, fermes, etc) et 37 bâtiments liés à la police, à l’armée, au système pénitentiaire, etc. Beaucoup étaient déjà identifiés sur… Google Map. Un exemple parmi tant d’autres…
Avec tout cela, nos médias se sont-ils empressés de corriger ? On attend toujours, un stagiaire probablement qui aura perdu le mea culpa de nos chers journalistes.
D’ailleurs, il est étonnant qu’avec les chiffres actuels (5 à 6 millions de personnes incarcérées), avec un ratio de 2000 à 3000 personnes par camp (chiffre donné par le WUC et Adrien Zenz), nous n’arrivions toujours pas à trouver un seul des près de 1600 à 3000 sites qui devraient dès lors exister. Cela ne passerait pas inaperçu à une époque où nos systèmes satellites peuvent photographier une mouche sur un verre.

Un autre chef d’œuvre de désinformation fut l’article du NYT :
https://www.nytimes.com/interactive/2019/11/16/world/asia/china-xinjiang-documents.html
Celui-ci vaut de perdre une heure à tout lire, les pages produites et leurs traductions. Nous avons donc 400 pages qui auraient fuitées, grâce à un membre du PCC. Manque de chance, il s’agit pour une grande partie de discours retranscrits et pour l’autre de directives, les uns comme les autres disponibles sur internet, notamment sur les sites officiels chinois. Car oui, la Chine (comme la France ou les Etats Unis) retranscrit les discours donnés par son président ou ses officiels. Le reste sont des documents nous dit-on d’interrogatoires, entre autres, dont le NYT ne semble pas trop souhaiter creuser la véracité.
Soit ! Ces documents sont censés révéler comment la Chine a mis en place un système de répression et de persécution des ouighours ! Et tout l’article se résume avec cette magnifique phrase du journaliste :

In several surprising passages, given the crackdown that followed, Mr. Xi also told officials to not discriminate against Uighurs and to respect their right to worship. He warned against overreacting to natural friction between Uighurs and Han Chinese, the nation’s dominant ethnic group, and rejected proposals to try to eliminate Islam entirely in China (…) But Mr. Xi’s main point was unmistakable: He was leading the party in a sharp turn toward greater repression in Xinjiang


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https://www.nytimes.com/interactive/2019/11/16/world/asia/china-xinjiang-documents.html


En clair, bien que Xi explique qu’il ne faut pas discriminer les ouïghours et qu’il ne faut pas s’en prendre à l’Islam, son objectif était clair, une plus grande répression au Xinjiang. Logique imparable.
Ils ont malheureusement retiré les pages de traduction qu’ils présentaient à l’origine, et qui rendaient l’ensemble encore plus risible, car outre des traductions volontairement biaisées, certaines traductions relevaient carrément de la pure fiction. Ainsi, une des traductions présentées dans l’article explique que Xi Jinping aurait déclaré qu’il fallait user de « tous les outils de la dictature » pour arriver à leurs buts. Nous imaginons tous Xi Jinping qualifier la Chine et le système chinois de dictatorial… évidemment. De même, il y’a des éléments tellement incriminants dans ces 400 pages, qui lèvent tout doute possible sur ce qu’il se passe au Xinjiang, qu’ils ont décidé de ne produire que les pages… qui ne contiennent rien d’important. Le reste était probablement trop insoutenable pour que nous autres puissions le lire…
Cela n’empêcha pas les médias de tous les pays occidentaux de se saisir du sujet et de publier, à tour de bras, sur les « preuves irréfutables » produites par le NYT. Heureusement que personne ne relit ou ne vérifie, cela mettrait en péril le journalisme moderne.
Et nos médias ne sont pas avare quand il s’agit de parler du Xinjiang. En mal, j’entends.
Car il n’y a toujours rien dans nos médias sur les centaines d’habitants du Xinjiang qui ont filmé leur quotidien. Toujours rien concernant les plaintes déposées par de nombreuses sociétés chinoises contre l’occident. Toujours rien sur les milliers d’incohérences que l’on retrouve, les collusions avec des agences américaines, les faux avérés, les fake news, les détournements, etc.
Rien sur Adrien Zenz, présenté comme un expert de la Chine, pourtant un expert ne parlant pas chinois, n’étant jamais allé sur place, ayant toujours eu des positions anti-communistes très affirmées, sans compter ses innombrables délires sur les juifs, les homosexuels, ses propos racistes, etc. Rien sur ses « analyses » qui furent toutes démontées, par de vrais experts, tellement elles étaient farfelues (notamment celle sur les stérilisations forcées, où le contenu de ses conclusions n’était qu’un ramassis d’inepties médicales dénoncées par de nombreux médecins).
Toujours rien sur le dernier rapport « explosif » d’indépendants sur le Xinjiang, rapport atomisé quelques jours plus tard pour son manque de sérieux, pour ses sources douteuses, et pour les liens de tous ses membres avec différentes administrations ou lobbys américains.
Rien ou presque sur les membres de l’ETIM que nous combattons en Irak, en Syrie, en Libye, en Afghanistan et qui se sont rendus coupables d’atrocités. Rien sur la protection offerte par les Etats Unis à plusieurs reprises à des combattants Ouighours qui avaient été arrêtés (en Thaïlande par exemple, où les Etats Unis ont fait pression sur le pays pour que soient relâchés plusieurs combattant qui devaient partir… en Turquie. Un attentat sanglant quelques jours après, attribué aux loups gris, viendra clôturer l’affaire).
Rien sur les revendications et déclarations de nombreuses figures du mouvements ouighours sur leur volonté de voir apparaître un Turkestan de l’Est dont ils auraient chassé tous les non musulmans et les non ouïghours. Ce qu’on appelle communément un nettoyage ethnique et religieux…
Rien sur les nombreuses voix qui s’élèvent dans le monde contre cette mascarade.
Rien ou presque sur les déclarations américaines concernant le financement d’une vague de propagande sans précédent contre la Chine.
Rien non plus sur la déontologie perdue de nos journalistes, sur la soumission de nos politiques au maître anglo-saxon, et rien sur la bêtise crasse des masses incapables de se rendre compte quand on lui joue du pipeau pour la énième fois. C’est vrai que nous n’avons pas eu encore assez d’exemple de manipulations, de mensonges, pas assez de conflits non justifiés au profit des Etats Unis. Vietnam, Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Syrie, Libye, Yémen, etc… Cela ne semble avoir servi à rien.

Non… De toute évidence tout ceci n’est pas une vague sans précédent de propagande contre la Chine, digne des plus belles heures de la guerre froide entre les Etats Unis et l’URSS. Tout ceci n’est qu’un mauvais cauchemar qui se répète, avec juste un nouvel acteur.
Mais la Chine n’est pas l’URSS, et ce sont les Etats Unis qui aujourd’hui sont en déclin, chaque jour un peu plus.

Avant d’acheter une arme, regardez qui en a les plans …

En 1982, l’Argentine a tenté de récupérer les îles Malouines, mais l’opération fut une échec total. La junte militaire tombe, à l’image de son aviation militaire, anéantie par la chasse britannique. Ceux-ci ont pu bénéficier de l’aide française. En effet, l’argentine était en partie équipée de quelques excellents chasseurs Super-Étendard de Dassault. La France avait fourni aux britanniques des renseignements critiques sur les équipements vendus à l’Argentine, et a permis aux pilotes anglais de monter dans les simulateurs pour s’entraîner contre les avions argentins de fabrication française.

Des décennies plus tard. L’Argentine n’a pas oublié l’humiliation infligée par la Grande-Bretagne et a trouvé un partenaire surprenant : la Chine.

Après de longues recherches et beaucoup d’hésitations, l’Argentine qui ne parvient pas à rebâtir une chasse digne de ce nom à cause de sanctions économiques imposées par la Grande-Bretagne, de vetos anglais lorsque l’Argentine s’apprête à acquérir un appareil ou simplement parce que l’appareil est trop dépassé. Elle avait démarché les Français, Suédois, Israéliens, et même les sud-coréens. Les appareils sont soit trop chers, soit équipés de composants britanniques, donc, soumis à l’embargo.

En fin, l’Argentine semble définitivement décidée à acquérir un appareil assez bon marché, ayant connu l’épreuve du feu et qui échappe à l’embargo anglais: le JF-17/FC-1 chinois

En remerciement, la Chine tient sa “parole”.

https://www.un.org/press/fr/2021/agcol3347.doc.htm

Voici le programme du Comité spécial de la décolonisation du 24 Juin 2021. La Chine a vivement critiqué le colonialisme britannique, à cause de son occupation des îles Malouines aux larges des côtes argentines.

Mais l e rapprochement avait déjà commencé il y a des années.

Le président chinois Xi Jinping avait déjà rencontré son homologue argentin Mauricio Macri à Buenos Aires en 2018.

Il affichait son soutient le plus total au combat de l’Argentine pour sa souveraineté nationale. Xi JingPing a reçu à cette occasion, la plus haute décoration honorifique d’Argentine, l’Ordre du Libérateur Général San Martin.

Entre temps, la nouvelle route de la soie et le vaccin chinois sont venus compléter le tableau. La relation entre les 2 pays est plus tôt bonne.

Les argentins ont du comprendre l’importance du choix de l’armement. Le mauvais choix stratégique dès l’achat peut conduire, des décennies plus tard, à une défaite sans appel. Le choix du chasseur chinois signifie que l’Argentine compte sur la Chine pour son développement économique et ses revendications de souveraineté pour les 15 ans à venir au moins.

La Chine va désormais jouer sur les îles “colonisées”, à l’instar de l’Occident qui s’amuse avec les îles “rebelles”. Et le choix du JF-17 est un message fort envoyé aux britanniques.

En effet, cet appareil peut voler à mach 1.6. Il arrivera aux îles “disputées” en moins de 20 minutes. Mais à cause de la situation économique désastreuse de l’Argentine, celle-ci ne peut en acquérir qu’une douzaine d’appareils. On est très loin de remettre en question la présence britannique.

Mais l’Argentine est riche en minerais et la Chine saura en tenir compte. Cette présence de matériels militaires chinois en Amérique latine est primordiale. Il est évident que la Chine vise les pays voisins tels que le Pérou, voire le Venezuela. Cela risque ne pas plaire à tout le monde.

Accord nucléaire: La fusion est plus difficile que la fission

Aujourd’hui, j’ai enfin compris le sens du mot “cynisme” lorsque je suis tombé sur cette chose:

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210402-nucl%C3%A9aire-iranien-les-%C3%A9tats-unis-rejoignent-les-pourparlers

avec un comique rare:

Les États-Unis participeront mardi prochain à Vienne à des pourparlers pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien. Ces négociations, pour le moment indirectes, réuniront tous les signataires de l’accord – Iran, États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne. Washington dit par ailleurs rester « ouvert » à des discussions « directes » avec l’Iran. 

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210402-nucl%C3%A9aire-iranien-les-%C3%A9tats-unis-rejoignent-les-pourparlers
Le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. Photo AFP / POOL / Carolyn Kaster

Et oui, nous parlons bien de l’accord nucléaire avec l’Iran ( JCPoA ) , que Trump a atomisé en 2018.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_am%C3%A9ricain_de_l%27Accord_de_Vienne_sur_le_nucl%C3%A9aire_iranien

Quand vous aurez fini de rire ( sans vous étouffer ), vous pouvez continuer la lecture.

Des semaines et 6 lots de négociations sont déjà passés, et voici cette annonce, faite avec la méthode étasunienne.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1773481/syrie-frappes-americaines-iran

Il s’agit d’une attaque aérienne menée par l’aviation de l’armée américaine sur sol syrien, à la frontière avec l’Irak. Des combattants pro-Iraniens ont été tués lors de l’attaque.

TOPSHOT – Iraqi mourners attend the funeral of a fightrer of Hashed al-Shaabi paramilitary alliance following US air strikes on the Syrian-Iraqi border, on June 28, 2021 in the northern Nineveh province. Iraq’s Prime Minister Mustafa al-Kadhemi today condemned an overnight US air strike against Iran-backed armed groups which a monitor said killed at least seven fighters. The Pentagon said it had conducted retaliatory targeted air strikes against “facilities used by Iran-backed militia groups” on the Iraq-Syria border. / AFP / Zaid AL-OBEIDI

Le message envoyé par les USA n’est pas très optimiste et reflète toutes les difficultés rencontrées lors des négociations avec l’Iran.

Cette attaque montre que les USA et l’Iran sont très loin d’un accord. Elle doit servir de ‘rappel’ à Téhéran que les USA possèdent toujours la carte militaire à jouer. Ils ne tolèrent pas une telle présence des miliciens pro-iran dans la région. Elle doit également rassurer son allié du coin de longue date: l’Israël. Celui-ci ne doit pas se sentir trahi. Les USA doivent leur montrer qu’ils sont présents et qu’ils n’hésitent pas à intervenir.

Mais je vais vous demander de prêter attention à l’endroit où l’attaque a eu lieu: il est sur le sol syrien, à la frontière avec l’Irak. Cela démontre que les USA n’ont pas (encore) l’intention de pousser l’Iran à bout. Dans le cas contraire, l’attaque aurait eu lieu sur le sol Iranien ! Un espoir est toujours possible. Mais l’espoir pour qui?

analysons.

La position iranienne est claire: revenir dans l’accord à l’unique condition que les USA retirent toutes les sanctions entreprises suite à “l’atomisation” de 2018.

La position américaine est plus compliquée à tenir. Après avoir causé la fission de l’accord, la fusion n’est pas aussi simple à réaliser. D’abord, l’opinion américaine ne comprendra pas le retrait unilatéral des sanctions contre l’Iran. Cela sera perçu comme un aveu de d’échec et de faiblesse. Puis, à l’heure où les USA tentent de resserrer les rangs de ses partenaires pour contrer la “menace” chinoise, reculer devant l’Iran les rendraient tout simplement ridicules. Alors la position américaine est d’un jeu d’équilibriste:

Selon le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, Washington est prêt à examiner une levée des sanctions envers l’Iran, mais seulement celles liées à la question nucléaire. « Nous ne ferons certainement pas de gestes unilatéraux ou de concessions pour convaincre l’Iran », a prévenu Ned Price.

https://www.20minutes.fr/monde/3014819-20210406-nucleaire-etats-unis-font-petit-vers-iran

Les USA demandent donc aux iraniens de faire demi-tour, contre “une cacahuète”. Si non, l’aviation américaine rode toujours dans le coin.

Il est évident que la demande de la partie américaine est inacceptable pour Téhéran. L’opinion iranienne ne pourra jamais accepter une telle humiliation.

Mais alors quelle est la carte iranienne?

https://fr.euronews.com/2021/03/27/iran-chine-un-pacte-de-cooperation-strategique-de-25-ans

La carte est chinoise. Et elle est matérialisée par au moins 400 milliards de dollars d’investissement en Iran contre du pétrole et gaz de très bonne qualité. Tous les détails de l’accord ne sont pas publiques. Mais nous savons déjà que l’Iran va vers la fin du pétro-dollar. Les échanges avec la Chine se feront avec Yuan Chinois. C’est lourd de signification car en effet, les transactions se feront hors du système SWIFT, les USA n’auront donc, ni la possibilité de bloquer les transaction, ni même la connaissance précise du volume d’échange.

Et il y a bien sur la carte russe. Celle-ci pourra toujours fournir une aide technologique et surtout militaire.

En réalité, la grande gagnante du retrait américain est bien la Chine. Nous commençons à en apercevoir le contour 4 ans après. Les acteurs de la régions ont bien compris que la Chine est un choix fiable. Ainsi, nous voyons une utilisation assez importante du vaccin chinois contre le Covid-19. Les Emirats arabes unis ont même acquis le droit de production locale.

En effet, lors du retrait unilatéral de l’accord nucléaire en 2018, l’Europe a simplement suivi à cause de ses intérêts fortement dépendants des USA. Les seuls qui sont restés sont russes et chinois … et la nature a horreur du vide …

Propagandez contre la Chine, il en restera toujours quelque chose.

                                                      Crédit : Reuters David Gray

Pour n’importe quel observateur avisé, qui analyserait en toute objectivité le traitement médiatique du monde occidental (Europe de l’ouest, Etats Unis, Canada, Australie) vis-à-vis de la Chine, le nombre d’articles à charge contre l’empire du milieu est vertigineux.

Comme nous l’avons vu dans un article précédent, nous assistons au début d’une nouvelle guerre froide. Une guerre froide qui, comme celle des années 50 et 60 entre les Etats-Unis et l’Union soviétique, est une guerre diplomatique, de communication, d’influence. Ici il faut se souvenir que la première guerre froide ne dégénéra pas en conflit ouvert, en guerre « chaude ». Même s’il ne fallait pas grand-chose en 1962 pour que la crise des missiles de Cuba dégénère.

Quand on observe ce que le monde occidental, les Etats Unis en tête, produisent comme argumentaire pour contrer la Chine, les mêmes arguments se reproduisent: encore et toujours les mêmes.

Le premier argument est celui que la Chine serait donc d’abord une menace. Une menace pour la paix dans le monde. Son agressivité militaire serait croissante, et le monde devrait craindre un réveil du géant chinois.

Peu importe, que ceux qui annoncent de telles absurdités, de telles inepties, soit les représentants politiques (démocrates comme républicains) des Etats Unis. Que le pays à la bannière étoilée possède 800 bases militaires dans le monde dans 177 pays pour près de 200 000 hommes n’est pas important. Que les Etats-Unis ont fait depuis 60 ans une guerre au Vietnam, en Corée, en Irak, ont bombardés des populations civiles en Libye, en Syrie. Peu importe. Peu importe que ce pays est celui qui espionne ses alliés, comme celui récent de la chancelière allemande Angela Merkel. Peu importe. Peu importe que la Chine n’a pas exercé le moindre conflit armé à un pays tiers depuis son aide au Viêt-Cong au Vietnam du Nord dans les années 60. Peu importe que la Chine n’a qu’une seule base militaire en dehors de ses frontières. A Djibouti. Comme la France et les Etats unis par ailleurs.

Le deuxième argument est que la Chine serait une menace pour la démocratie, pour le « monde libre ». Pourtant, son modèle a sorti des centaines de millions de chinois de la misère et ce gigantesque pays est passé d’un pays du tiers monde dans les années 50 à la première puissance mondiale 70 ans après. Nos élites occidentales font mine de s’offusquer que le pays est autoritaire, dictatorial, et agitent le drapeau de la peur à nos populations, comme si le modèle chinois pouvait s’exporter en Europe. Quelle absurde raisonnement.

Le troisième argument est que la Chine maltraite ses minorités et que le régime humilie les musulmans du Xinjiang après avoir humilié les Tibétains il y a vingt ans. Ici, la stratégie est simple. Plus visible. Il s’agit de s’attaquer à l’intégrité de la Chine. Le Tibet fut un échec dans les années 2000. Le Xinjiang est désormais, avec Hong Kong, le nouvel objectif de l’administration américaine pour déstabiliser la puissance chinoise.

Il est vrai qu’au Xinjiang nous savons finalement peu de chose, et c’est sans doute un des effet de la politique de non transparence du gouvernement chinois. Nous savons que la Chine a réprimé les islamistes et les groupes séparatistes après plusieurs attentats meurtriers, dont l’attentat de Kunming le 1er Mars 2014 qui fit 31 morts et bien d’autres avant qui furent meurtriers et moins médiatisés. Les premières attaques datent pourtant du début des années 90.

 après l’attentat de la gare de Kunming(1)

La Chine a ensuite eu la volonté de recadrer cette province trop longtemps oubliée. Les autorités chinoise se sont aperçues que les habitants de cette province ne parlaient pas toujours un bon mandarin, obstacle majeur pour leur intégration. Que la plupart des ouighours ne connaissaient même pas l’histoire de leur propre pays et étaient laissés à l’écart du progrès du reste de la Chine. Les attentats islamistes furent le déclencheur d’une prise de conscience. La Chine a réprimé. Sans doute sévèrement, peut-être trop. Mais dans ce manque d’informations, dans ce brouillard, les américains sortent de leur chapeau comme par miracle des témoignages de quelques femmes ouïgoures, “rescapées de l’enfer” ; comme elles le disent, et ces témoignages sont pour la plupart sujets à caution. Mais le principal pourfendeur de la politique chinoise au Xinjiang, est Adrian Zenz, chercheur allemand illuminé dont les travaux sur le Xinjiang sont truffés d’erreurs, d’approximations en tout genres qui décrédibilisent tout son travail.(2). Il se dit guidé par Dieu pour détruire le PCC. Rien que ça. Ses travaux n’ont aucune valeur. Tout comme les prêches incessants des politiques, et journalistes d’une grande partie de la presse occidentale qui, sans prendre la peine de vérifier ses mensonges ont tous repris en chœur ses accusations. Dans le même temps, Anthony Blinken secrétaire d’état américain accuse la Chine de génocide. Le politique s’allie aux médias désormais.

L’objectif est simple : montrer l’inhumanité des Chinois envers les musulmans du Xinjiang. Peu importe que les mosquées sont pleines à Kashgar, à Urumqi, que la population de la région soit passée à 11 Millions d’habitants en l’espace de quelques années.

Tout ceci n’a aucun sens. On le constate, la seule chose qui intéresse les Etats Unis est de conserver le leadership mondial en matière commerciale, technologique, financière et militaire. La fin justifie les moyens. L’Europe, comme un digne valet suivant son maître ne fait que suivre, avec en-tête de proue certains députés européen comme le député Raphael Glucksmann, qui se sont alors engagés dans une bataille juridique pour faire reconnaitre le « génocide culturel » des ouighours. En Chine, personne n’est dupe. Ces députés sont les parfaits relais de la stratégie atlantiste visant à déstabiliser l’empire du milieu. Le mot « génocide » est tellement grotesque qu’il en est presque risible.

Puis le Covid 19 est arrivé. De nouveau la même petite musique se fait entendre. L’épidémie du Covid 19 serait partie d’un laboratoire P4 de Wuhan. Une fois encore la Chine est responsable. Le président Trump parle même de « Chinese virus », provoquant du même coup une vague de racisme aux Etats Unis et dans le monde entier contre les communautés asiatiques (chinoise ou pas).  Même si aucune preuve sérieuse n’existe. Même si la Chine a complètement éradiqué le virus des mois avant l’Europe et le Etats Unis, qui ont montré l’incurie totale au début de l’épidémie. La Chine est le pays du monde, avec la Corée et quelques autres qui a le mieux combattu ce virus. Par leur solidarité, leur volonté, leur discipline, leur maitrise. Aujourd’hui la Chine vit normalement et ce, depuis plusieurs mois. Sur l’origine du virus, nous pouvons dire aujourd’hui avec certitude que le premier cluster fut à Wuhan et que le virus est très proche de virus présent au seins de populations de chauve-souris du sud de la Chine au Yunnan. (3) Mais cela reste une piste rien d’autre. La Chine a mieux résisté que nous face à ce virus, et c’est un fait.

Alors voilà. Nous sommes en 2021, et la Chine, de manière totalement injuste, se retrouve désignée comme responsable de tous les maux de notre planète. Le gouvernement chinois, est conscient de cet état de fait et a décidé de mener une guerre de communication contre les médias occidentaux par l’intermédiaire de son ambassade. Communication agressive, debunkage de fake news, prise à partie de menteurs occidentaux comme le chercheur Bondaz. Mais, il faut l’admettre, ce fut un échec. L’agressivité ne mène à rien, et le gouvernement chinois en a pris conscience. La Chine est une puissance de paix, et doit le montrer.

Malheureusement, contre cette guerre médiatique, sa communication est systématiquement dénigrée, ou pire, tournée en dérision. Les quelques occidentaux qui essaient, de manière un peu vaine d’essayer de comprendre, et ne parlons pas d’aimer, juste de comprendre ce vaste pays et pourquoi il est dirigé comme cela, pourquoi il agit de cette manière sont très rares. La Chine a son propre modèle de fonctionnement, son propre modèle de vision d’un monde multipolaire inclusif et cela est fondamental à comprendre.

Espérons qu’un jour la Chine sera mieux comprise et mieux traitée. On peut toujours rêver.

  1. https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/05/20/attentats-ouigours-la-chine-confrontee-au-terrorisme-de-masse_4422114_3216.html

Ministres Européens en Chine: Audience impériale ou “Les Trois Royaumes”?

A contrario de l’analyse simpliste proposée par RFI

https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20210529-la-chine-invite-quatre-ministres-europ%C3%A9ens-pour-tenter-de-resserrer-les-rangs

selon laquelle, la Chine essaie de limiter la casse suite à l’arrêt de l’examen des accords d’investissement sino-européens par les pays membres de l’Union.

Je pense que quelques subtilités ont du échapper au clavier de RFI (faudra peut-être changer les piles …). Et pourtant, c’est tellement subtile et difficile à voir qu’il m’a fallu aller les dénicher dans l’évidence: le choix des pays des ministres.

Commençons par l’Irlande. Un pays en périphérie de l’Europe, aussi bien sur le plan géographique qu’économique et politique. On ne peut pas vraiment dire que l’Irlande pèse aussi lourd que l’Allemagne dans l’Union. N’oublions pas que 56% des Nord-Irlandais étaient contre la sortie de l’UE, et ils sont aujourd’hui 44% à vouloir quitter le Royaume-Uni dans les cinq ans (contre 47% pour l’inverse): Une île divisée donc à la porte de l’Angleterre. Sans parler de l’Irlande du Nord, l’économie irlandais est très loin de profiter du dynamisme du voisin britannique, encore moins de celui du continent. Malgré de très fortes présences des majors de la HighTech dans le pays, l’économie réelle domestique irlandaise a énormément souffert de la pandémie et peine à s’en remettre, comme le souligne cet article:

https://www.courrierinternational.com/article/economie-ce-que-cache-le-miracle-irlandais

Le message chinois aux irlandais est le suivant: oubliée de l’Angleterre et du continent? La Chine ne vous oublie pas … La présence irlandaise en Chine est aussi un message adressé à ses voisins: j’irai chercher mon pain là où je suis attendu. Et si un jour, la Chine voudrait soutenir l’indépendance d’une île dans le monde … vous qui adorez l’indépendance des îles “rebelles”.

Puis, la Pologne. A cause de ses douloureux souvenirs du passé soviétique, la Pologne a toujours été assez proche des USA. Janvier 2019, Varsovie a arrêté un employé de Huawei et un polonais pour espionnage. Ainsi, la Pologne et le Canada sont les seuls pays au monde ayant arrêté des membres de Huawei. Cette arrestation a été suivie d’une bonne petite dizaine de milliers d’articles sur le supposé “espionnage” de Huawei par le biais de ses équipement télécom. Mais alors, pourquoi la Pologne a répondu positivement l’invitation de Pékin? Et d’ailleurs, pourquoi diable, Pékin a eu l’idée de parler aux polonais?

Il faut savoir que de récentes discussions entre Washington, Berlin et Moscou au sujet du Nord Stream 2: le gazoduc permettant d’acheminer le gaz russe directement à l’Allemagne, ont permis de débloquer la situation. Et l’Ukraine qui pensait peser dans la discussion en faisait une série de manœuvre près de la Crimée, se voit immédiatement plaquée au sol par un impressionnant déploiement militaire russe de l’autre coté de la frontière. Le ton est monté très haut entre Biden et Poutine, lorsque celui-ci se fait traiter de “tueur” par son homologue américain. En effet, l’enjeu est énorme. Si Nord Stream 2 livre ses gaz à l’Europe, l’Ukraine peut dire adieu à ses milliards rapportés par sa rente gazière en tant que pays transit. Mais la détente semble venir, et une rencontre est organisée entre Washington et Moscou. L’Ukraine a perdu, mais la Pologne s’inquiète. Elle voit bien que les USA n’hésitent pas à “oublier” ses alliés pour aller serrer la main à Poutine.

La Pologne adresse alors un message à Biden: lâchez moi comme vous avez lâché Kiev, vous verrez ce qui pourrait se passer. En effet, Pékin n’a pas l’habitude de lâcher ses alliés … L’Allemagne nazie et l’Union soviétique ont partagé la Pologne dans le passé. Une nouvelle entente germano-russe après la construction du Nord Stream 2 pose problème aux polonais, qui là aussi, gardent un souvenir douloureux. Coincée au milieu, la Pologne entend défendre ses intérêts.

Le message de Pékin adressé à l’Europe est claire: nous ne trahissons pas, nous ne changeons pas de ligne.

Je ne m’attarde pas sur la Hongrie, alliée indéfectible de la Chine en Europe. Elle est qualifiée de “tête de pont de la Chine en Europe”, et Victor Orban, le plus “chinois” des Européens.

Passons à la Serbie. Quel est le point commun entre les serbes avec les chinois? Un seul: la guerre des Balkans. Les serbes gardent de douloureux souvenirs des interventions dévastatrices et meurtrières de l’OTAN dans leur région. Et la Chine garde une humiliation des temps modernes qu’elle voit comme une cicatrice encore ouverte: la destruction de son ambassade à Belgrade par 3 bombardiers furtifs F117 de la US AirForces.

Cette invitation met en exergue un “problème” typiquement Européen: sa division. La Chine fait comprendre à l’Europe que celle-ci comporte de nombreux intérêts divergents au sein de son union. Jouer contre la Chine est un pari très risqué et Pékin n’hésitera pas à “jouer”.

Et d’ailleurs, pourquoi cette référence aux “Trois Royaumes”, l’un des 4 grands classiques de la littérature chinoise? Les Trois Royaumes désignent une situation où l’Empire Han, affaibli par les seigneurs, se divise en une opposition tri-partie où deux royaumes puissants s’opposant l’un à l’autre, et un troisième joue le rôle d’arbitre. La Chine voit l’Europe prendre ce rôle d’arbitre dans un monde tri-polaire.

Le tout est de savoir, l’Europe avec ses divisions et contradictions, a-t-elle le cran d’incarner ce rôle?

Quelqu’un envoie des piles à RFI?