serge delain

Le Laos: au cœur de RCEP

En 1995, le premier ministre malais Mahathir bin Mohamad a lancé l’idée de la zone économique du sud-est asiatique, gravitant au tour d’une ligne de chemin de fer. Elle devait partir de la ville chinoise KunMing, pour arriver à sa destination finale au Singapour, en sillonnant les pays comme le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, le Myanmar, le Cambodge, et bien sur, la Malaisie. Elle a été nommée Trans-Asian Railway, TAR

C’est le cœur de l’actuel projet RCEP, le point de départ du gigantesque projet de la nouvelle route de la soie, si cher à XiJinPing.

Comme quoi, les chinois n’ont pas cherché à réinventé la poudre.

C’est une idée de génie mais le projet a pris beaucoup de retard et a subi beaucoup de tempêtes géostratégiques et politiques. A l’heure où le projet RCEP est programmé pour une entrée en vigueur le 1er Janvier 2022, la ligne KunMing – Vientiane sera officiellement inaugurée au Laos le 2 Décembre 2021, le jour de la fête nationale.

L’économie du pays en sera transformée. Près de 9% de GDP laotien a été investi dans cette ligne, cela représente énormément pour les laotiens. Mais l’immense majorité de l’investissement a été assumé par la Chine qui en a les moyens.

Les 1022Km qui séparent KunMing de Vientiane seront parcourus en moins de 10 heures. Il est plus que certain que de riches touristes chinois vont débouler au Laos dès 2022. Espérons que le Laos saura préserver son environnement et maîtriser l’inflation notamment dans l’immobilier.

Mais les changements ne vont pas s’arrêter là. Cette ligne mettra une main d’œuvre peu chère aux usines chinoises qui pourraient y délocaliser une partie de leur production de pièces détachées. L’assemblage final restera sans doute en Chine continentale. Ainsi, la Chine préserve son avantage sur le coût de production sans perdre la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Le Laos est assez proche de la Chine.

Ce qui n’est pas le cas des autres pays traversés par la TAR. Le Vietnam se méfie de son grand voisin du nord et tente de tirer profit de la guerre froide sino-américaine.

La Thaïlande essaie de jouer au jeu d’équilibriste entre les 2 grandes puissances mondiales, tandis que le Myanmar s’engage sur le chemin de l’instabilité.

Le seul autre partenaire fiable pour la Chine est le Cambodge. Et ce dernier a un avantage majeur que son voisin laotien n’a pas: un accès à la mer. Ceci ne peut échapper aux stratèges chinois. Si la TAR change d’itinéraire pour aboutir à un port Cambodgien, cela permet non seulement de désenclaver le Laos, mais aussi la ville KunMing dont le développement est justement limité par sa situation géographique qui est loin de la mer.

Cela ne remet pas en question les intérêts malais et singapouriens, car la pointe sud du Cambodge n’est qu’à quelques jets de pierre de ces pays par la voie maritime.

Tout se repose sur le succès laotien. Tout le sud-est asiatique a les yeux braqués sur le Laos, ce petit pays enclavé et si paisible. Il sera au cœur du point de départ d’un grand jeu sur l’échiquier mondial en 2022.

Bonne chance à nos amis laotiens, espérons qu’ils prennent le bon train.

Le diable est dans le détail: Biden est à court de cravates? Les avions US ne savent plus atterrir?

Il ne se passe pas un mois où les situations géostratégiques changent brusquement. Mais pour moi, dans ce monde hyper-connecté, il n’y guère de place aux “coups de théâtres”, hélas.

Le monde entier a braqué son regard sur le sommet virtuel sino-américain. Les médias préfèrent parler de dialogues virtuels d’où, aucune des parties n’a tiré un quelconque avantage ou résultat concret. Il est certain que les 2 leaders n’allaient pas s’embrasser à travers les écrans. Mais une fois de plus, les médias mainstream ont braqué leur caméra au mauvais endroit.

Ce qui m’a piqué les yeux sur cette photo, est le rouge vif de la cravate de Biden. Xi JinPing, n’a pas vraiment de code couleur qui saute aux yeux, mais le choix de la cravate de Biden est assez surprenant, d’autant plus que, quelques heures avant l’entretien avec le leader chinois, Biden portait une cravate différente.

President Joe Biden signs the “Infrastructure Investment and Jobs Act” during an event on the South Lawn of the White House, Monday, Nov. 15, 2021, in Washington. (AP Photo/Evan Vucci)

Et oui, Biden n’est pas allé voir son homologue chinois les mains vides. Dans l’après-midi du 15 Novembre 2021, il a singé un accord d’investissement dans l’infrastructure d’un montant de 550 Milliards de dollars. Et à ce moment là, sa cravate portait les couleurs du drapeau américain ( rouge et bleu ).

Le changement de cravate juste avant l’entretien avec Xi dans la soirée était donc parfaitement voulu et réfléchi. La programmation de la signature de l’énorme plan de relance dans l’infrastructure n’était pas le fruit du hasard non plus, quand on sait que la championne du monde en investissement et génie dans le domaine de l’infrastructure est, justement, la Chine …

Certains remarquent que les 2 parties restent crispées sur la question de Taiwan, comme le rappelle cet article:

https://information.tv5monde.com/info/biden-et-xi-se-parlent-longuement-mais-restent-couteaux-tires-sur-taiwan-432525

Tv5monde est habitué aux articles à charge contre Pékin, mais ils ont raison de souligner l’inébranlable détermination chinoise à affirmer sa souveraineté sur l’île rebelle. Mais seulement voilà, quels sont les moyens dont dispose Xi pour affirmer sa “détermination” ?

Une maquette de porte-avion américain dans le désert?

Une maquette des avions de reconnaissance l’armée de l’air américaine en Mongolie intérieure?

Je ne sais pas. Je possède pas de renseignements précis sur les réelles capacités opérationnelles chinoises.

Mais, lorsqu’on compile les données dans le temps, on entrevoit un fond de vérité qui explique beaucoup de choses.

Le 6 juin, une délégation non officielle de sénateurs américains arrive à Taïwan… dans un énorme C17: un transport militaire. Boeing n’a plus d’avions ?

https://www.la-croix.com/Monde/delegation-americaine-non-officielle-arrivee-Taiwan-bord-dun-avion-militaire-2021-06-07-1201159914

Le 15 juillet, c’est au tour d’un C-146A, en provenance d’Okinawa cette fois, d’atterrir à Taiwan, pour une escale de 10 minutes. Contrairement à C17, le C146A est un petit avion destiné à transporter des équipes réduites. Il a donc un décollage très court et prend moins de temps à préparer.

et enfin pour finir avec les manœuvres, un c130 est passé à la pompe début octobre à l’aéroport de Taipei Songshan en provenance des Philippines.

3 types d’avions différents, en provenance de 3 endroits différents pour, soit transporter 4 personnes, soit faire escale de 10 minutes, soit faire le plein.

En dehors des prises de paramètres de vol au-dessus de l’île, je n’en vois pas d’autres raisons valables.

Mais pourquoi des avions de transport vides?

Pour évacuation. Ce qui signifie que les état-unis prennent les militaires chinois très au sérieux.

Qu’en pensez vous?

Afghanistan – MengWanZhou – sous marins – votre prochain smartphone Huawei et le Laos …

Nous vivons une époque où la situation géostratégique, économique, politique sont chamboulées chaque mois, il est très difficile de suivre les nouvelles tant l’enchaînement des événement est rapide. Les connexions entre les événements sont complexes, et une lecture globale de cette nouvelle guerre froide qui se déroule devant nous, sans qu’on lui un nom, est très une tâche très ardue.

Commençons par la retraite des troupes au sol de l’OTAN de l’Afghanistan. J’avais exprimé un avis à contre courant de la plupart des analyses de l’époque.

Tandis que la plupart des analystes parlent d’un échec stratégique de l’OTAN dans la zone de l’Asie centrale. J’y voyais un pivot indo-pacifique majeur, sans pour autant laisser la main libre au bloc sino-russe dans la zone.

En ce sens, Daech, et surtout sa branche afghane Daech-K, très active, agit dans l’intérêt de l’OTAN. Si la situation afghane sombre dans chaos provoqué par le conflit entre talibans et Daech-K, ponctués d’attendats meurtriers, OTAN pourra alors se concentrer sur sa toute nouvelle alliance AUKUS.

Qu’est ce que AUKUS?

Un piège dans lequel, l’Australie a sauté pieds joints.

Le rôle majeur des sous marins nucléaire d’attaque ( SNA ) est la dissuasion nucléaire. Il est toujours rassurant de s’endormir le soir sachant que nos SNA “patrouillent” quelque part chez l’ennemi, pendant d’autres rôdent peut-être près de nos côtes.

En principe, les pays qui en possèdent, comme les état-unis, La France, le Royaume-Uni ou la Russie, ont déjà joué, et jouent encore des rôles importants sur la scène internationale depuis plusieurs siècles. Le SNA n’est pas un jouet à mettre entre les mains de n’importe qui.

L’Australie va en avoir, des jouets de ce genre. Et c’est un problème pour les australiens. En effet, un pays ayant la capacité de dissuasion est placé, de facto, sous la dissuasion de ses “pairs”.

Autrement dit, l’Australie ne sera pas épargnée par une frappe nucléaire si un conflit de ce genre se déclenche, car considérée comme une menace réelle et avérée. Scott Morrison a t-il réfléchi à tout ça, ou c’est juste Biden qui a oublié de le lui expliquer?

En tout cas, la France a bien perdu 56.5 Milliard.

Mais …

quelques jours après, nous voyons ceci:

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/virus-proches-du-sars-cov-2-capables-infecter-cellules-humaines-decouverts-chauves-souris-au-nord-du

Cartes des différentes espèces de chauve-souris au monde

expliqué ici

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-coronavirus-quasi-identique-sars-cov-2-decouvert-laos-84384/

Les trouvailles des chercheurs français dans les grottes laotiennes qui contre-disent sérieusement la thèse de l’accident de laboratoire, et va même suggérer l’origine du covid19 hors des frontières chinoises…

puis, une semaine plus tard, il se passe ceci:

https://www.bbc.com/news/world-asia-58729701

la dynastie Kim serait en possession de missiles hypersoniques… L’Asie devient dangereuse entre les SNA au sud et les missiles hypersoniques au nord. Chacun arme son chien de garde.

Mais entre temps, MengWanZhou a été libérée. Après que son avion a soigneusement évité les zones aériennes sous contrôle américain, son retour sur son sol natal s’est fait en grande pompe: tapis rouge, robe rouge et discours millimétré.

Mais elle sait sans doute que sa libération n’est pas due aux prétendus efforts diplomatiques, mais aux efforts chinois qui ont su rendre sa détention caduc et inutile: Huawei n’est ( toujours ) pas mort. Tout comme l’essor économique de la région de XinJiang ( voisine de l’Afghanistan ) et la signature de partenariat stratégique avec l’Iran ( l’autre voisin de l’Afghanistan ), la Chine a rendu la présence de l’OTAN à se porte stratégiquement inutile.

Et à propos de Huawei, s’il n’a pas mis la clé sous la porte, que fait-il en ce moment à part chercher un moyen de graver des CPU aux finesses inférieures à 14n?

https://newsroom.eclipse.org/news/announcements/eclipse-foundation-and-openatom-foundation-forge-strategic-initiative-focused

Ceci est une très mauvaise nouvelle pour ceux qui cherchent à l’étouffer.

Eclipse est une vieille connaissance des codeurs du monde entier. Il est un acteur majeur dans le monde de la programmation en fournissant des interfaces de travail ( IDE ) aux programmeurs. Mais il va plus loin. Eclipse fondation regroupe également plus de 400 projets opensource touchant des domaines allant de l’intelligence artificielle au design de micro-processeur ouvert. Un acteur majeur de l’informatique qu’on ne peut se permettre d’ignorer.

Mais qu’est ce que OpenAtom Foundation?

Fondé en juin 2020 à Pékin, cette fondation promeut les logiciels libres et ouverts dans le domaine publique. Elle compte des majors du numérique chinois tels que Alibaba, Baidu, Huawei, Inspur, Qihoo, Tencent et un argentier, le China Merchants Bank. Bref, elle a tout pour plaire ( ou déplaire selon le point de vue ).

L’alliance de ces 2 fondations a pour but de développer le système OpenHarmony de Huawei présent sur github. Pas sur que google l’apprécie spécialement. Concurrencer Android de google est un défi énorme où certains se sont déjà cassés les dents. Huawei a une chance de survivre, après tout, il n’a plus rien à perdre.

Afghanistan: du théâtre dans un aéroport qui cache un succès stratégique US et un défi pour la Chine !

Soyons directs honnêtes, croyez-vous que la première puissance au monde puisse commettre deux fois la même erreur? Une au Vietnam, et la deuxième en Afghanistan ? Si vous croyez que c’est le cas, il vous faudra changer de planète.

Je pense qu’il est primordial d’ouvrir les yeux, ou plutôt la carte.

Les attentas du 11 Septembre 2001 ont officiellement motivé la seconde invasion d’Irak et de l’Afghanistan. Mais si nous voyons d’un peu plus près, on remarquera que la présence de l’OTAN en Irak et Afghanistan prend en étau l’Iran, l’épine du pied des alliés des états-unis dans la région et ce n’est pas tout.

Seulement un mois après les attentats à NewYork, un contingent de 1500 militaires américains s’est installé dans la la base de Karchi-Khanabad ( K-2 ) en Ouzbékistan. Ce qui ferme la voie du nord de l’Iran. Mais pour accentuer la pression au nord, il y a aussi une présence militaire de l’OTAN en Turkménistan. Si on ajoute les ennemis traditionnels du golf persique, l’Iran n’est pas dans un étau, mais un véritable guet-apens !

L’Afghanistan n’était que la dernière pièce du puzzle. Mais là, les stratèges américains on fait une pierre 3 coups.

A l’ouest de l’Afghanistan, c’est la région des Ouïghours. Une région qui était pauvre et sous développée, aux prises avec l’islamisme radical. Accentuer la pression en installant une arrière base d’appui à coté de la région autonome de XinJiang, permettait également refermer pour de bon, le filet tendu par la constellation de bases militaires américaines installées tout au tour de la Chine. Des rumeurs courent sur d’éventuelles formations d’activistes Ouïghour en Afghanistan afin de perpétrer des actions en Chine, mais il est pour l’instant compliqué de trouver des documents déclassés à ce sujet sur le web.

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/presence-us-chine

Donc, nous avons pour l’instant 2 coups de la pierre américaine: l’étouffement de l’Iran et la mise sous forte pression de la Chine. Où est le 3ième coup?

Il s’agit de la construction du gazoduc TAPI.

En effet, l’Inde qui souhaite ardemment se développer à l’instar de la Chine a un énorme besoin énergétique. Et elle a de la chance, 2 pays fournisseurs majeurs se pressent à sa porte pour lui en vendre. Ce sont l’Iran et le Turkménistan.

C’est là que la politique entre en jeu. Quelque soit le pays choisi, la maîtrise de la variable afghane est vitale pour assurer l’approvisionnement de l’alliée indéfectible des états-unis: l’Inde. Et ce n’est pas tout.

Ce gazoduc agit comme une grosse épine dans les pieds plusieurs pays. Ashgabat était devenu un partenaire important pour la Russie et surtout la Chine pour la fourniture énergétique. La Chine bien sur, profite de cette situation pour avancer ses pièces sur l’échiquier en Asie centrale. Une situation pas très appréciée des US, poussent ceux à agir.

Le TAPI qui devrait ouvrir ses vannes en 2023, agit comme une corde à 10 milliards ( pas si cher cela pour un gazoduc ) qui relie l’Inde et l’Afghanistan au gaz turkmène. L’Afghanistan sera donc le pays transit essentiel à ce projet. Cette épine de 1800Km de long évince l’Iran de la fourniture énergétique pour l’Inde et rend le Turkménistan beaucoup moins dépendant de la Chine. S’attaquer à ce gazoduc, provoquera un retour immédiat et violent de missiles américains, lancés depuis un destroyer qui passera par “hasard” dans le golf persique ou l’océan indien.

Les Talibans le savent bien et a garanti l’intégrité du TAPI, surtout que celui représente une rente financière importante s’ils veulent éradiquer la culture de l’opium qui infeste le pays depuis l’arrivée de l’OTAN en 2001. Ils ont bien sur sollicité la Chine pour reconstruire le pays

Le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi en compagnie du taliban Abdul Ghani Baradar.
Photo Li Ran / XINHUA / AFP

Mais cette énorme épine qui serpente dans le pays est un levier puissant pour que l’allié indien ait toujours son mot à dire pour ‘protéger ses intérêts vitaux’. Quoique fasse la Chine, elle avance en terrain miné, sous l’épée de Damoclès: regardez bien la carte de la région, un missile supersonique ne mettra pas plus de 30 minutes, en partant du golf persique vers sa cible située en Afghanistan.

La retraite de troupes au sol ne signifie pas l’absence de pression, de levier d’action.

Beaucoup d’analystes estiment que la débâcle des troupes gouvernementales formées et équipées par l’OTAN est un échec. Je pense que cet échec est parfaitement prévu par les stratèges américains. En réalité, ceux-ci s’en fichent pas mal car les US avaient déjà signé un accord avec les talibans à Doha en 2020. Le départ de l’OTAN était acté.

Deux possibilités s’offrent alors aux US:

  1. les troupes de Kaboul tiennent tête aux talibans et le pays sombre dans le KO. La perspective d’une avancée chinoise en Afghanistan sont très minces. Au contraire, cela crée de l’instabilité juste à coté de XinJiang. La pression se maintient sur la Chine sans que l’OTAN dépense un sous.
  2. les troupes de Kaboul se désintègrent et les talibans prennent le pouvoir rapidement. En plus du TAPI, les stratèges américains pourront alors compter sur un “allié” de longue date: Daesh, en tout cas, les rescapés de l’ancien califat. Si l’état islamique arrive à contrer les talibans et créer de l’instabilité dans le pays, cela deviendra assez problématique pour la Chine qui ne pourra intervenir militairement, car cela violerait sa propre règle qu’elle s’impose depuis 1949: la non-ingérence. Mais si Daesh devient suffisamment puissant pour transformer l’Afghanistan en un bourbier Syrien, ce sera un danger mortel pour la Chine et la Russie.

En réalité, le gouvernement de Kaboul a été abandonné à son sort. Seul, il n’aurait jamais pu faire face aux talibans et la menace Daesh simultanément: une poule jetée dans une meute de loups serait une comparaison assez réaliste.

La partie de GO en Asie centrale n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. La Chine pourra reconstruire le pays en un temps record. Mais le succès est très dépendant des nouveaux maîtres talibans.

Et quand on observe les talibans, ces fondamentalistes radicaux, il y a quelque chose d’étrange qui s’est opéré en très peu de temps.

A Doha, en Février 2020, ils ne voulaient même pas mettre de chaussures pour aller signer l’accord. A Pékin, ils étaient même très présentables pour la séance photo.

Eux qui étaient des campagnards considérés comme des terroristes pratiquant la guérilla, ont réussi à prendre les villes et le pouvoir, et ont appris à s’habiller convenablement et à faire des déclaration de bonnes intentions au monde en tant que meneur de pays.

ça ne vous rappelle rien?

Et oui, si on met la religion de coté, on dirait bien l’armée rouge de Mao. Leur parcours est similaire depuis 20 ans.

S’il y a un pays qui sait parler aux talibans, c’est bien la Chine. Cela dit, ils restent quand même des gens moyennement fréquentables, que les internautes chinois n’hésitent pas à critiquer.

Le dossier afghan est épais et remplis de pièges. Les stratèges chinois sauront-ils les déjouer?

Seul le temps en sera témoin.

Le sceptre de l’empire US: le pétrodollar … contesté?

La première chose que les 11 porte avions de la NAVY défendent à travers le monde, serait bien le pétrodollar. Celui-ci constitue le symbole absolu de l’hégémonie et de la puissance incontestée des états-unis d’Amérique. Washington est mis au courant de chaque goûte de pétrole vendue dans le monde, et pourra imposer sa loi afin de préserver ses intérêts. Exemple, si Total n’obtient pas de dérogation de la part des états-unis, il ne pourra pas rester en Iran pour le développement et la production de la phase 11 de South Pars (SP11), et bien, il va devoir plier bagage. La dite “dérogation” n’est jamais arrivée. Ce n’est peut-être pas le meilleur exemple pour illustrer la puissance du pétrodollar, mais l’hégémonie monétaire américaine.

Laissez moi vous citer un contre exemple de ceux qui oseraient défier le pétrodollar.

https://www.liberation.fr/futurs/2000/09/27/saddam-hussein-vole-au-secours-de-l-euro_338712/

En 2000, l’ancien maître de l’Irak Saddam Hussein a clairement exprimé le souhait de vendre à l’Europe son pétrole en échange de la future monnaie unique de l’union. Quand son ministre de l’économie a fait cette annonce, Saddam n’avait plus que 6 ans à vivre, mais il ne le savait pas encore.

Puis, il y a un autre problème face au pétrodollar, l’OPEP. Un contre poids mineur, mais intolérable qui dérange. La solution pour les états-unis: se débarrasser de la variable l’OPEP tout en mettant la pression sur la Russie, avec le gaz de schiste.

Mais cela ne suffit pas. En 2018, la loi anti-OPEP Nopec (No Oil Producing and Exporting Cartels Act) refait surface.

“Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole”, qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Si le gaz de schiste fait perdre à l’Arabie Saoudite son pouvoir de fixer le prix du pétrole au niveau mondial, cette loi constitue une arme redoutable pour faire pluie et beau temps dans le golf. Et ce sera plus la tempête.

Mais le royaume n’entend pas se laisser faire. Il menace de représailles “nucléaires” si la loi passe au congrès américain.

Quelle est donc cette option nucléaire saoudienne qui ferait réfléchir une hyper puissance comme celle des états-unis?

L’abandon du pétrodollar par le royaume.

Faisons un petit compte.

Les investissements du royaume aux états-unis montent plus d’un millier de milliards de dollars US.

Saudi Aramco, le premier exportateur de pétrole au monde, affiche un chiffre d’affaire de 365 milliards de dollars en 2018.

Les échanges de dérivés du pétrole sont également largement libellés en dollars, le volume des échanges atteignant 5 000 milliards de dollars, toujours en 2018.

L’option nucléaire saoudienne pèse donc plus de 6000 milles milliards de dollars. Il y a largement de la place pour les autres monnaies telles que l’Euro, voire pire, le Yuan chinois.

Aux dernières nouvelles, NOPEC n’est toujours pas passée.

La loi NOPEC est clairement la ligne rouge pour les saoudiens. Toucher à cette ligne, provoquera une tempête plus importante encore que la crise financière de 2008 et la pandémie du covid19 auraient pu provoqué ensemble. Une guerre mondiale s’éclatera où tous les acteurs majeurs seront impliqués.

Mais ce n’est pas tout. L’accord stratégique sino-iranien sur 25 ans prévoit également des montants astronomiques en achat énergétique et investissements. Le gros problème de cet accord pour les états-unis n’est pas le respect des droits de l’homme dans les 2 pays protagonistes, mais la monnaie utilisée. Elle n’est pas le dollar américain. Le montant des 400 milliards de dollars étalés sur 25 ans n’est que symbolique au vue du volume d’échange annuel du pétrodollar, mais assez dérangeant car cela constitue un précédent pour les pays désireux de sortir du pétrodollar afin de diversifier leurs devises ( et l’avenir ? ).

Si la Russie a imité Saddam Hussein en préférant l’Euro au Dollar pour plus de la moitié de ses ventes énergétiques, l’Europe y réfléchit sérieusement ( mais discrètement ) depuis quelques années. On image que l’Élysée l’a eue mauvaise, quand Total a perdu son contrat historique en Iran, au profit du chinois Sinopec.

Solution?

Contourner les futures sanctions américaine en créant le pétroeuro.

Cela devrait se passer début 2022. Et ce sera un moment historique. En effet, l’Europe est le plus grand importateur énergétique du monde et elle règle ses pleins à la pompe en dollar américain. Une situation pas si étrange que cela qu’on connaît un peu l’hégémonie absolue des états-unis dans le domaine économique, financière et militaire.

Vouloir régler ses factures à la pompe avec sa propre monnaie est un luxe que très peu de pays au monde peuvent se permettre.

Nous voyons ici 2 aspects importants de la puissance du pétrodollar.

Un, il est puissant et incontesté, et risque de l’être encore pour très long temps.

Deux, l’étendu de sa puissance a atteint sa limite physique. Des zones qui lui échappent apparaissent en périphérie de sa zone de domination. Ces zones lui sont inaccessibles et grossissent dans le temps.

En conclusion, je pense qu’il serait préférable de nous passer de l’addiction pétrolière afin de trouver une voie de survie avant que la tempête climatique n’éclate? Après tout, c’est quand même nous, les consommateurs finaux qui ont la décision finale.

Sanctions: La ligne rouge est tracée

Début Juin 2021, le président américain Biden a effectué une tournée en Europe. Il est salué comme le libérateur, l’homme de la providence, le messie.

L’Amérique puissante est de retour ! titre France culture. Son auteur, Marie-Pierre Vérot, ne pouvait rester insensible à l’aura dégagée par la “puissance” de cette photographie d’un vieil homme de 78 ans, qui essaie de descendre d’un avion, sans tomber sur les marches cette fois.

La visite de Biden a pour objectif de resserrer les rangs des alliés pour contrer la menace de l’Est. La réponse de Poutine est ferme. Biden n’a rien obtenu de la Russie durant le sommet avec la Russie et il devait s’y attendre.

Plus subtile, la Chine a également opposé un message en signe d’avertissement. Elle a décrété la dernière d’une série de lois:

la loi anti-sanction étrangère

http://www.npc.gov.cn/npc/c30834/202106/d4a714d5813c4ad2ac54a5f0f78a5270.shtml

La sortie de cette loi à effet immédiat ( selon l’article 16) date du 10 Juin 2021, en pleine tournée de Biden en Europe. Elle constitue la ligne rouge clairement tracée, et un message adressé aux “partenaires de l’Ouest”.

Cette loi est inédite à plusieurs titres.

D’abord, on observe que la Chine a vite appris de ses erreurs du passé. Depuis des milliers d’années, l’Empire chinois a toujours placé la diplomatie avant ses troupes. L’art de la diplomatie est une science “inexacte”. Il y a des sous-entendus et des flous artistiques que les diplomates entretiennent pour éviter le conflit. La Chine avait pour habitude d’employer ses diplomates pour répondre aux “attaques”. Mais cette stratégie montre ses limites en 2014, lorsqu’elle a perdu le procès à l’OMS, pour avoir limité l’exportation de terres rares pour des “raisons écologiques”. L’OMS estime que la décision chinoise quant à la limitation de l’export de terres rares est animée d’abord d’arrière pensée, et sans aucun fondement juridique. Elle a donc compris l’importance de la base juridique pour justifier ses actions, et tracer le “red line”. Le dogme a radicalement changé.

Vous connaissez la chanson:

you have the right to remain silent ...

En suite, la dénomination de la loi est aussi inédite. Elle est concise et explicite, facilement intelligible par tous les avocats du monde, et facilement traduisible dans toutes les langues. Il n’y pas de mal entendu et erreur de traduction possible, à l’image des lois et des agences à 3 lettres des état-unis. En effet, certaines des anciennes lois chinoises ont des noms à plus de 12 caractères chinois, ce qui donne quelque chose comme 24 ou 30 mots nécessaires, une fois correctement traduits en Français. Cette simplification n’est clairement pas encrée dans la doctrine chinoise traditionnelle, qui préfère les subtilités et les sophistications. Là encore, le dogme a changé. On va à l’essentiel, vite et avec efficacité. Il n’y aura pas de négociation en coulisse ou compromis politique. La diplomatie de la canonnière n’a qu’une portée limitée. La loi est la loi.

Il vaut mieux une bataille juridique qu’une partie de bataille navale en mer du sud.

Et enfin, un petit détail et on sait que le diable est dans le détail:

La Chine a désormais les moyens de s’opposer à une certaine forme de sanction d’une certaine ampleur. C’est particulièrement stressant pour ses adversaires. Il est certain que ceux-ci ne tarderont pas à “tester” la solidité de la ligne rouge tracer par la Chine.

Avant d’acheter une arme, regardez qui en a les plans …

En 1982, l’Argentine a tenté de récupérer les îles Malouines, mais l’opération fut une échec total. La junte militaire tombe, à l’image de son aviation militaire, anéantie par la chasse britannique. Ceux-ci ont pu bénéficier de l’aide française. En effet, l’argentine était en partie équipée de quelques excellents chasseurs Super-Étendard de Dassault. La France avait fourni aux britanniques des renseignements critiques sur les équipements vendus à l’Argentine, et a permis aux pilotes anglais de monter dans les simulateurs pour s’entraîner contre les avions argentins de fabrication française.

Des décennies plus tard. L’Argentine n’a pas oublié l’humiliation infligée par la Grande-Bretagne et a trouvé un partenaire surprenant : la Chine.

Après de longues recherches et beaucoup d’hésitations, l’Argentine qui ne parvient pas à rebâtir une chasse digne de ce nom à cause de sanctions économiques imposées par la Grande-Bretagne, de vetos anglais lorsque l’Argentine s’apprête à acquérir un appareil ou simplement parce que l’appareil est trop dépassé. Elle avait démarché les Français, Suédois, Israéliens, et même les sud-coréens. Les appareils sont soit trop chers, soit équipés de composants britanniques, donc, soumis à l’embargo.

En fin, l’Argentine semble définitivement décidée à acquérir un appareil assez bon marché, ayant connu l’épreuve du feu et qui échappe à l’embargo anglais: le JF-17/FC-1 chinois

En remerciement, la Chine tient sa “parole”.

https://www.un.org/press/fr/2021/agcol3347.doc.htm

Voici le programme du Comité spécial de la décolonisation du 24 Juin 2021. La Chine a vivement critiqué le colonialisme britannique, à cause de son occupation des îles Malouines aux larges des côtes argentines.

Mais l e rapprochement avait déjà commencé il y a des années.

Le président chinois Xi Jinping avait déjà rencontré son homologue argentin Mauricio Macri à Buenos Aires en 2018.

Il affichait son soutient le plus total au combat de l’Argentine pour sa souveraineté nationale. Xi JingPing a reçu à cette occasion, la plus haute décoration honorifique d’Argentine, l’Ordre du Libérateur Général San Martin.

Entre temps, la nouvelle route de la soie et le vaccin chinois sont venus compléter le tableau. La relation entre les 2 pays est plus tôt bonne.

Les argentins ont du comprendre l’importance du choix de l’armement. Le mauvais choix stratégique dès l’achat peut conduire, des décennies plus tard, à une défaite sans appel. Le choix du chasseur chinois signifie que l’Argentine compte sur la Chine pour son développement économique et ses revendications de souveraineté pour les 15 ans à venir au moins.

La Chine va désormais jouer sur les îles “colonisées”, à l’instar de l’Occident qui s’amuse avec les îles “rebelles”. Et le choix du JF-17 est un message fort envoyé aux britanniques.

En effet, cet appareil peut voler à mach 1.6. Il arrivera aux îles “disputées” en moins de 20 minutes. Mais à cause de la situation économique désastreuse de l’Argentine, celle-ci ne peut en acquérir qu’une douzaine d’appareils. On est très loin de remettre en question la présence britannique.

Mais l’Argentine est riche en minerais et la Chine saura en tenir compte. Cette présence de matériels militaires chinois en Amérique latine est primordiale. Il est évident que la Chine vise les pays voisins tels que le Pérou, voire le Venezuela. Cela risque ne pas plaire à tout le monde.

Accord nucléaire: La fusion est plus difficile que la fission

Aujourd’hui, j’ai enfin compris le sens du mot “cynisme” lorsque je suis tombé sur cette chose:

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210402-nucl%C3%A9aire-iranien-les-%C3%A9tats-unis-rejoignent-les-pourparlers

avec un comique rare:

Les États-Unis participeront mardi prochain à Vienne à des pourparlers pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien. Ces négociations, pour le moment indirectes, réuniront tous les signataires de l’accord – Iran, États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne. Washington dit par ailleurs rester « ouvert » à des discussions « directes » avec l’Iran. 

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210402-nucl%C3%A9aire-iranien-les-%C3%A9tats-unis-rejoignent-les-pourparlers
Le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. Photo AFP / POOL / Carolyn Kaster

Et oui, nous parlons bien de l’accord nucléaire avec l’Iran ( JCPoA ) , que Trump a atomisé en 2018.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_am%C3%A9ricain_de_l%27Accord_de_Vienne_sur_le_nucl%C3%A9aire_iranien

Quand vous aurez fini de rire ( sans vous étouffer ), vous pouvez continuer la lecture.

Des semaines et 6 lots de négociations sont déjà passés, et voici cette annonce, faite avec la méthode étasunienne.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1773481/syrie-frappes-americaines-iran

Il s’agit d’une attaque aérienne menée par l’aviation de l’armée américaine sur sol syrien, à la frontière avec l’Irak. Des combattants pro-Iraniens ont été tués lors de l’attaque.

TOPSHOT – Iraqi mourners attend the funeral of a fightrer of Hashed al-Shaabi paramilitary alliance following US air strikes on the Syrian-Iraqi border, on June 28, 2021 in the northern Nineveh province. Iraq’s Prime Minister Mustafa al-Kadhemi today condemned an overnight US air strike against Iran-backed armed groups which a monitor said killed at least seven fighters. The Pentagon said it had conducted retaliatory targeted air strikes against “facilities used by Iran-backed militia groups” on the Iraq-Syria border. / AFP / Zaid AL-OBEIDI

Le message envoyé par les USA n’est pas très optimiste et reflète toutes les difficultés rencontrées lors des négociations avec l’Iran.

Cette attaque montre que les USA et l’Iran sont très loin d’un accord. Elle doit servir de ‘rappel’ à Téhéran que les USA possèdent toujours la carte militaire à jouer. Ils ne tolèrent pas une telle présence des miliciens pro-iran dans la région. Elle doit également rassurer son allié du coin de longue date: l’Israël. Celui-ci ne doit pas se sentir trahi. Les USA doivent leur montrer qu’ils sont présents et qu’ils n’hésitent pas à intervenir.

Mais je vais vous demander de prêter attention à l’endroit où l’attaque a eu lieu: il est sur le sol syrien, à la frontière avec l’Irak. Cela démontre que les USA n’ont pas (encore) l’intention de pousser l’Iran à bout. Dans le cas contraire, l’attaque aurait eu lieu sur le sol Iranien ! Un espoir est toujours possible. Mais l’espoir pour qui?

analysons.

La position iranienne est claire: revenir dans l’accord à l’unique condition que les USA retirent toutes les sanctions entreprises suite à “l’atomisation” de 2018.

La position américaine est plus compliquée à tenir. Après avoir causé la fission de l’accord, la fusion n’est pas aussi simple à réaliser. D’abord, l’opinion américaine ne comprendra pas le retrait unilatéral des sanctions contre l’Iran. Cela sera perçu comme un aveu de d’échec et de faiblesse. Puis, à l’heure où les USA tentent de resserrer les rangs de ses partenaires pour contrer la “menace” chinoise, reculer devant l’Iran les rendraient tout simplement ridicules. Alors la position américaine est d’un jeu d’équilibriste:

Selon le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, Washington est prêt à examiner une levée des sanctions envers l’Iran, mais seulement celles liées à la question nucléaire. « Nous ne ferons certainement pas de gestes unilatéraux ou de concessions pour convaincre l’Iran », a prévenu Ned Price.

https://www.20minutes.fr/monde/3014819-20210406-nucleaire-etats-unis-font-petit-vers-iran

Les USA demandent donc aux iraniens de faire demi-tour, contre “une cacahuète”. Si non, l’aviation américaine rode toujours dans le coin.

Il est évident que la demande de la partie américaine est inacceptable pour Téhéran. L’opinion iranienne ne pourra jamais accepter une telle humiliation.

Mais alors quelle est la carte iranienne?

https://fr.euronews.com/2021/03/27/iran-chine-un-pacte-de-cooperation-strategique-de-25-ans

La carte est chinoise. Et elle est matérialisée par au moins 400 milliards de dollars d’investissement en Iran contre du pétrole et gaz de très bonne qualité. Tous les détails de l’accord ne sont pas publiques. Mais nous savons déjà que l’Iran va vers la fin du pétro-dollar. Les échanges avec la Chine se feront avec Yuan Chinois. C’est lourd de signification car en effet, les transactions se feront hors du système SWIFT, les USA n’auront donc, ni la possibilité de bloquer les transaction, ni même la connaissance précise du volume d’échange.

Et il y a bien sur la carte russe. Celle-ci pourra toujours fournir une aide technologique et surtout militaire.

En réalité, la grande gagnante du retrait américain est bien la Chine. Nous commençons à en apercevoir le contour 4 ans après. Les acteurs de la régions ont bien compris que la Chine est un choix fiable. Ainsi, nous voyons une utilisation assez importante du vaccin chinois contre le Covid-19. Les Emirats arabes unis ont même acquis le droit de production locale.

En effet, lors du retrait unilatéral de l’accord nucléaire en 2018, l’Europe a simplement suivi à cause de ses intérêts fortement dépendants des USA. Les seuls qui sont restés sont russes et chinois … et la nature a horreur du vide …

Des faits, seulement des faits

Nathan Rich est un américain résident en Chine depuis un certain nombre d’années. Au début, il avait autant de préjugés sur la Chine qu’un américain moyen. Désormais, il est devenu l’un des individus les plus suivis au sujet des analyses géopolitiques concernant la Chine.

Son parcours est assez hors du commun. Né dans une famille pauvre dont les parents faisait partie d’une secte, il les a perdus assez jeune. Sa mère est morte d’un cancer tandis que son père, alcoolique, n’a pas vécu assez longtemps pour qu’il en ait un souvenir clair. Depuis un an, on a décelé une tumeur dont on a du mal à déterminer la nature dans l’os de jambe gauche. Il prend la nouvelle avec philosophie et continue à alimenter sa chaîne youtube.

Ces détracteurs sont nombreux. On le traite de propagandiste à la solde du gouvernement Chinois, ou au mieux, un idiot utile. Je pense qu’il faut rester neutre vis à vis de cet individu et analyser les faits qu’il nous présente avec toute l’objectivité qui s’impose.

voici un travail important qu’il a réalisé il y a quelques temps. Un timeline des événements depuis 2017.

https://time.graphics/fr/line/423397

Je vous laisse faire vos propres opinions.

FactCheck: Le chinois qui mange un rat géant (faux)

Sur le web, une image traîne où l’on peut voir un homme de type asiatique, tenant un énorme rat dans la main, sourire aux lèvres. On peut lire : Retour à la normale en Chine: Reprise des barbecues.

Cet homme est-il chinois? le pauvre mammifère va-t-il finir sur la la braise? Voyons ce que dit notre “ami” google.

D’abord un petit tour sur google picture, et on remonte le temps jusqu’au 7 Juin 2015:

Sur ce tweet, on peut voir la même photo mais sans plus de détails. Nous savons déjà que la photo a été volée et détournée pour faire une mauvaise blague sur les chinois et leur supposé penchant à manger du rat.

Et si on va plus loin dans les recherches, on pourrait tomber sur ce lien:

Il s’agit de la photo originale. On voit beaucoup plus de détails pouvant nous conduire jusqu’à la genèse de cette histoire.

Sur l’image originale, nous pouvons voir l’enseigne: thiagan and kumar dental surgery.

Sur google maps, il s’agit d’un cabinet dentaire situé en Malaisie.

A priori, les avis sont très positifs, si vous avez mal aux dents lors d’un voyage à Jaya en Malaisie, vous serez entre de bonnes mains.

Et enfin, une photo de l’endroit actuellement:

Ça n’a pas vraiment changé. Les enseignes ont vécu, et le cabinet dentaire est toujours là. On espère cependant que le gros rat n’a pas été trouvé dans le cabinet.